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Billet de blog 19 mars 2020

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Misère et grandeur du confinement

La vie (confinée) au quotidien, ses heurts, ses malheurs, et ses espoirs...

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    Comment le confinement peut agir sur notre quotidien? C’est une question qui est d’ores et déjà évoquée ou le sera certainement sur tous les réseaux, médias divers et nonobstant confinés.

    Ainsi on peut se demander comment dans ces temps de résidence forcée et surveillée allait-on pouvoir supporter la vie encabanée : son mari, sa femme, sa compagne, son compagnon, son copain, sa copine,  bref sa moitié, mais tous co-locataires, co-propriétaires, co-partageant et vivants tant bien que mal dans des surfaces habitables devenues des volumes oppressants. Par exemple deux pièces cuisine pour un modeste 50 m2 (souvent moins, parfois guère plus!). Courir le marathon à la façon d’un voyage autour de sa chambre, s’avachir devant la logorrhée médiatique, suivre un cours de comptabilité des futurs disparus, tout était désormais possible.

    A pareille surface la vie est déjà superbement confinée. Le mètre n’est plus de mise, c’est plutôt le centimètre.Et justement l’air y est mesuré, calibré, partagé dans l’exiguïté contrainte. Cette promiscuité subie peut créer un coup d’arrêt puissant, massif et brutal aux relations amoureuses.  Nous savons bien que le manque d’air peut parfois advenir entre deux êtres, même lorsque le sincère amour et le plus torride désir les a unis pour le meilleur et aujourd’hui seulement pour le pire. Certes une fois liés par l’engagement réciproque, d’aucuns n’avaient peut-être pas pensé à cet air soudain manquant dans les poumons, tout autant que dans leur espace vital.

    Mais plus encore que d’habitude, lorsque le confinement survient, invisible, sournois, autoritaire, la gestion du quotidien s’effectue alors au geste près, à la décision longuement débattue pour savoir qui va faire les courses sachant qu’il ne trouvera certainement pas la couleur du rouleau de PQ habituel ou la marque des petits-beurre pour le thé.  Il faudra aussi veiller à la rédaction scrupuleuse d’un feuillet issu d’un décret présidentiel hasardeux (le décret et le président), qui permet de circuler avec une épée de Damoclès en permanence sur la tête. L’épée ou le papier? Les deux? Oui les deux sans doute.

    C’est le moment d’imaginer la survenue de la classique et sempiternelle scène de ménage. C’est presque inévitable! Pourtant il ne s’agit pas de casser la vaisselle, la remplacer n’est pas possible avant la réouverture des magasins de porcelaine. Abandonnons la stratégie de l’éléphant.

    Et reprenons le pugilat dans la surface corrigée. Surviennent alors les vieilles rancoeurs que l’on avaient glissées sous le tapis chinois. Mais on n’allait pas en faire une maladie tout de même, de ces vétilles! On se rassurait en pensant que des millions voire des milliards de gens sur terre pouvaient être eux aussi  impactés par ces querelles intestines. D’ailleurs si on y réfléchit bien, les querelles intestines manquent souvent de souffle et ne sont que purs moments de fièvre vite oubliés. Soyons positifs et contrôlons-nous un peu.

    A ce stade, la température pourrait redescendre aussi vite qu’elle s’est emballée. Hélas, une improbable vieille belle-mère  (on les appelle comment lorsque qu’on est pacsés?) surgit, fait des siennes et réclame une visite pourtant doctement déconseillée ou un service à la personne inenvisageable en l’état. 

    Après tout il y a suffisamment de personnel médical pour venir en aide aux souffrances supposées du quatrième âge finissant. Et une petite grippe venue d’on ne sait où, se soigne sans problème. Ouf! on respire mieux!

     Il n’en reste pas moins que dans 50 mètres carrés cela fait problème. Discussions, avis, choix, bref une longue et pénible négociation politique pour savoir ce qui doit être décidé. Intervenir, ou laisser faire? prévenir ou guérir? En fait tout ça nous gonfle, et ne devrait pas empoisonner notre quotidien, en un mot nous pomper l’air. Il est si rare!

     Le petit chez soi peut devenir rapidement un enfer.

     Et puis tout à coup ce n’est plus possible, le tsunami déferle comme une épidémie incontrôlable. On passe de l’invective à peine esquissée, à la violence des mots qui surgissent avant l’arrivée d’une horde d’horions. Ainsi le confinement saisit l’homme et la femme dans un espace commun qui n’est plus vivable. 

     Il fallait en sortir, même si l’on devait renverser la table et tout ce qui s’y trouvait dessus…Bien sûr tous n’en mourraient pas mais tous seraient touchés… Après le strict confinement, l’étouffement montrerait son nez, la mort suivrait… 

     Finalement, fallait-il tout casser pour tout recommencer et éviter une disparition définitive? Assurément dira la majorité …

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