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Le Club de Mediapart jeu. 29 sept. 2016 29/9/2016 Édition de la mi-journée

Excision. Pas de pitié pour les barbares.

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En France, un couple d'origine guinéenne est jugé à partir d’aujourd’hui devant les Assises de la Nièvre et le procès se poursuivra jusqu'à vendredi pour l'excision de ses quatre filles alors qu'elles étaient encore mineures. L’excision est une coutume ancestrale barbare, illustration de la domination masculine, pratiquée dans une trentaine de pays en Afrique, et qui consiste à enlever de façon totale ou partielle le clitoris, les petites et grandes lèves à l’entrée du vagin. La raison ? Pour que les femmes ne connaissent pas le plaisir ! Pour qu’elles demeurent des trous à bites pour leurs mâles  bornés. Pour qu’elles restent des êtres secondaires, brimés, exploités, niés, mutilés dans leur plus profonde intimité, à la disposition, corps et âmes de leurs « propriétaires ». Révoltant ? Horrifiant ? Selon une estimation de l'Institut national des études démographiques (Ined) datant d’octobre 2007, 50.000 femmes adultes excisées vivaient en France en 2004 contre 140 millions dans le monde.

 

En France, les tortionnaires  encourent jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle pour « complicité de violence volontaire ayant entraîné une mutilation sur une mineure de moins de 15 ans par un ascendant ». Mais ils s’en tirent généralement avec du sursis. Il serait temps de mettre un coup d’arrêt à cette barbarie avec des condamnations lourdes de prison ferme. On verra ce que fera la justice maintenant à la mode Taubira. On peut garder espoir.

 

En Egypte, le second tour des élections présidentielles devrait voir s’affronter un représentant de l’ancien régime, Ahmed Chafik, ancien ministre de Moubarack ( !!!???) et un représentant de l’obscurantisme religieux, le dénommé Mohamed Morsi.

 

Salut à vous, martyrs de la place Tarhikh au Caire, grands cocus de la révolution ! Salut à vous, femmes cairotes qui ont été à l’avant-poste de cette révolution confisquée.

 

En Egypte, une loi de 2007 interdit l’excision. Mais la majorité parlementaire – Frères musulmans et Salafistes – réclame l’abrogation de cette loi. Sachez que 80% des femmes égyptiennes subissent cette barbarie malgré cette loi quasiment pas appliquée. Sachez qu’en avril dernier (Martine Gozlan – Marianne du 1er juin 2012), dans le gouvernorat de Minya, à 250 km au sud du Caire, circulait un convoi médical chargé d’apporter « l’hygiène islamique » et d’exciser les fillettes des familles nécessiteuses. Bus sponsorisé par les frères musulmans du candidat à la présidentielle Mohamed Morsi !

 

Voilà. La révolution égyptienne, comme la tunisienne d’ailleurs, est à refaire. Mais restons optimistes : la nôtre a eu bien des soubresauts, bien des retours en arrière, bien des excès avant de réussir.


En attendant, comme toujours, ce sont les femmes qui morflent...


Primidi 11 Prairial 220

 

Photo X – Droits réservés

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Le jury populaire des Assises a tranché : prison ferme ( 2 ans pour le père, 18 mois pour la mère).

Une manière de dire que ces pratiques sont "hors la loi" et "punissables".

 

 

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