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Le conflit au Kasaï, en République démocratique du Congo
L’UNICEF et ses partenaires ont obtenu des résultats importants en faveur des enfants de la région du Kasaï en République démocratique du Congo . Cependant, si nous n’intensifions pas les interventions humanitaires en 2018 :
400 000 enfants risqueront de mourir de malnutrition aiguë sévère ;
Des milliers d’enfants qui ont été enrôlés dans des milices n’obtiendront pas l’aide dont ils ont besoin pour réintégrer leur famille et leur communauté ;
Les enfants de toute la région continueront d’être privés de leur droit à l’éducation.
Pour protéger la vie et l’avenir des enfants en danger dans la région du Kasaï, l’UNICEF appelle toutes les parties au conflit et la communauté internationale à prendre des mesures urgentes visant essentiellement à mettre un terme aux actes de violence à l’encontre des enfants, à garantir l’accès à des services vitaux à tous les enfants et à financer l’apport d’une aide humanitaire durable.
Une crise nutritionnelle
Malgré une situation plus stable sur le plan de la sécurité dans certaines parties de la région et le début du retour des populations déplacées dans leur communauté, la situation humanitaire reste critique.
Plus de 770 000 enfants en bas âge souffrent de malnutrition. Parmi eux, 400 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère et doivent être soignés de toute urgence, soit 10 % de la population des enfants de moins de 5 ans – un chiffre stupéfiant.
Une crise sanitaire
Au-delà de la menace de la malnutrition, les enfants de la région du Kasaï font face à une crise sanitaire permanente. De nombreux enfants en bas âge n’ont pas pu recevoir leurs vaccins après que la violence et les déplacements ont détruit les centres de santé et interrompu les campagnes de vaccination, les rendant encore plus vulnérables aux maladies infantiles mortelles.
L’accès aux soins de santé est aussi devenu de plus en plus difficile pour les personnes qui n’ont pas été déplacées durant le conflit. Selon les chiffres de l’UNICEF et de ses partenaires locaux, 224 centres de santé ont été pillés, incendiés ou détruits dans les villages touchés par la violence, ce qui a privé des centaines de milliers de familles de toute possibilité de bénéficier de services de santé.
Près de 4,5 millions de personnes déplacées internes
Près de 8 millions d’enfants ayant besoin d’une aide humanitaire
2 millions d’enfants souffrant de malnutrition sévère aiguë
Les enfants représentent au moins 60 % des forces miliciennes de la région.
Lorsque le mari de Lusamba Marie Katambua a été tué l’an dernier, la jeune femme venait de mettre au monde leur sixième enfant à l’hôpital. « On nous a dit de quitter l’établissement, car c’était dangereux », se souvient-elle. Mais dès qu’ils sont arrivés chez eux, des hommes armés ont fait irruption dans la maison et ont exécuté son mari sous ses yeux et ceux des enfants.
« Ils ne tuaient que les hommes, raconte Lusamba. Ils ont épargné le reste d’entre nous. » Elle et ses enfants ont plié bagage et fui dans la brousse avec leurs voisins. Lusamba et ses enfants se sont cachés pendant quatre mois, se nourrissant de racines de manioc crues déterrées qui leur permettaient à peine de survivre, et buvant de l’eau sale.
Lorsque des actes d’une violence inouïe ont frappé la région du Kasaï, en République démocratique du Congo, en 2016, des centaines de milliers de personnes ont dû fuir pour sauver leur vie, abandonnant derrière elles leur maison, leur village et, dans les situations les plus désespérées, les membres de leur famille trop âgés ou malades. Parmi ces personnes en fuite, beaucoup étaient des enfants.
Pour les enfants les plus vulnérables, en particulier ceux qui risquent à tout moment de mourir de malnutrition, la situation actuelle dans la région du Kasaï est comparable à un tsunami de pauvreté, de privation et de conflit. Les enfants sont bel et bien les premières victimes de la crise au Kasaï.