Pyromanie en Amazonie ou les symptômes d’un capitalisme-libéral voulu inextinguible

“Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors le visage pâle s’apercevra que l’argent ne se mange pas” affirmait tristement le chef indien Sitting Bull (1831-1890).

“Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors le visage pâle s’apercevra que l’argent ne se mange pas” affirmait tristement le chef indien Sitting Bull (1831-1890). Cette réplique reflète funestement l’actualité brûlante, théâtre de l’agonie du poumon de la Terre devenu noir sous les outrages orchestrés par des intérêts privés avec la complicité des pouvoirs en place.

 

L’Amazonie dite poumon vert de la Terre lance encore un cri d’alarme déchirant contre un système économique fondé sur l’épuisement sempiternel de ses ressources. Dans un contexte politique incertain, l’actuelle administration brasilense et ses sicaires lobbyistes, parmi tant d’autres, sont fanatisés au nom de la croissance soi-disant, occultant ainsi allègrement les intérêts privés. 

 

La croissance n’aura plus de sens du fait de l’inexorable destruction des ressources.

 

L’Echidna capitaliste-libérale a engendré d’innombrables maux qui lacèrent directement notre vie quotidienne. Déchaînés, ils attaquent et rongent à petit feu notre planète sous de multiples masques. Cette lente sape de notre environnement est l’un des prodromes les plus évocateurs. 

Hélas ! Nos gouvernants esquivent la tragédie par une politique de l’autruche animée par des réflexes pusillanimes. Ils se drapent d’un costume d’impuissance ou feignent la surdité, par allégeance aux puissances d’argents et à la secte capitaliste-libérale exaltant un enrichissement effréné sur un court-terme et des richesses éphémères sur fond de pillages. 

 

Nous sommes en train de payer le tribut de cette doctrine économique, par des périodes climatiques suffocantes et dévastatrices d’années en années et par la raréfaction de ressources contrôlant le fil ténu de la vie. L’épais nuage de jais qui a étouffé l’éther de Sao Paulo, comme un paysage d’Armageddon le 19 août dernier, est un tableau prophétique de notre futur dessiné par l’inertie délibérée des gouvernants. 

 

L’émoi mondial déclenché par les signaux d’alarme répétés conféreront à l’actuel sommet du G7 une résonance plus que retentissante. 

 

Mesdames et messieurs les puissants de ce monde, je fais partie de cette génération que vous êtes en train de sacrifier sur l’autel d’intérêts pécuniaires oligarchiques. Au lieu de libérer la croissance, vous l’embastillez. Vous vous réunissez sous le signe de la lutte contre les inégalités et de l’urgence climatique avant de reléguer vos engagements dans les méandres du passé et de vous soumettre derechef sous la coupe de roitelets dorés qui piétinent l’intérêt général. Vous avez naguère apposé votre signature sur un serment de sauvegarde méprisé chaque jour par des politiques de destructions massives et de servilités aux puissances d’argent. Votre rôle protecteur de l’intérêt de tous, en tant que chefs d’Etat, demeure en ce sens primordial. Briser l’emprise de l’Echidna capitaliste-néolibérale demeure vital pour bâtir notre avenir.

 

Vous avez le devoir de refuser l’inacceptable, de programmer et d’appliquer des lois environnementales équitables et ambitieuses (tels l’arrêt des subventions aux énergies fossiles ou le renforcement du financement de la transition écologique) qui relèvent d’une nécessité absolue pour la planète en danger d’implosion, sonnant presque la fin de notre monde. “Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie” – Stéphane Hessel.

 

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