Quelques jours au soleil...

Ils ont quitté Avignon mercredi 14 août, par le TGV de 14 h 07.Dans les cours des écoles primaires de la zone contaminée, les enfants jouent.

Ils ont quitté Avignon mercredi 14 août, par le TGV de 14 h 07.

Dans les cours des écoles primaires de la zone contaminée, les enfants jouent.

Lorsque Olivier Florens prend les mesures, la radioactivité est de 50 fois supérieure à la normale. Nous sommes à Fukushima, peu après l'explosion du premier réacteur du 11 mars 2011.

En juin 2012, alors que les carences dans la protection des populations sont manifestes, le World Network for saving children from radiation est fondé. Olivier Florens, convaincu de l'urgence et de la vitale nécessité de faire sortir les enfants de la mort annoncée, programmée, contacte le forum et organise la venue de cinq enfants dans le Vaucluse.

Hiroyuki Yoshino, directeur adjoint de l'ONG Réseau de Fukushima pour sauver les enfants du rayonnement, face au constat que depuis la catastrophe, de plus en plus d'enfants ressentent le stress de ne pas pouvoir sortir ni jouer dehors à cause du haut niveau de radiations, monte un programme pour l'organisation de séjours à l'étranger et dans des régions non contaminées.

Il faut six mois de travail à Olivier Florens, son réseau de bénévoles et ses partenaires à Fukushima, pour organiser leur séjour, trouver les structures d'accueil. L'hébergement collectif paraît impératif afin de palier les difficultés produites par les différences culturelles et ne pas risquer de créer l'isolement.

Ainsi, il trouve un établissement à Apt, réunit une équipe de bénévoles, porte une demande de subvention du Conseil général (coopération internationale), convainc le Réseau Sortir du nucléaire et l'association des enfants de Tchernobyl, réussit la collecte sur Octopousse. Les bénévoles organisent des événements à Saint-Rémy avec les citoyens et les commerçants, son frère organise un concert avec sa chorale, il recueille des dons, la mairie d'Apt offre piscine et tir-à-l'arc, le magasin Super U affrète un bus, viennent chanter un soir "Cécile et Olivier", duo guitare-chant de musique populaire engagée… et ce sont finalement les 15 000 euros nécessaires au séjour qu'il parvient à réunir !

Le gouvernement japonais pousse au retour des populations et à leur réimplantation dans la région, au péril de tous, entre rejet et oubli. Hiroyuki Yoshino agit pour lutter contre cet oubli ; les rencontres avec les enfants, comme les conférences qu'il donne, sont l'occasion de la transmission de la connaissance nécessaire. Soirées d'échanges culturels, gastronomiques et musicaux entre la population provençale et les enfants qui lisent des lettres préparées au Japon, chantent ou des chants traditionnels ou … Imagine, avec les personnes présentes. Les enfants offrent des origamis aux élus qui ont voté la subvention, comme chacun en recevra au moment du départ.

Venir ici, c'est pour les enfants de Fukushima qui ne sortent plus, génération d'enfants handicapés, la possibilité de parler, de dire, d'être entendu. C'est toucher à nouveau le sol, la terre, les feuilles et respirer le vent, toucher les animaux. Partout, ils sont accueillis comme à Roussillon dont la mairie souhaite maintenant un jumelage entre les écoles.

D'autres enfants viendront en 2014, puis chaque année. Eux non. Hiroyuki Yoshino souhaite pouvoir faire sortir le plus grand nombre d'enfants possible et qu'aucun d'entre eux ne soit un "privilégié". 

Lorsque la question de savoir si elle a peur, est posée à l'une d'entre eux, l'enfant répond "non" dans un sourire. Le futur doit préserver les enfants.

Leur séjour est un succès, leur départ un retour vers la mort. La mort nucléaire.

"Les hommes politiques qui assument le nucléaire sont des futurs criminels en puissance". Olivier Florens, vice-président du Conseil général du Vaucluse (EELV)

World Network for Saving Children From Radiation

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