À cause de Lactalis, Auchan, Leclerc, Intermarché et tutti quanti « dans le KK » !

lactalis

- « Maman, caca ! Ouin ! Ouin ! Ouin ! »

- Boudioù mais qu’est-ce qu’il a ce petit. Qu’est-ce que tu lui as donné à manger Jennifer ?

- Ben, comme d’habitude, du lait premier âge.

- Que tu as acheté où ?

- Chez Leclerc je crois, mais j’en ai aussi de Carrefour, d’Auchan, d’Intermarché, etc. Ils vendent tous les mêmes produits industriels.

- Mais enfin, tu es au courant qu’il y a un sérieux problème avec les laits Lactalis qui seraient bourrés de petites bêtes, les salmonelles, qui filent la chiasse ?

- Bien sûr que je suis au courant. Pour qui tu me prends ? Mais enfin, si ces produits sont en rayon, avec tout le ramdam qu’il y a sur cette affaire, c’est qu’il s’agit de produits sains, provenant d’une usine non contaminée, il me semble !

- Il te semble bien. Sauf que ce n’est pas le cas. La grande distribution dans son ensemble a continué à vendre les produits Lactalis douteux, même après le déclenchement de l’affaire.

- Merde. Mais ce sont des fumiers !

- Je te le fais pas dire, Jenny. Alors c’est quoi ? « Erreurs imputables au personnel » comme voudraient faire croire les grands patrons de la grande distribution qui se confondent en excuses – ça ne coûte pas cher et ça donne une bonne image -, ou bien réflexe mercantile de margoulins ne voulant surtout pas perdre un centime et donc refilant sciemment aux clients des produits qui aurait dû être retirés !

- Mais enfin, à quoi sert la Répression des fraudes ?

- Ils font ce qu’ils peuvent, mais ils peuvent peu depuis que les Sarkotafiquants ont saccagé ce service. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), au niveau effectif, est passée de 3 800 agents en 2002 à 2 800 aujourd’hui ! Pour contrôler tout ce qui se bouffe, tout ce qui se vend en France. Alors les contrôles de la DG comme ils disent, les patrons de la grande distrib s’en battent allègrement les aliboffis ! De plus, lors de la visite de contrôle dans l’usine Lactalis concernée, les fonctionnaires « accommodants » ont contrôlé non pas les installations fabriquant le lait mais celles fabriquant les céréales ! Le Canard enchaîné de cette semaine s’en délecte, si je puis dire !

- Mais enfin, Kevin, si on ne peut même plus faire confiance à ces grands magasins et, pire, à des entreprises de taille mondiale comme Lactalis, qu’est-ce qu’il faut faire ?

- Parlons-en de Lactalis, Jenny. Après avoir tenté d’assassiner le véritable camembert et les meilleurs fromages de France au lait cru, après avoir asphyxié et poussé au suicide de nombreux éleveurs, Lactalis empoisonnerait les bébés ? Pourtant, dans des publicités multisupports, Lacatalis met en avant la qualité du lait français et le savoir-faire des producteurs… qu’elle met sur la paille. Une manière de se ménager la presse, grâce à des budgets pube généreux… que l’on peut suspendre en cas de « mauvais articles ». Ben voyons.

- Lactalis est pourtant l’exemple d’une petite PME familiale de province – Besnier - qui a brillamment réussi en se hissant au premier plan tant européen que mondial. Chapeau !

- Oui mais on ne réussit dans ce monde sans pitié, sans foi ni loi, des multinationales qu’en piétinant allègrement ses sous-traitants et ses producteurs. Et qu’en agissant souvent aux limites de la loi. Ainsi, en 2000, le groupe, qui s’appelait encore Besnier, a été condamné pour « fraude sur le lait et publicité mensongère » pour mouillage (ajout d’eau) systématique du lait de consommation (https://fr.wikipedia.org/wiki/Lactalis). En décembre 2012, le Canard enchaîné dénonce les pratiques du groupe, l’accusant de vendre du lait UHT pour du lait frais pasteurisé, au prix bien plus élevé. Cette fraude a été découverte en 2010 lors d’un contrôle d’une laiterie dans l’Ille-et-Vilaine par la répression des fraudes. Le parquet de Rennes n’a cependant pas donné suite à leur rapport en raison d’un vide réglementaire.

En mars 2015, l’entreprise est condamnée dans l’affaire dite du « Cartel du yaourt », pour entente illicite sur les prix et les appels d’offres pour produits laitiers frais vendus sous marque de distributeur à une amende de 56,1 millions d’euros, par l’Autorité française de la concurrence. Le groupe a aussi tenté de faire modifier par l’INAO (institut national des appellations d’origine) le cahier des charges très strict des AOC (appellation d’origine contrôlée) fromagères afin de pouvoir vendre sous ce label prestigieux ses camemberts industriels au lait pasteurisé ou thermisé. Lactalis a perdu mais dans les rayons des grandes surfaces, il faut vraiment avoir l’œil exercé pour trouver des vrais camemberts (portant le logo AOC ou AOP) au milieu des flopées de fromages industriels agrémentés de belles images et de mentions ne voulant rien dire…

- Mouais… Pas très rassurant tout ça. Alors qu’est-ce qu’on fait Kevin ? On achète une vache ?

- Pourquoi pas. Je te verrais bien en bergère, et je te trousserais allègrement sur les meules de foin. Hummm !

- Arrête ! Lâche-moi, c’est pas le moment de la gaudriole.

- C’est toujours le moment Jenny ! Bon, je me la remets sous le bras, mais ce qu’on peut faire, c’est essayer d’éviter tous les produits de la pieuvre Lactalis :

Fromages :
- la marque Président regroupe 150 produits, dont de nombreux fromages : camembert, mais aussi cancoillotte, brie, chèvre, emmental, comté, fromage râpé, cheddar, mimolette, fêta, etc. ;
- Bridel (camembert, emmental), et ses différentes gammes : Bridélight, Rondelé ;
Camembert : Lanquetot, Lepetit ;
- Le Roitelet (brie, camembert et coulommiers) ;
Société : roquefort, fêta Salakis, les fromages basques Istara et le Corsica ;
Galbani et ses fromages italiens : mozzarella Santa Lucia, gorgonzola, parmesan, mascarpone, pecorino, etc. ;
- Bel : Babybel, La Vache qui rit, Sylphide, Leerdamer, Boursin, Kiri, etc..

Lait :
- Lactel : lait UHT, lait de croissance (Eveil), spécialités dédiées aux enfants (Max), aux sportifs (Sporteus), sans lactose ;
- Bridel ;
- Et à l’étranger : Parmalat, Puleva.

Yaourts et desserts lactés en « joint-venture » avec Nestlé : La Laitière, Sveltesse, Yoko, Nestlé, B’A, etc.

Beurres et crèmes :
- Marques Président, Bridel et Galbani.

Nutrition infantile :
- Celia : lait infantile en poudre pour les 0-3 ans, céréales infantiles ; Picot ; Milumel.

Autres produits :
- de la nutrition pour les sportifs : marque Apurna ;
- des produits pour la restauration (comme le beurre en portion individuelle) et des ingrédients comme le sérum et le lait en poudre pour les professionnels de l’agroalimentaire ou de la pharmacie.

Pour la grande distribution :
- des produits du groupe sont vendus sous l’enseigne de Casino, Carrefour, Système U, Auchan, Aldi ou Lidl

 

Sources :

https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/11/2702193-laits-pour-bebe-le-choix-du-retrait-massif.html

http://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/contamination-a-salmonella-agona-de-jeunes-enfants-extension-des-mesures-de

https://www.mediapart.fr/journal/france/230816/lactalis-les-secrets-financiers-de-lempire-du-lait?onglet=fullhttps://fr.wikipedia.org/wiki/Lactalishttps://www.quechoisir.org/fiches-repression-des-fraudes-presentation-de-la-dgccrf-n14421/


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