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Billet de blog 29 juin 2009

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Ça s’est dit dans mon bistrot : l’embrouille des retraites.

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- Eh ! Vous avez compris le vié qu’ils nous font les frères Garamonzob !
- De qui tu parles Victor ? Des frères de Michel Jackson ?
- Mais non, tronche d’apî ! Ça c’est pour la galerie. Pour nous enfumer le terrier pendant que les autres frères, les Dalton des affaires et de la politique, nous préparent une embrouille gigantesque sur les retraites !
- Ah ! Qu’est-ce qu’il va nous trouver encore notre Rouletabille de comptoir ?
- Sers-moi d’abord un fly et je te raconte Loulle…
- Tè ! Double dose, pour pas que t’es des fourmis dans le clapoir.
- Merci Loulle. Donc, je vous disais que les frères Garamonzob…
- Karamazov ! Ignare. Karamazov ! Les trois frères Karamazov. Ils étaient trois, et peut-être quatre…
- C’est pareil, c’est une image Môssieur ! Je reprend. Chez les frères Garamonzob, il y en a un, le petit Nicolas, qui a accédé à « la magistrature suprême » comme on dit dans les gazettes. Et qu’est-ce qu’il a dit celui-là, lors de son grand raout de Versailles ? Je cite : «Nous serons au rendez-vous de la réforme des retraites. Il faudra que tout soit mis sur la table: l'âge de la retraite, la durée de cotisation, la pénibilité. Toutes les options seront examinées. Les partenaires sociaux feront des propositions (...) Je n'ai nullement l'intention de fermer le débat avant même d'avoir commencé à l'ouvrir, mais quand viendra le temps de la décision, à la mi-2010, que nul ne doute que le gouvernement prendra ses responsabilités.» Et il conclut: «C'est une question d'honneur, de morale à l'endroit des générations qui vont nous suivre: nous ne laisserons pas un euro d'argent public gaspillé.»
- Et alors ? Il faudra bien y passer, non ? Victor.
- Attends. C’est plus compliqué que ça. Cette petite phrase suggère que le président est partisan d'un accroissement de la durée au travail afin de retarder l'âge effectif de la retraite. La charge de Fillon sur ce thème, après celle du pittbull Lefèbvre met les pendules à’heure. Terminé sous peu la retraite à soixante vendanges… Mais en lisant entre les lignes on s’aperçoit que cette piste n’est pas la seule préconisée. Et – coucou, les revoilou ! - les systèmes de retraite privée par capitalisation, rêve des ultra libéraux.
Et kikonvoit arriver dans le marigot ? Kikonvoit arriver ?
- ? ? ? ! ! !
- Monsieur frérot, un autre des frères Garamonzob, j’ai nommé Guillaume, homme d’affaire « brillant », plus ou moins viré du Medef mais néanmoins parachuté patron de Médéric, l'un de ces organismes de retraites complémentaires qui s'est transformé au fil des ans en un gigantesque ovni financier, qui a gardé quelques racines avec le monde mutualiste et coopératif, mais qui a muté à vive allure vers les marchés financiers et qui gère donc de gros intérêts privés. Médéric est un groupe qui a beaucoup d'entregent et d'influence. Si Guillaume Sarkozy fait irruption dans cette histoire, c'est qu'il a en effet réalisé un «coup» formidable. En tout cas pour son entreprise. Il a scellé une alliance avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et sa filiale la CNP (assurances, épargne, assurance vie, retraites…), en vue de créer une «joint-venture», une co-entreprise si l'on préfère, dont l'ambition est de jouer un rôle majeur dans les années à venir sur le marché de la retraite complémentaire.
- La Caisse des Dépôts et Consignation, Victor, c’est un des piliers du système social « à la française ».
- Exact. Parmi d'innombrables autres activités, la Caisse des dépôts est en effet le pilier central auquel est adossé le système des retraites par répartition – le vieux système collectif français basé sur la solidarité entre les générations. C'est elle qui gère plusieurs caisses très importantes ainsi que le Fonds de réserve des retraites (FRR), que Lionel Jospin a créé et dont la droite n'a pas poursuivi la montée en puissance. La CDC joue donc là l'une de ses missions d'intérêt général majeures: assurer la solidité et la pérennité des régimes de retraite par répartition.
- Alors pourquoi la CDC, qui est donc l'un des pivots du système par répartition, se lance-t-elle dans pareille aventure pour faire le jeu du système adverse, celui par capitalisation? Et pourquoi, de surcroît, le faire, comme par hasard, avec une entreprise dont le patron est le frère du chef de l'Etat ?
- Ses missions traditionnelles n’ont jamais empêchée la C.D.C. d'être l'actionnaire de référence de la CNP (à hauteur de 40% du capital), qui est le champion français de l'assurance-vie. Et voilà qu’arrive une alliance entre Médéric, la C.D.C. et le CNP, une co-entreprise qui devrait voir le jour dès le 1 janvier 2010. Et kékiladit not’bon président ? kékiladit ? Que la « réforme » des retraites sera faite au plus tard à la mi 2010…
Les conjurés de la CDC, de CNP et de Médéric se frottent les mains: «Un complément d'épargne annuel de 40 milliards à 110 milliards d'euros en 2020 serait nécessaire pour maintenir le niveau de vie des futurs retraités.» Sous-entendu: les régimes de retraite par répartition vont à ce point être étranglés par les évolutions démographiques et par l'absence de nouvelles recettes que cela fera forcément les affaires d'autres opérateurs.
Conclusion : les trois alliés doivent nourrir «l'ambition de créer un leader dans le domaine de la retraite supplémentaire, collective et individuelle». Sur les décombres des régimes par répartition qui vont faire de plus en plus mal leur office.
- Puteng, Victor, d’où tu les sors ces infos ? Nous, on n’est pas au courant de ces embrouilles…
- Ah ! Evidemment, c’est pas la mère Chazal ou le petit père Pujadas qui vous dirons des choses pareilles. Eux, c’est Mickael Jackson et puis c’est tout ! Non. Moi je fouine partout et en particulier, je vais sur Médiapart.fr
Allez zou, Loulle, remets ma tournée !

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!!!!! LA PANDEMIE PASSE AU NIVEAU 6 !!!!!!!

...et débarque à Toulouse, à Paris et ailleurs, des rugbymen l'on ramené d'Argentine...


NE TOUSSEZ PAS IDIOT !

de Jean-Victor Joubert (C'est moi!)

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