Deux gauches irréconciliables

La définition de la gauche trouve son origine dans l’Assemblée constituante de 1789 ou les personnes opposées au véto du roi se regroupaient à gauche de l’hémicycle, par la suite différents groupes sont considérés et souvent se considèrent eux même de gauche, socialistes, communistes, sociaux démocrates, certains libéraux et autres…..

 

La définition de la gauche trouve son origine dans l’Assemblée constituante de 1789 ou les personnes opposées au véto du roi se regroupaient à gauche de l’hémicycle, par la suite différents groupes sont considérés et souvent se considèrent eux même de gauche, socialistes, communistes, sociaux démocrates, certains libéraux et autres…..

 

Comme on le voit un grand nombre de courants politiques sont considérés à gauche, avec des influences multiple, le problème est là, bien que les trois premiers cités soit ou ont étaient à un moment ou un autre Marxiste, dans leur évolution, un éloignement concret c’est produit. De plus, on peut considérer que pour des personnes se sentant des affinités à gauche ces partis ne sont plus de gauche.

 

Tout cela pour dire que la notion de gauche est une réalité complexe à appréhender, dans cet article je vais me contenter de parler en terme de gauche non pas dans une définition stricte, ou arbitraire, mais dans le sens de l’auto-affirmation des acteurs de mon article qui s’en réclament.  

 

La cristallisation de cette différence entre les deux groupes se réclamant de la gauche fut flagrante lors des « nuit debout » commencées le 31 mars 2016, ou différents opposants à La loi Travail du gouvernement de François Hollande, se réunirent sur une place parisienne, puis dans de nombreuses villes et villages en France.

 

Lors de ces rassemblements s’opposèrent des conceptions différentes de l’organisation, précisément dans la prise de parole et de sa légitimité. Ces différences de point de vue aurait pu être anodine, mais elles ont pourtant empêchées une coordination entre les groupes formés et sont certainement la cause de la non convergence, dans la lutte sociale du moment.

 

Cette situation démontra une chose, certains étaient pour le dialogue avec le gouvernement et d’autres groupes voulaient faire pression sur le gouvernement , voir faire la révolution, avec une minorité appartenant plus ou moins au deux groupes de façon toute fois minoritaire.

 

Deux conceptions qui sont de fait une vision différente, dans le sens où elles abordent le problème suscité par la Loi travail, par un biais opposé.

 

Dans les prises de parole un groupe était contre le fait de laisser s’exprimer les personnes venues de l’extérieur pro-loi travail et un autre clan de nuit debout considérait que tout le monde avait le droit de s’exprimer.

 

Cette appréhension différente de la prise de parole que certains observateurs ont dépeints de façon simpliste comme étant un combat entre pros-démocratie et les contre, n’ont pas su voir que deux analyses existées concomitamment résultante d’un point de vue divergeant sur le contexte, et non sur le caractère supposé autoritaire, ou antiautoritaire des protagonistes.

 

Deux conceptualisations du problème était bien présentes, la première considérant que le manque de dialogue, était l ‘essence même de la Loi travail, l’autre que la loi travail était La rupture d’un contrat entre le gouvernement et la population salariée du pays et donc considérait que les pro loi travail n’avaient pas droit à la parole ayant rompus un pacte social et par cela même n’était plus légitime à prendre la parole, donc à donner leur point de vu.

 

Il y avait là, une vision du monde différente, une appréhension du droit humain avec une approche presque juridique, le droit à s’exprimer que je qualifierais de Voltairien et une autre approche plus sociétale de la situation, avec comme compréhension la rupture d’un consensus, qui fait qu’un gouvernement ne peut pas œuvrer pour une partie unique de la population sans perdre sa légitimité, puisqu’il rompt un contrat avec la population du pays, conception que l’on peut qualifier de Rousseauistes.

 

C’est deux conceptions, une de teneur libérale, qui considère le droit de l’individu prime sur le groupe humain, c’est à dire que le droit de la société est inférieur au droit individuel et l’autre groupe sociologiquement socialisant au sans large du terme, qui considère que le droit individuel découle du droit collectif.

 

Ces façons de penser le monde sont aujourd’hui portées par différents acteurs dans la société : politiques, politiciens, journalistes, philosophes, qui ont une influence sur la population, se réfèrent à l’une des ces appartenances.

 

Ainsi les débats sociétaux, les analyses qui sont le prisme par lequel ces observateurs engendrent une réflexion sur le monde. Ce qui en découle ce sont des propositions différentes, des explications différenciées et donc des oppositions.

 

Si l’on suit un peu l’actualité, on peut observer dans les publications littéraires, dans les articles de presse et autres écrits ou paroles ces points de vu s’exprimer.

 

Dans le passé récent par exemple, on peut se souvenir des charges contre Rousseaux, d’un chanteur humoristique, qui a fait ses gammes en communication, comme opposent a Giscard, affirment un libéralisme libertaire et évoluant comme libéral réactionnaire, rédacteur d’un journal satyrique chantant les louanges de Voltaire, qui a licencier deux humoriste dans une situation qui ressemblé fort, a une censure politique.

 

D’autres font des volte face :tel un ancien dirigeant estudiantin de mai 68, converti au libéralisme, qui bien qu’ayant commencé sa carrière politique dans l’anarchisme à évolué dans les partis de tendance écologique et tient aujourd’hui des propos plutôt conservateur et libéral.

 

Bien sur ces personnages, critiquent une vision sociologique du monde, reprochent à la gauche autre que celle dont il se réclame, son « Bourdieurisme », son marxisme…car à leurs yeux, cela justifie l’inacceptable et, est contraire à des valeurs démocratiques. Là on touche à ce qu’y rend une conciliation entre ces deux gauches impossible.

 

La vision, pour ne pas dire le disque dur de ces personnes se considérant de gauche ne peux pas être dépasser d’une façon ou d’une autre, une partie regarde le monde au travers l’observation d’un environnement sociale et l’autre par le prisme de valeurs démocratiques ou autres…

 

On peut voir dans ces disputes entre politiques… non pas des questions de valeurs mais de perspectives divergentes. Il en résulte des invectives et des accusations, contre des tentatives de compréhensions, d’un monde complexe.

 

Deux appréhensions qui ne peuvent que s’opposer, car une idée politique, qui repose sur une opinion conservatrice, c’est à dire « faire cela n’est pas bien » et une autre qui veux comprendre le monde en mouvement dans sa réalité sociale.

 

Ce qui conduit à un dialogue de sourds avec une vision du monde, qui conduit à une construction d’un dialogue culpabilisateur et accusateur, qui forcément s’oppose à un discours qui reposent sur une analyse conceptuelle d’une situation ou d’un ensemble de situations.

 

La gauche que l’on peut qualifier de Voltairienne, a de plus une tendance à l’anathème : islamo-gauchiste, naïf et autres condescendances envers l’autre gauche.

 

Ces deux parties dites de gauche ont-t-elle des valeurs communes ?

Là, est peut être ce qui se dégage d’un discours entre deux oppositions.

Alors même qu’un homme politique se voulant de gauche à affirmé à son collègue de l’Assemblée après l’avoir insulté le désignant d’islamo-gauchiste, nous pouvons nous retrouver sur des valeurs communes, l’évidence est qu’il n’y a rien de conciliable entre des personnes qui voient le monde de façon opposé.

 

Le jugement moral comme seule réponse à l’encontre de la réalité sociale, et ressenti par les « socialisants » comme une réaction issu d’une vision de droite

L’orientation qui est : « ce qui se fait, et ce qui ne se fait pas », contre les fait de la cause.

 

Il serait vain d’Attendre une hypothétique réconciliation entre les deux gauches qui reste improbable.

 

L’une est pour un changement de société suite issue d’une analyse des inégalités, l’autre voit dans le manque d’une moralité démocratique les problèmes de ce monde.

 

Ces deux points de vue sont et seront à un moment ou un autre en opposition totale et si aujourd’hui ces deux gauches se cherchent parfois un avenir en commun, il est plus probable qu’elle construiront un demain en s’affrontant.

 

La clarification des deux points de vue aura lieu, il ne reste plus qu’à attendre l’événement ou les éléments qui conduiront à cet affrontement idéologique.

 

Elle ne sera que le révélateur d’une situation conflictuelle entre une gauche de valeurs et une gauche politique trouvant ses racines dans le socialisme, le communisme et la sociale démocratie, c’est a dire une gauche de changement sociétal, contre une gauche conservatrice…

 

Cordeil Olivier

    

            

 

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