Des rencontres…et des utopies

Il y a deux semaines (les 16 et 17 février), avaient lieu les 2èmes rencontres du livre et du citoyen à Royan, organisées par la section locale de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme). La question posée était : l’utopie a-t-elle encore de l’avenir ? Sans présager de la réponse qui apparaît comme une évidence à l’auteur de ces lignes, ces rencontres ont été l’occasion de nombreuses découvertes.

Affiche

L’affiche de cette 2ème édition

De la littérature adulte (roman ou essai) à la littérature jeunesse en passant par la BD et même le documentaire, de nombreux auteurs avaient été conviés. Découvrir des économistes qui pensent leur discipline de manière différente tels que Bruno Théret parlant de « monnaie-temps » ou Gilles Allaire d’agroécologie lors de la première table-ronde. Bruce Bégout (philosophe, écrivain et professeur à Bordeaux 3) discutant des dystopies et en particulier de 1984 de George Orwell (sur lequel il a écrit De la décence ordinaire). Le dessinateurA.Dan nous présentant sa BD Thoreau – La vie sublime, biographie du philosophe américain, père de la désobéissance civile et précurseur de l’écologie politique. Mais aussi écouter Marie Cosnay (A notre humanité) et Patricia Cottron-Daubigné (Croquis-Démolition) échanger sur leurs livres respectifs.  Assister à la quatrième table-ronde qui interrogeait la notion de frontière en compagnie de Michel Agier (ethnologue, auteur de La condition cosmopolite), de l’universitaire James Cohen (A la poursuite des « illégaux ». Politiques et mouvements anti-immigrés aux Etats-Unis) et l’écrivain Mickaël Ferrier (Fukushima, récit d’un désastre). Ou enfin aller à la projection de ce documentaire remarquable qu’est Tous au Larzac en présence de son réalisateur.

Mais outre cet aspect conventionnel à mi-chemin entre le dialogue et l’entretien, cet événement porte bien son nom. Car c’était avant tout de rencontres dont il s’agissait ou du moins d’avoir la possibilité de la rencontre comme celles dont Albert Jacquard fait l’éloge dans son livre Mon utopie. Ainsi, pouvoir demander des précisions d’anthropologie à Michel Agier ou sur les relations entre les Etats-Unis et le Mexique à James Cohen. Partager un moment de poésie avec Patricia Cottron-Daubigné ou faire la connaissance de Marie Cosnay. Car c’est aussi cela la rencontre. Et c’est peut-être le plus essentiel. Sans doute aussi parce que le format de ces rencontres le permettait.

Article publié à l'origine sur http://victorsimonnet.wordpress.com .

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