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Billet de blog 31 janv. 2019

L’une des plus folles fanfares de la Nouvelle-Orléans s’arrête en Seine-Saint-Denis

D’ordinaire, ils ne le font jamais. Mais, pour les enfants de la Seine-Saint-Denis, il se prépare à faire une exception : les membres du Hot 8 Brass Band s’arrêteront deux jours en Île-de-France pour diriger des master-class.

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Plébiscitée dans le monde entier, programmée dans les plus grands festivals, cette fanfare sait enflammer une foule mieux que toute autre. Héritière de la tradition des défilés de la Nouvelle-Orléans, elle la prolonge et lui permet de continuer d’évoluer : ses trompettes, trombones et saxophones assènent un funk ravageur et, derrières les micros, irradie l’énergie du hip hop. Ses concerts sont d’explosifs rituels qui plongent les jeunes et les moins jeunes dans une irrésistible transe. Conséquence : elle croule sous les demandes et navigue, en ce début d’année, entre Berlin, Amsterdam, Munich, Strasbourg, Toulouse, Londres, Manchester et Dublin.

Pourtant, parce qu’il connaît les liens que tisse Villes des Musiques du Monde entre la Seine-Saint-Denis et la Nouvelle-Orléans, le Hot 8 a accepté de lui donner un peu de son temps.

Le 3 février, il passera la journée au Conservatoire de Villepinte pour permettre à une cinquantaine d’adolescents d’approfondir leur connaissance de la musique de la Nouvelle-Orléans.
Le 4 février, il formera les formateurs qui encadrent tout au long de l’année les « Fabriques Orchestrales Juniors » de l’association.
Avant, le 6 février, de donner à la Gaîté Lyrique (Paris) l’une des grandes fêtes dont il a le secret.

LES BASES DU PROJET

Qu’est-ce qu’une « Fabrique Orchestrale Junior » ?

« Faire orchestre, faire société »… Telle est la devise qui a présidé à la création des « Fabriques Orchestrales Juniors » en 2015 par l’association Villes des Musiques du Monde. Le principe en est simple : des trompettes, des trombones, des grosses caisses et des caisses claires sont confiés à une centaine d’adolescents et d’adultes de quartiers dits « prioritaires ». Parce qu’ils n’ont jamais pratiqué la musique, un enseignement spécial, calqué sur les méthodes prônées à la Nouvelle-Orléans, leur est proposé.

Le résultat est des plus réjouissants : des fanfares sont nées à Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois, Drancy, La Courneuve, Sevran, Villepinte et Villetaneuse. Ceux qui maîtrisent le mieux leur instrument, les avancés, jouent déjà, à la demande de Bruno Wilhelm (le saxophoniste et compositeur qui supervise le projet), un rôle de tuteur auprès des plus jeunes.

Dans le quartier du Gros Saule d’Aulnay-sous-Bois, en particulier, le projet rime avec solidarité autour des instruments, partage de connaissances, savoir-faire musicaux et joie de parader ensemble.

Qu’est-ce que le « Hot 8 Brass Band » ?

Formée en 1995, 10 ans exactement avant le passage de l’ouragan Katrina, cette fanfare a appris à jouer dans la rue. Après des heures de répétitions dans les parcs de la Nouvelle-Orléans, le Hot 8 Brass Band s’est peu à peu fait un nom dans l’univers des « second lines », ces défilés débridés, en grande partie improvisés, qui égaient les avenues du Vieux Carré, du Garden District, ou de Tremé les jours de fête. Cette tradition festive n’a rien de figé. Loin de tout folklore, elle fait partie du mode de vie néo-orléanais, au même titre que le gombo (un plat de viandes et de légumes mijotés, que l'on déguste lors des repas de famille) ou les maisons de bois au perron coloré.

Le Hot 8 Brass Band est à cet égard emblématique de la culture de la Nouvelle-Orléans. Berceau du jazz, la ville résiste à la muséification. Comme elle, les 7 musiciens réunis autour de Bennie Pete (chef d’orchestre et joueur de soubassophone) refusent de ne penser qu’au passé. Proches de leurs voisins, à l’écoute de leur temps, ces virtuoses se nourrissent autant de hip hop (peu connue en dehors des Etats-Unis, la scène locale est d’une grande richesse) ou de funk (The Meters, légendaire formation néo-orléanaise, figure parmi les pionniers du genre) que de jazz.

Cette immersion dans la vie quotidienne de leurs concitoyens leur a coûté cher : plusieurs membres de l’orchestre, dont le batteur et éducateur Dinerral « Dick » Shavers, ont été tués par balles. Mais à aucun moment ces épisodes douloureux n’ont atténué leur fierté de représenter avec brio les habitants de la Nouvelle-Orléans, une communauté malmenée par l’histoire et la nature mais jamais résignée, à laquelle nous devons tant de trésors culturels. Sans parler d’un sens de la fête que le monde entier leur envie !

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