Intervention au CN des 24 et 25 septembre 2016.

Intervention au Conseil national du PCF des 24 et 25 septembre.

CN 24-25 septembre 2016 - Intervention VB

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D’abord il faut souligner la difficulté de la situation en raison d’un rapport de force idéologique très défavorable. L’automne risque d’enterrer les éclaircies du printemps (mobilisation contre loi El Khomri, nuits debout, scandale de l’évasion fiscale). Les thématiques de campagne depuis la rentrée ne nous aident pas (question identitaire, question sécuritaire, question du « tous pourris », TINA...) et la primaire de la droite ne va pas nous aider. Je veux aussi dire mes inquiétudes face aux dégâts provoqués par la 5ème République et la présidentialisation qui nous empêchent souvent de sortir du débat de « casting ». Il y a une bataille des idées à mener, elle sera longue et ne sera sans doute pas achevée dans les mois qui viennent. 

Je veux aussi rappeler que je trouve juste le positionnement du parti. Nous devons porter haut notre proposition de rassemblement de la gauche sur un contenu de rupture avec ce qui s’est passé depuis 5 ans. Car au-delà de 2017, c’est la recomposition de la gauche qui est en jeu et la place que nous y prenons en tant que mouvement révolutionnaire. 

Mais pour l’instant, et même si l’audience de cette proposition grandit et grandira sans doute encore en avançant vers l’élection, nous n’y sommes pas vraiment parvenu. Encore une fois, il est difficile de se sortir du piège de la présidentielle et de la 5ème république. 

Je trouve le débat chez les communistes plutôt serein, en dehors des invectives sur les réseaux sociaux. Serein par la lucidité sur la situation qui nous conduira peut-être à faire le choix du moins pire. Mais aussi, et c’est moins positif, par un certain fatalisme et donc beaucoup d’attentisme. 

Alors, que faire ? Quelles initiatives ? 

-Respecter nos décisions de congrès et notre calendrier et donc, permettre à la conférence nationale de proposer une issue aux communistes.

-Parler du contenu, avancer des propositions fortes, notamment à partir de la restitution du questionnaire le 8 octobre.  

-Surtout, ne pas abandonner notre démarche unitaire, à partir notamment de l’appel des 100. 

-Interpeler les candidats déjà déclarés, de façon individuelle, et notamment JL. Et même si je n’ai aucune illusion sur ce qu’il poursuit, il incarne d’une certaine façon, pour beaucoup encore (mais pas tous) ce que nous avons construit avec le front de gauche. 

-Avoir un débat serein et raisonné et éviter de rentrer dans un débat de supporters qui conduit à la division. 

Sur les choix possibles, il n’y a pas forcément de miracles à attendre, mais il faut réfléchir à comment nous allons nous saisir d’une réalité que nous ne choisirons pas forcément, pour rendre audible nos propositions et continuer à parler à une population qui nous est proche mais qui est beaucoup moins au fait de la situation politique que nous ici rassemblés. Attention aux fausses évidences, rien ne prouve qu’une candidature communiste dans les circonstances actuelles permettrait de populariser davantage nos idées et notre démarche. Pour terminer, un hommage à mes camarades cévenols : « On fait de la politique avec sa tête, pas seulement avec ses tripes ». 

 

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