Nuit debout, Indignés, la parole aux citoyens.

En Espagne, en Grèce et en France notamment, des milliers de citoyens ont exigé que leurs élus répondent de leurs actes et que les partis traditionnels cessent de se bagarrer pour le pouvoir et commencent à se préoccuper du peuple.

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Le poing levé, ils sont descendus dans la rue, ont investi les places et fait renaître l’agora pour réclamer une démocratie qui tienne ses promesses. En Espagne, en Grèce et en France notamment, des milliers de citoyens ont exigé que leurs élus répondent de leurs actes et que les partis traditionnels cessent de se bagarrer pour le pouvoir et commencent à se préoccuper du peuple. Dans cette édition, notre équipe a cherché à comprendre ce qui a motivé ces milliers de personnes à s’exprimer et à savoir si elles ont été entendues. L’un des enjeux pour ces mouvements, c’est bien sûr de trouver comment durer et potentiellement, accéder au pouvoir en formant ou non un parti.

En Espagne, on connaît l’issue politique du combat des Indignés : 69 sièges au Parlement pour Podemos, un parti qui trouve son origine dans ce mouvement citoyen. Mais qu’en est-il de la France et de Nuit debout ? Les Indignés espagnols représentent-ils une source d’inspiration ? Que veulent vraiment les partisans de Nuit debout ? Quels résultats obtiendront-ils ? Dans son reportage, Valerie Zabriskie nous raconte les motivations de ses membres et les doutes qui les taraudent.

Pour comprendre l’ampleur de Nuit debout et ses liens avec d’autres mouvements, nous avons interrogé Albert Ogien, un sociologue français et directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique à Paris. Il estime que ces initiatives citoyennes sont “un phénomène très général en Europe” qui s’explique par “le fait que le système des partis – le système de la démocratie représentative – après 70 années d’existence en paix après la Seconde guerre mondiale est un peu rouillé.” Quand à l’avenir de Nuit debout, le sociologue estime qu’il “ne disparaîtra pas au moment où il n’y aura plus personne sur la place de la République. (…) Le fait, ajoute-t-il, que le mouvement ne soit plus visible pour les médias par exemple ne veut pas du tout dire que les personnes qui ont envie d’un changement politique ne travaillent plus à ce changement.”

Reportage, Valerie Zabriskie.

© jack Brte

 

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