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Billet de blog 15 juin 2015

Puçage RFID humain désormais en France. La démocratie est mal barrée...

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Il y a quelques semaines, quelques rares médias et surtout la blogosphère ont bruissé autour de cette nouvelle : une entreprise suédoise rendait obligatoire pour ses salariés l'implantation d'une puce RFID dans la main. Pour quels avantages accepter une telle sujétion ? Ouvrir quelques portes sans sortir son badge, payer le café à la cafétéria de la boite, se servir de la photocopieuse et quelques autres konneries de ce calibre. Et c'est pour ça que ces salariés acceptent cette servitude volontaire ? Aux fous ! Avec cette puce – qui permet la géolocalisation par satellites de l'individu porteur, qui intègre des tas de données personnelles, d'identité, d'adresse, de santé, de coordonnées bancaires, de cartes de crédit, etc. - le bétail humain devient aussi traçable que les vaches...

Eh bien ça y est : ces horreurs – qui illustrent l'effarante propension de l'humanité à accepter la servitude volontaire – sont maintenant en France. Depuis ce dernier ouiquinde, le 13 juin au Festival Futur en Seine, sur le plateau de La Gaité lyrique à Paris. Sans trop y réfléchir, des gars et des filles, au bon sens aveuglé par le « progrès branché », rêvant de « l'Homme Augmenté », ont payé 200 euros pour se faire planter dans la viande, entre le pouce et l'index ou sur le dos de la main, une puce électronique, la même qu'on implante aux vaches. Avantages : cette puce peut permettre d'ouvrir leur porte, leur box de parking, d'entrer dans leur salle de sport, d'entrer et de payer leur consommation dans leur discothèque et autres broutilles comme déverrouiller leur ordinateur ou leur smartphone...

Bien sûr, les promoteurs de ce puçage insistent sur le fait qu'il s'agit d'améliorer les capacités des êtres humains par la biotechnologie, de nous rendre plus efficace, d'optimiser notre intégration dans notre environnement urbain et professionnels, bref, de nous rendre plus « efficient ». Il s’agit aussi de préparer l’opinion publique à ce qui sera demain la norme quand les pouvoirs publics rendront le puçage obligatoire. Les imbéciles heureux volontaires de ce marquage électronique dernier cri sont en réalité les cobayes d’un projet d’envergure qui vise ni plus ni moins qu’à rendre l’individu totalement transparent et à le livrer pieds et poings liés aux dispositifs de surveillance et de contrôle.

La finalité, c'est de laisser aux individus le moins de liberté possible. En connaissant tout d'eux, identité, coordonnées bancaires, santé, cercle d'amis, photos, etc. Pour cela, la konnerie humaine étant la seule approche que l'on puisse avoir de l'infini, les « fliqués » étalent eux-même à la vue des « fliqueurs » toute leur intimité dans les réseaux dits sociaux qui ne sont que des outils d'espionnage acceptés par ceux qui s'y vautrent avec une naïveté effarante.

La technologie RFID (Radio Frequency Identification) permet d’identifier un objet ou un être vivant, d’en connaître les caractéristiques et d’en suivre le cheminement, le tout à distance et sans contact, grâce à une étiquette émettant des ondes radio, attachée ou incorporée à l’objet. Les informations sont stockées sur le produit où l’étiquette est collée ou implantée, et transmises au lecteur RFID par ondes radio. La RFID est utilisée pour la traçabilité de certains produits ou objets, l’identification des animaux d’élevage (remplaçant le tatouage) ou des individus (par stockage des données biométriques dans les badges électroniques, passeports, cartes d’identité ou d’assurance maladie, titres de transport ou permis de conduire). Sans compter que le piratage est toujours possible : ces ondes étant rarement cryptées, il est très facile de les intercepter et même de les copier sur un autre support, et ainsi d’usurper l’identité d’autrui. Et rien n’interdit d’y placer des “cookies”, comme ceux qu’envoient les sites web, afin de suivre à la trace le trajet des objets ou des personnes ainsi identifiés. Le risque de traçabilité des individus et le faible niveau de protection de leurs données personnelles ont suscité l’inquiétude de la CNIL. Ceci sans parler des risques de cancers induits par les ondes émises par ces engins... Un prochain scandale sanitaire ?

Mais le danger principal est surtout d’offrir aux récents projets de surveillance généralisée des populations (voir Loi sur le renseignement, pire que le Patriot Act yankee) un outil parfaitement adapté et efficient. Implanté dans le corps de l’individu, la RFID devient l’instrument de contrôle social sans doute le plus redoutable jamais conçu. Le stockage quasi-illimité des données personnelles permet de l’identifier à distance, de savoir (presque) tout de lui et de le suivre dans tous ses déplacements.

Depuis une quinzaine d'années, des lois en cascades réduisent les libertés publiques, sous prétexte de « lutter contre le terrorisme ». La RFID, comme les autres outils technologiques de surveillance et de contrôle alimentant le renseignement préventif, sert le projet totalitaire d’une société d’individus dans laquelle toute notion de vie privée a été abolie et placée sous la domination totale et permanente de l’appareil d’État.

Elle est mal barrée la démocratie...

Sources :

lien 1

lien 2

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