Réparer l’audace, ou comment accompagner les "jeunes de la cité" dans la coopération

Si la participation citoyenne pour soutenir les jeunes des cités est vue comme un moyen de sortie de crise, elle n’est ni un exercice frileux de modération, ni une capitalisation imprudente de la colère. Une agora qui échappe à cette alternative infernale est un catalyseur d’initiatives qui responsabilisent toutes les parties engagées en soignant le lien, de la stigmatisation à la fraternisation.

Faire de la recherche en sciences humaines, ce n’est pas monter des observatoires avec lesquels on regarde de loin les acteurs, au prix d’appareillages techniques compliqués et en produisant des textes que les gens concernés ne pourront pas lire. C’est créer des plages de parole avec les acteurs et leur donner l’occasion d’exprimer et de transformer ce qu’ils vivent, ce qu’ils cherchent (1). La co-production de visions de l’adaptation plus transversales et diverses, moins technocratiques donc, requiert de partir notamment des pratiques et ressentis des habitants comme des professionnels des quartiers pour co-construire des argumentaires en leur donnant une traduction de politique publique, par exemple en ce qui concerne les projets et initiatives associatives incluses dans les politiques de la Ville. Comme « dispositif génératif », au sens de la philosophe Isabelle Stengers, l’intervention en Thérapie Sociale aide à ce que les acteurs puissent retrouver la force de poser leurs propres problèmes, c’est-à-dire apprennent aussi à faire connaissance avec les passions (haine, colère, ressentiment, culpabilité, etc.) fatales à la décision collective des problèmes, afin de ne pas se laisser subjuguer par elles. Intervenant en contrat de certification avec l’institut de formation Charles Rojzman, je me propose ici précisément de rendre compte d’une telle intervention dans un quartier prioritaire de la ville de Besançon, autour des « jeunes de la cité », menée il y a trois ans.

Comment soutenir ces jeunes parfois désabusés ? Peut-on enrayer la bascule du ressentiment ? Oui, si on se montre tous concernés. A Palente, des habitants et des professionnels ont ainsi débattu autour de l'éducation en prenant pleinement en compte l’expertise d'une jeunesse qu’on regarderait à tort uniquement comme une « génération inquiétante ». Une agora ou un catalyseur d’initiatives qui responsabilisent toutes les parties engagées en soignant le lien : de la « stigmatisation » à la fraternisation, en passant par un accord sur la réalité partagée.

Des jeunes en sécession ?

Cette recherche-action part de deux constats, se nourrit de deux convictions et débouche sur un possible. Les constats sont le besoin d’aide des jeunes à choisir et suivre leur propre voie et celui de coopération entre tous les protagonistes de leur accompagnement : parents, enseignants et autres professionnels, pour cerner les obstacles qui se dressent devant leur rêve d’intégration sociale. Pour tenter de réparer des vies, montrer des chemins plus prometteurs et transmettre les clés pour une insertion réussie. Mes convictions sont, d’une part, que quelque chose autour de la stigmatisation (qu’elle soit réelle ou fantasmée, qu’elle accable ou rende quérulent, etc.) empêche une véritable coopération alors que, d’autre part, les problèmes ne seront véritablement traités qu’entre eux tous, y compris ces jeunes et leur famille (ou absence de famille), qui détiennent une part d’informations incontournable. C’est possible dans un espace de parole suffisamment sécurisant pour parler à cœur ouvert, c’est-à-dire sans être limité par les sujets qui fâchent. Et c’est ce que je propose : plus que mettre les gens autour d’une table, les rapprocher – ce qui ne se décrète pas mais réclame un savoir-faire spécifique – pour réfléchir au comment mieux faire ensemble. Un rapprochement (ou, mieux, une fraternisation) dont on a grand besoin en ces temps où des tentations de sécession travaillent de plus en plus ces jeunes.

Suivons le vœu de Hugues Lagrange et « osons voir les tares morales d’une minorité désocialisée » (2). Charles Rojzman caractérise cette désocialisation comme « un éloignement du commun national et un retour à des archaïsmes religieux, à des pratiques sociales réfractaires au projet républicain et au roman national, à une poursuite des confrontations avec les institutions républicaines » (3). L’anthropologue Scott Atran met lui aussi en avant la nécessité d’engager des discussions sur la question des valeurs avec son concept-diagnostic de « polarisation » (4) : la jeunesse a besoin qu’on l’enthousiasme plutôt qu’on bride son besoin d’idéal, possiblement mal orienté par la désespérance, des couches de frustration sédimentées depuis des décennies, supports de fantasmes de persécution, et une attraction toujours plus précoce vers l’outrage.

Rapportées à la société, les banlieues n’ont certes pas le monopole de l’ombre, et préserver la lumière y passe par « consolider la capacité de résistance intérieure » de la jeunesse face aux manœuvres prosélytes de leaders négatifs (5), arrimées aux aléas de l’intégration de son identité au milieu de modèles culturels hybrides et possiblement en concurrence, avec ses effets de clôture et de repli identitaires. La pensée, l’attraction « totalitaire et tribale (6) » s’accommode fort bien de la croyance en une harmonisation des divisions qui éviterait le conflit : la modération, posée comme réquisit pour intervenir sur la situation, si elle cadenasse les émotions et moralise la haine (7) ne permet pas la confrontation avec l’adversité (et l’ignorance) qui seule permet de dégager le réel de ses distorsions. C’est la réalité qui donne l’énergie du vivant et du combat si celui-ci est accepté de grand cœur, sans diabolisation. Nous savons gérer les conflits, c'est la peur du conflit qui produit la violence qui empêche la résolution des conflits.

Ne nous y trompons pas, une majorité des jeunes des cités ne rêve que d'intégration sociale. Mais ces rêves se heurtent à de nombreux obstacles personnels, familiaux, institutionnels et politiques. Aucun de ces paramètres ne peut être négligé et c'est donc de la responsabilité de tous, y compris des premiers concernés, ces jeunes et leurs familles.

Au-delà des stéréotypes

L’objectif que je fixe, en rendant possible de mettre sur la table tout ce qui nous meut et nous traverse (expériences, désarrois, espoirs, convictions, etc.), est ce qui permettra de « chercher, trouver, aider, respecter ce qui, en soi et dans les autres, fait source – source de fierté, source de générosité, source d’enthousiasme (8) », ou répare l’audace : définir, tous protagonistes du quartier mélangés, un projet pour créer des environnements plus soutenants et moins pathogènes donne une vision plus claire des besoins du quartier. Pour un commanditaire prêt à travailler le pouvoir d’agir des habitants. Plus précisément, la constitution de groupes soudés (jeunes, parents, enseignants, etc.) d’un côté, l'opportunité d’interpeller les décideurs sur la base des préconisations co-élaborées de l’autre, permettent aux participants, dans leur diversité, de se remobiliser et, par l’entraînement à entrer un bout dans la logique de l’autre, de défendre et illustrer la complexité des problèmes à faire avancer.

Entre novembre et décembre 2017, à l’initiative de la MJC, cette recherche-action citoyenne a donc été conduite autour des jeunes de la cité des Orchamps, quartier Palente (9). Une vingtaine de personnes ont pu échanger sur un total de 14 heures de rencontres, sur cinq groupes de parole, grâce à un dispositif de Thérapie Sociale qui a rendu possible l’expression des préoccupations des uns et des autres autour de la jeunesse, et leur croisement par délégués interposés.

La Thérapie Sociale créée par Charles Rojzman et développée avec ses associés au sein de l’Institut Charles Rojzman se distingue des autres formes de sociothérapie et de thérapie collective et communautaire par son caractère transformatif des obstacles conscients et inconscients, individuels et collectifs, pour permettre une vie démocratique véritable, critique et responsable (10). D’un quartier à l’autre, les personnes ne sont pas les mêmes et vivent des réalités sensiblement différentes, qui ont toutes besoin d’être débattues – et non rabattues sur un modèle de résolution préfabriquée. Mon travail consiste donc à faire circuler l’information là où le confinement des expertises à son milieu empêche l’élaboration de stratégies communes. Dit autrement, tiers entre le social et l’institution, à s’activer dans la connaissance de la réalité en éveillant l’esprit critique, aucun n’ayant le monopole des stéréotypes sur l’autre.

En dépassant la parole brute, les masques, les défenses et les peurs, un sujet aussi brûlant que les obstacles à la démocratisation scolaire va ainsi être débattu vers la formulation d’une issue constructive, des préconisations pour mieux faire ensemble, parents et enseignants (voir ci-après, telles que validées par tous les délégués).

Une persévérance commune

La persévérance commune ne peut pas partir de la plainte mais aussi du désir de rejoindre l’autre groupe, même avec des griefs contre lui, pour une coupe transversale des problèmes. C’est une erreur souvent commise autour de l’empowerment : la non-mixité des réunions (première phase du dispositif, qui distribue des groupes homogènes) est une rupture épistémologique nécessaire, la condition d’une prise de parole publique, mais pas une fin en soi. La fraternité naît si on a traversé ensemble des épreuves, qui ne concernent pas seulement les décideurs, comme le suggère récemment Gilles Leproust (11) dans la relégation des intervenants de quartier. Qui sont pourtant ceux qui incarnent et réverbèrent – du gardien d’immeuble à l’enseignant de primaire – les attaches des habitants, ou la vraie force de mobilisation de l’étant vers une intelligence collective de la situation, du possible.

Insistons, car il en dépendra ce que signifie réellement la conquête de l’autonomie : les arcanes de la légitimité doivent sortir du compassionnel, de la victimisation, au risque d’alimenter les partis-pris et les manipulations (12), pour rejoindre ce qu’Isabelle Stengers appelle « les arts de la composition » (ou la deuxième phase du dispositif, qui réunit les délégués de tous les groupes initiaux) – un énoncé étant posé, il « doit être accueilli en tant que n’appartenant à personne, en tant qu’il est issu de la situation, en tant que sa reprise par d’autres contribue à la composition de cette situation » (13) où personne ne puisse dire qu’il ne se sent pas concerné. La colère n’a pas nécessairement ce caractère cohésif que Leproust lui reconnaît comme ultima ratio du discernement pour se rendre sensible à la crise des banlieues, aux fêlures (tant sociales et mentales qu’environnementales) qui les lézardent ; et, empiriquement, c’est rarement le cas : habitants et « jeunes », habitants comme « jeunes » peuvent aussi bien être séparés par la haine et la peur. Seule une incertitude concertée (« consentir [à la situation] sans rêver de la réduire à un problème qui impose les termes de sa solution » dit encore Stengers) trace l’efficace des rencontres multipartenaires, d’une véritable écoute mutuelle qui réconcilie, d’une expertise d’ « en bas » pour reconstruire ensemble un certain équilibre du vivant dans son milieu et nourrir la décision politique (14). La reconquête d’une autonomie dans l'appréciation et la résolution des problèmes passe par l'encapacitation des individus et des groupes, plus précisément des individus dans le potentiel de transmutation du groupe : partout où de l'interpersonnel, l'implication, entrent en « crise », le sens se cherche plutôt dans les relations.

Côté jeunes, âgés de 16 à 20 ans, dès qu’ils sentent pouvoir penser en dehors de ce que leur bande d’appartenance les conditionne à penser, alors peuvent-ils devenir des passeurs en conscientisant ce qui sépare la culture familiale de la culture scolaire, le formatage de l’émancipation, par un retour réflexif élargi par l’ouverture à des interlocuteurs, sinon nouveaux, vus différemment : en confiance.

De nouvelles formes de compromis, de nouvelles dynamiques d’accompagnement, plus transversales, pourront voir le jour sur cette base des préconisations, cette coopération, ces échanges rendus plus vrais parmi et entre tous les protagonistes, habitants comme professionnels ou bénévoles de l’accompagnement, autour de jeunes possiblement coincés dans leur quête identitaire, réceptacle et/ou amplification d’un malaise et d’une souffrance sans existence officielle (15). Jeunes à qui ces temps de confrontation auront montré, comme aux autres participants, qu’ils peuvent être de véritables agents de changement (16), y compris en eux-mêmes – aussi malaisée puisse être la reconnaissance d’une intériorité leur. Du singulier au collectif, l’efficace du travail avec les gens, avec le groupe, est le débouché du sens qui aura pu honorer la puissance curative de l’entre-nous, « espace d’inattendus et de métamorphoses / Dont il faut défendre l’accès et assurer le maintien (17) ».



 © Ali Guessoum © Ali Guessoum

Parents et enseignants, mieux faire ensemble autour des jeunes : les préconisations de Palente

« Nous sommes un groupe réunissant une professeure des écoles travaillant sur les quartiers Palente-Les Orchamps, une mère y ayant élevé et scolarisé ses enfants et deux jeunes hommes qui y ont grandi, passé tout ou partie de leur scolarité et continuent d’y habiter. Selon toute probabilité, nous n’avions pas vocation à nous rencontrer. De cette rencontre, des discussions qu’elle a occasionnées et du consensus qui s’en est dégagé, nous préconisons deux ou trois choses pour mieux faire ensemble autour des jeunes. Certes, notre fenêtre ne donne qu’une vue partielle sur la vie du quartier et le devenir des jeunes, mais elle donne à voir une réalité suffisamment complexe pour que nous nous attachions à la démêler : celle des relations entre enseignants et familles dites "issues de la diversité" – c’est-à-dire, précisément, les nôtres, à nous résidents de la cité.

Mieux faire ensemble, parents et enseignants, ce pourrait être d’abord cela : que l’enseignant apprenne des parents ce qu’il doit savoir pour mieux respecter l’enfant, dans son caractère qui ne se donne pas forcément à voir de la même façon à la maison qu’à l'école. Son caractère, ou ses besoins, ou ses capacités. Le comportement d’un enfant, d’un adolescent, a de multiples influences, qui se rejoignent en un même foyer. Séparer l’indivisible, c’est perdre le sens de la mission éducative. Qui est aussi celle des parents, par leur accompagnement.

Nous préconisons donc de (re)créer du lien, du respect, de la confiance entre l’enseignant et le parent. Ce qui ne va pas forcément de soi, et pour diverses raisons. On ne peut voir comment faciliter le contact qu’à partir du moment où on accepte de regarder ce qui le rend difficile, ou carrément l’empêche.

Trois empêchements nous sont apparus, aux contours un peu flous :

  1. soit que le parent ne se sente pas suffisamment accueilli par l’enseignant,
  2. soit que le parent ne soit pas prédisposé à collaborer avec l’enseignant,
  3. soit que, tout bonnement, ce soit la fatalité du quartier, d’empêcher le lien entre habitants et professionnels de l’accompagnement : celle d’une incompréhension réciproque.

Mais nous nous proposons, au-delà des apparences, d’aller chercher des pistes qui permettent de relativiser l’inéluctabilité de ces empêchements et dessinent des marges de manœuvre.

1. École/parents : un rapport parfois problématique

L’idée reflétée et/ou nourrie par l’enseignant qu’il sait tout mieux que les parents met une barrière dans l’échange et peut faire le parent se sentir inférieur, infantilisé. Le rapport de forces peut être dans l’autre sens, quand c’est l’enseignant qu’on tente de fragiliser. Dans tous les cas, on ne se sent pas écouté, et cette impuissance peut rendre violent, contre l’autre ou contre soi-même.

2. Éduquer : formatage ou émancipation ?

L’éducation est un non-sujet, quelque chose dont on ne débat pas dans certaines de nos familles, au profit de valeurs archaïques, comme la violence valorisée comme une vertu éducative.

"Ça c’est comme ça, ça c’est pas comme ça" : on ne peut pas imposer ça directement aux parents. Le combat par l’injonction ne marche pas. Il doit emprunter d'autres chemins, contre la vision de mentalités allogènes qui ne peuvent ou ne veulent pas changer. Changer l’autre n’est pas possible, mais on peut essayer de changer soi-même, on peut compter sur autre chose que l’autorité "naturelle" pour se faire une idée. Oser, prendre le risque, se donner une liberté.

3. La fabrique du respect

Nous habitons ou travaillons dans un quartier fait de cultures différentes, qui ne cohabitent pas forcément facilement entre elles et que les professionnels de l’accompagnement ne connaissent pas forcément. Il faut un intermédiaire, provoquer des rencontres pour se connaître, se connaître pour se respecter, se respecter pour vivre ensemble. Ce qui peut aider les familles à faire un pas vers les professionnels, c’est la garantie de ne pas être jugées.

S’unir pour nourrir un regard réaliste et critique sur l’enchaînement des responsabilités. L’élève qui ruse avec son enseignant, qui ruse avec sa famille, qui ne se donne pas entièrement à son travail, profite du fait que ses parents ne se montrent pas, ou peu, intéressés par sa scolarité. » (Besançon, MJC de Palente, 20 décembre 2017)


Notes :

  1. Ça a été, par exemple, une ambition du CERFI (autour de Félix Guattari) comme du CERFISE (autour de Michel Anselme).
  2. Le Monde, 12 janvier 2015.
  3. « Les cités craquent : la faute à quoi ? », Causeur, 28 avril 2020.
  4. Colloque « Prévention des radicalisations » de Strasbourg, septembre 2019, compte-rendu disponible sur le site internet du Réseau Virage. Pour une discussion des valeurs sacrées, voir Atran, « Avons-nous besoin de religion ? », Cerveau & Psycho n°103, 2018, p.58-66.
  5. La préconisation édictée par Adil Jazouli provient d’un entretien qu’il a accordé à Tageblatt (« On ne déradicalise pas quelqu’un qui a des convictions », 13 mars 2018). Selon le rapport intégral de la commission d’enquête du Sénat « sur les réponses apportées par les autorités publiques au développement de la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre» (7 juillet 2020), seul l’Ouest de la France échapperait encore à la pression de l’islamisme. Il y a bien d’autres figures d’un leadership séparatiste, comme l’actualité de l’année 2020 l’a démontré (cf. Manuel Boucher, Radicalités identitaires. La démocratie face à la radicalisation islamiste, indigéniste et nationaliste, L’Harmattan, collection « Recherche et transformation sociale », 2020).
  6. Charles Rojzman, Violences dans la République, l’urgence d’une réconciliation, La Découverte, 2015, p.22.
  7. A contrario d’une pédagogie spinoziste : « On ne doit pas transformer la moralité en police intérieure de l’esprit» conclut ainsi Lev Vygotski sa Psychologie pédagogique (1926).
  8. Suivant une belle formule du sociologue Michel Verret.
  9. La participation est volontaire. La mobilisation a procédé d’un démarchage sur le terrain, de l’implication de relais institutionnels, de l’identification des intercesseurs pertinents pour constituer le groupe des « jeunes » notamment.
  10. Cf. Charles Rojzman, Igor et Nicole Rothenbühler, La Thérapie Sociale, Chronique Sociale, collection « Comprendre la société », 2015.
  11. Dans une tribune cosignée par une partie de son équipe municipale : « Nous, élus d’une ville populaire, partageons la colère des habitants, des jeunes des quartiers », La Gazette des communes, 18 juin 2020.
  12. Mettre l’imagination au pouvoir, assurément ; mais préalablement, prendre conscience de l’autonomie redoutable, de la spécificité de l’illusion communautaire : « Chaque groupe jouant sa propre partition, il n’attend rien du groupe d’à côté, tout juste peut-être ce petit frisson des enfants qui prennent leurs douches ensemble en se moquant de ceux qui vont passer après. C’est la fable des porcs-épics. Croyant pouvoir se réchauffer par une froide nuit d’hiver, ils se blottissent les uns contre les autres, mais se piquant les uns aux autres, ils restent écartelés entre le risque d’affronter individuellement le froid et celui de se faire collectivement souffrir» (Pierre-Henri Moinet, « La tyrannie de groupe. Quand le mépris remonte de bas en haut », Le nouvel Économiste, 27 novembre 2013).
  13. Réactiver le sens commun. Lecture de Whitehead en temps de débâcle, La Découverte, collection « Les Empêcheurs de penser en rond », 2020, p.193.
  14. Cf. Charles Rojzman, Vers les guerres civiles. Prévenir la haine, Lemieux éditeur, 2017, p. 174-8 (chap. à lire en ligne « Il est temps de construire une véritable fraternité »).
  15. Cf. Hugues Lagrange, Le déni des cultures, Seuil, collection « Points », 2013.
  16. Au plan individuel, une compréhension élargie des dynamiques relationnelles depuis et autour de soi passe à travers les participants et assoit une re-motivation à agir depuis sa place. La portée collective, quant à elle, comprend les aléas de la mobilisation initiale et de ses développements pour agencer autrement les modes d’intervention sociale. Ici, la participation citoyenne, pour déterminée qu’elle soit, n’a cependant pas atteint la masse critique pour aller à la rencontre des décideurs.
  17. René Char, cité par Philippe Bernier, qui met en avant, en s’appuyant sur Viktor von Weizsäcker, la question du « comment » de la rencontre pour « gérer les crises » (« Sensible à la crise : du singulier au collectif », Cahiers de Psychologie politique n°14, 2009). Ainsi la rencontre, sous certaines conditions, stimule – pour emprunter cette fois à Carl G. Jung – le guérisseur blessé présent en chacun de nous.

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