j'ai connu une ère de prospérité (suite)

J’ai été jetée hors de chez moi par un incendie d’un appartement dans mon immeuble.

 La municipalité a pris un arrêté d’interdiction d’y entrer. Un étrange arrêté, mélange des deux arrêtés qu’une municipalité doit prendre normalement. Ce qui lui évitait de mettre en demeure le propriétaire unique de ce grand immeuble (10 locataires possibles)de donner des délais de réparation. (Faut-il préciser que le propriétaire fait partie de "huiles" et a siégé à la comcom)

 C’est terrible comme on est déstabilisé par ce genre d’évènement, surtout quand on a 68 ans, on est bien obligé de constater qu’on est plus fragile face au changement.

 Cependant, je n’ai pas rencontré beaucoup de compassion : si la boue d’une rivière avait submergé mon pavillon de banlieue, j’aurais surement rencontré un peu de solidarité …

Mais je ne suis qu’une pauvre, et locataire, et chacun me balance : c’est les assurances qui vont payer… et la comcom vous loge gratuitement en plus….

 C’est sous la pression conjuguée de la municipalité et de la comcom qui m’a hébergée (vous allez devoir quitter nos locaux, on en a besoin… visite de la Police sur ce sujet à plusieurs reprises), que j’ai accepté de prendre un HLM trop grand et trop cher (j’ai appris que le niveau de loyer m’enlevait tout droit au FSL, et que les allocations logement ne couvriront pas la moitié du loyer : 160 euros pour 460 euros !!!)

 J’ai du faire des changements d’adresse, en poste restante, car je n’avais plus de boite à lettre…

 Et c’est un deuxième incendie : mes courriers ont été systématiquement perdus, malgré les quelques 20 euros payés tous les deux mois, et les frais payés pour chaque courrier arrivé en poste restante !!!

 Grace à ces disparitions de courrier, me voilà privée de mon minimum vieillesse… Heureusement, j’ai une retraite de 530 euros qui me reste, et une retraite complémentaire de 140 euros. Vous voyez, c’est toujours la prospérité…

 J’ai dû racheter le minimum vital car tout accès est interdit à l’immeuble incendié, mes affaires y sont toujours (après 6 mois) recouvertes d’une suie collante et toxique.

 Ajoutons que pendant 4 mois j’ai été harcelée (moquerie, injures, hurlements) par toute une famille (une mère et 6 enfants de 11 à 21 ans) qui cohabitait avec moi dans le gite offert par la comcom (ce cadeau n’en est pas un, car normalement, c’est au propriétaire d’assurer notre relogement), c’est donc un cadeau pour le propriétaire. Cette famille continue d’ailleurs, en la personne du petit dernier, qui a dû trouver cela tellement drôle, à me harceler, en tirant ma sonnette, en me criant dessus en ville… etc..) C’est dans l’appartement de cette famille que le feu a pris…la mère  était partie au Maroc… Ils ne sont en rien coupables, mais ont dû avoir besoin de se passer les nerfs sur quelqu’un.

 C’est étonnant, mais je suis moralement épuisée.

Je me demande si je ne devrais pas aller porter plainte à la Police, je ne vois pas d’autres solution pour mettre fin à ce harcelement.

 

PS : la comcom : c'est la "Communauté de Communes ": un truc encore plus obscure dans son fonctionnement et ses choix que la "Municipalité" !!!

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