Intervention dans les débats du Conseil National du 15 avril 2016

Il y a aujourd'hui la nécessité de bien préciser le caractère alternatif de la construction politique populaire, citoyenne à laquelle les communistes veulent oeuvrer pour les échéances de 2017.

Intervention au CN du 15/04/2016

 

Attention : il s’agit d’un texte reconstitué à partir de notes. La résolution a, au cours des débats, été amendée rendant caduque la plupart de mes remarques sur le texte initial. Le texte final de la résolution apporte selon moi de nombreuses clarifications et replace le processus de construction d’une candidature de rassemblement (primaire, votation citoyenne ou autre) dans un cadre stratégique clairement alternatif à ce qui été fait par le gouvernement et soutenu par le PS, et sans baisser le niveau des exigences.

 

« Je veux ici faire part de ma préoccupation sur l’état du parti aujourd'hui dans le cadre du débat de Congrès. Je veux faire part des grandes interrogations, des doutes, des crispations, justifiées ou non mais bien réelles. Je veux témoigner d’une certaine perte de confiance envers les directions (au sens large du terme) et parfois d’une forme de démobilisation. Bien sûr de nombreux camarades sont tes investis dans les luttes concrètes, locales ou nationales, mais sans doute pas encore à la hauteur de ce qu’ils pourraient faire. Évidemment les communistes ne sont pas à l’abri des difficultés sociales et morales de la société dans son ensemble. Mais, à mon avis, le cœur du problème est lie au débat sur notre orientation stratégique et à la question des Primaires.

Tout d’abord, comme des camarades l’ont dit avant moi, le mot est mal choisi car renvoyant à une forme bien défini et très particulière du processus de choix d’un candidat. Il renvoie à la primaire socialiste ou à la primaire américaine.

Ensuite et surtout parce que le contenu sur lequel nous voulons un processus collectif de désignation de candidat apparaît bien flou. Des signaux contradictoires apparaissent dans des déclarations, des interviews. Et s’il faut toujours se méfier des retranscriptions médiatiques, cela n’aide pas à la clarté, surtout quand d’autres instrumentalisent ces propos pour polémiquer. Mais au-delà, notre présence au comité d’organisation de la « Primaire de gauche » avec la direction du PS pose problème. Je ne crois pas qu’il s’agisse de montrer une volonté d’alliance, mais plus d’un jeu tactique pour ne faire porter la responsabilité de la division sur l’autre. Je crois que nous n’en sommes plus là et qu’il ne faut pas avoir peur d’affirmer notre opposition à ce que représente le PS depuis 4 ans au niveau national. S’il faut être très ouvert et rassembleur, il nous faut l’être sur des bases claires. Dans la proposition de résolution qui nous est communiquée, l’avant dernier paragraphe me semble pour le moins maladroit car il semble dire que nous sommes déçus que l’actuelle direction du PS ne s’inscrive pas dans le processus commun [le paragraphe a été supprimé dans la version finale amendée de la résolution]. Ce jeu tactique laisse finalement l’impression que cette Primaire est un jeu de directions politiques qui instrumentalisent un appel citoyen. Je crois que nous perdons du temps pour poser des bases solides à la construction dans laquelle nous pourrions nous engager. La proposition de résolution clarifie un peu la situation mais pourrait aller plus loin. Je crois qu’il faut supprimer ce paragraphe qui évoque le jeu de la direction du PS. Je crois qu’il nous faut préciser qu'elles sont les forces disponibles pour construire avec nous et quel processus de construction pouvons nous mettre en œuvre.

 

Dans un deuxième temps, il me semble que la formulation du passage sur les législatives pose problème. On semble vouloir déconnecter les deux élections. Comment préparer les élections législatives sans savoir le cadre de rassemblement dans lequel nous allons nous trouver au moment de l’élection présidentielle. Il me semble qu’il y a un énorme risque à travailler circonscription par circonscription, sans affirmer un cadre politique national, pour une élection nationale avec un parti qui veut être un parti cohérent nationalement. [Ce paragraphe a été amendé et la version définitive fait apparaître la volonté d’inscrire cette élection dans un cadre politique national mais peut-être encore insuffisamment].

 

Enfin deux remarques :

-          Alain Hayot soulignait la menace réelle que constitue aujourd'hui le FN, je veux ajouter qu’il ne faut pas non plus sous-estimer dans notre société les forces disponibles pour aider le FN à gagner le pouvoir ou à travailler avec lui quand il est installé. Un colloque organisé par Menard à Béziers montre qu’il peut attirer des « intellectuels » « installés ». Certaines réactions ou propos de policiers dans les dernières manifestations sont aussi inquiétants.

 

-          Enfin, dans les propositions immédiates à mettre en débat en fonction des thèmes d’actualité (loi « travail », Panama papers, Nuis debout), il faut faire une place à la question du pouvoir d’achat qui est très sensible dans la population et qui permet de poser la question de la répartition des richesses, question centrale pour nous communistes. 

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