L'échec de l'allocation unique en Grande-Bretagne

La fusion des aides sociales en créant le crédit universel conduit à une situation désastreuse.

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Depuis des mois, cette citoyenne britannique invalide ne cesse d'appeler pour obtenir en temps et en heure ses versements. "Je passe mon temps à m'inquiéter, à savoir si j'ai assez de sous sur mon compte", témoigne-t-elle. 700 000 personnes en Grande-Bretagne touchent le crédit universel, la fusion de toutes les allocations existantes : chômage, supplément familial, retour à l'emploi, invalidité ou encore logement. Lancée il y a cinq ans par le précédent gouvernement conservateur, cette réforme en cours de déploiement est ardemment défendue par la Première ministre britannique qui veut responsabiliser les chômeurs "c'est un système plus simple qui encourage les gens à retrouver un emploi", a -t-elle déclaré.

La réforme fait polémique, car l'administration britannique peine concrètement à la mettre en place et à fusionner tous ses services. C'est un casse-tête administratif et informatique. Entre les erreurs et retards de versements, 7 bénéficiaires sur 10 accumulent les dettes et ne peuvent parfois plus payer leur loyer. Le gouvernement n'entend pas reculer sur cette réforme bien que l'opposition la qualifie de fiasco. Elle ne sera achevée qu'en 2023.

Grande-Bretagne : l'allocation unique est un échec © franceinfo

En France, 'Emmanuel Macron souhaite également créer un «versement social unique». Un rapport confidentiel, que "le Monde" s'est procuré, montre que le regroupement des "prestations de solidarité" dans une allocation sociale unique (ASU) pourrait faire plus de "perdants" que de "gagnants". Un constat qui ne devrait pas rassurer les milliers de ménages situés en bas de l'échelle des revenus. Inquiètes, les associations luttant contre l'exclusion avaient déjà condamné, début juillet, le report de la présentation du plan pauvreté.

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