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Billet de blog 18 mars 2013

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Ne soyons pas complice de l’assassinat de la langue française !

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J’ai les aliboffis qui sont au bord de l’explosion. Je viens de tomber sur une pube de merde pour une voiture française. Cette pube, qui passe par ma « freebox » comme ailleurs sur des « livebox », est en anglais, sous-titrée en français. Ce matin, pour faire mes courses, j’avais le choix entre le Carrefour market ou le Simply. Et dans la bagnole groupe Renault, j’ai dû appuyer sur le bouton « on » de la radio pour entendre une pintade me donner les « news » du matin. Ras les couilles de ce « pidgin globish », cette sorte de bouillis verbale « petit nègre » qui est à la langue de Shakespeare ce que le macdo est au homard thermidor.

On assiste à la volonté de mise à mort non seulement du français mais de la plupart des langues du monde. Responsable : l’impérialisme étazunien qui sévit à tous les niveaux : industriel, commercial, militaire mais aussi et surtout culturel. On nous abreuve jusqu’à l’écœurement de sous-merdes des séries télévisées étazuniennes, qui – largement amorties au USA - arrivent par plein cargo à prix cassés, ruinant ainsi la création française qui n’existerait plus sans les subventions gouvernementales. On nous emmerde jusqu’à en dégueuler de ces collections de bruits abrutissantes que les programmateurs déversent à pleins seaux dans nos pauvres oreilles et qu’ils ont le culot d’appeler « musique ». Même les chanteurs français beuglent maintenant dans cette langue et…sont récompensés par des « victoires de la musique ». Les boutiques se croient obligées de se donner des noms anglais. Il y a plus de mots anglais sur les murs qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation !

Merde, arrêtons ! Ouvrons les yeux.

Mais il y a bien plus grave. Le 24 septembre 2007 le parlement français – sarkozien… - a ratifié en catimini le « protocole de Londres » sur les brevets d'invention. De quoi s'agit-il ? Tout simplement d'un texte qui impose l'anglais comme langue des brevets, annulant l'obligation d'une traduction en français. Le protocole de Londres est un traité qui vise à supprimer la traduction des brevets d'invention au bénéfice de la seule langue anglaise. À l'origine, quelques multinationales françaises, appuyées par la direction du MEDEF (et non la totalité du MEDEF), ont exercé une pression sur les divers gouvernements successifs, relayant une exigence formulée, il y a une quinzaine d'années, par l'Office américain des brevets qui avait déclaré « Il faut que le monde entier comprenne que l'anglais est LA langue en matière de propriété industrielle ».

Le but est, en fait, d'éliminer tout statut officiel des langues autres que l'anglais dans les secteurs où une concurrence menacerait les intérêts commerciaux des pays anglophones, seule et unique motivation de ces derniers. La réalisation de ce programme est déjà fortement avancée dans les sciences, où les nomenclatures (y compris celles de la botanique, jusqu'ici latines) deviennent anglaises, accroissant la suprématie des chercheurs anglophones aux dépens de tous les autres. Le protocole de Londres entérine définitivement la mort de la diversité culturelle et linguistique qui a fait (et qui fait encore, mais pour combien de temps ?) la richesse de l'Europe.

Et ce n’est pas tout. Certaines écoles, en France, donnent maintenant leurs cours uniquement en anglais. Est-il tolérable, du point de vue de l’intérêt national comme du point de vue de l’accès de tous au savoir, que des colloques universitaires à la Sorbonne soient convoqués en anglais et se déroulent exclusivement dans cette langue ? Est-il sain pour l’avenir de la démocratie que les élites soient formées exclusivement, non dans la langue du peuple, mais en anglo-américain ?

 Nous sommes en présence d’un projet de domination sans partage et de discrimination sans précédent. La logique d’oppression qui prédomine conduit à l’aliénation, à la substitution d’une langue à l’autre par le gavage linguistique.

Pourtant qui peut douter de la capacité du français à exprimer et à interroger la condition humaine sous tous ses angles ? Le français est la langue de textes qui jalonnent l’histoire universelle, de l’édit de Nantes au programme du C.N.R., en passant par la défense de Callas par Voltaire, par la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789, complétée par la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » de Marie-Olympe de Gouges, par le « J’accuse » de Zola, le « Serment antifasciste » du Front populaire, l’Appel du 18 juin, « La question » d’Henri Alleg ou le « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire. Il est le langage de La Marseillaise et de l’Internationale, deux chants écrits sur la même musique qui ont été chantés sur tous les théâtres où s’est écrite l’histoire du progrès humain.

Face à la mise en danger de la langue française, moyen d'expression du peuple donc de résistance face à la mondialisation capitaliste véhiculé par le « globish » et patrimoine de nos concitoyens, il est important de se défendre. Il en va du salut du français mais aussi de l'ensemble de la diversité linguistique. Dans cette optique, quelques parlementaires lucides et courageux – Mme Jacqueline FRAYSSE, MM. Jean-Jacques CANDELIER, Patrice CARVALHO, Gaby CHARROUX, André CHASSAIGNE, Marc DOLEZ ont fait une proposition de résolution, enregistrée à la Présidence de l’Assemblée nationale le 4 février 2013, tendant à la création d’une commission d’enquête sur les dérives linguistiques actuelles en France, et chargée de proposer des mesures de défense et de promotion de la langue française.

Vous pouvez trouver l’intégralité de cette proposition ici. 

Et la soutenir en poussant au cul votre député !

Vous trouverez son adresse là :

BANZAIE ! (c'est pas de l'anglais!)

Septidi 27 ventôse 221

Illustration X – Droits réservés

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Ecoute ! Ecoute !

Quelles sont les lettres que l'on boit au petit déjeuner ?
Réponse: K.K.O. 

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