499 sans-abri sont morts dans la rue

Un rapport, des chiffres et une cruelle réalité. Le collectif «Les morts de la rue» publie ce jeudi son 5ème bilan annuel. L’an dernier, 499 sans-abri sont morts dans la rue.

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Un rapport, des chiffres et une cruelle réalité. Le collectif  Les morts de la rue publie ce jeudi son 5ème bilan annuel. L’an dernier, 499 sans-abri sont morts dans la rue. Mais ce décompte correspond aux signalements reçus par le collectif et n’est pas exhaustif, précise-t-il, estimant que le chiffre réel serait environ six fois supérieur.

Depuis 2012, le nombre de personnes sans domicile fixe mortes dans la rue est en hausse, avec une stabilisation autour de 500 décès par an depuis 2014, selon le rapport. Ce sont majoritairement des hommes, jeunes, qui meurent après un long parcours de rue semé de ruptures.

Entre 2012 et 2016, 47 d’entre eux étaient des mineurs de moins de 18 ans. Trente-cinq avaient moins de 15 ans. “Les jeunes sont surreprésentés parmi les personnes SDF et les décès SDF, comparativement à la population générale”, souligne le collectif.

Les femmes, qui représentent 40% des personnes SDF selon l’Insee, meurent plus jeunes : 46,3 ans en moyenne. Le nombre de sans-abri en France était estimé à 141.500 en 2012 par l’Insee. Près de la moitié sont implantés en Ile-de-France.

De plus en plus de suicides en Ile-de-France

Dans la moitié des cas, les causes du décès sont inconnues. Pour le reste, la plupart des causes sont externes (accident, agression, suicide). 28% “avec une nette surreprésentation des accidents et des agressions par rapport à la population générale”, souligne le rapport. 25% des sans-abris sont décédés de maladie.

En Ile-de-France, on enregistre de plus en plus de suicides parmi les SDF : treize ont été signalés en 2016 dans la région, dont dix à Paris, contre 2,5 en moyenne par an depuis 2012, selon le rapport.
Les sans-abri cumulent plusieurs facteurs de risque pouvant mener au suicide, explique le collectif : schizophrénie, addictions aux substances illicites et à l’alcool, ou encore antécédents d’hospitalisation psychiatrique.

Les sans-abri ont passé en moyenne 10,3 ans à la rue avant de mourir.

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