PS: un vote pour ou des votes contre ?

Les résultats de la consultation des militants socialistes laissent apparaître essentiellement des perdants. Les leaders organiques que sont Bertrand Delanoë allié à François Hollande et Martine Aubry associée aux amis de Laurent Fabius enregistrent des scores qui sont le reflet d’une défiance des militants pour le parti et pour ceux qui s’y identifient plus particulièrement.
Les résultats de la consultation des militants socialistes laissent apparaître essentiellement des perdants. Les leaders organiques que sont Bertrand Delanoë allié à François Hollande et Martine Aubry associée aux amis de Laurent Fabius enregistrent des scores qui sont le reflet d’une défiance des militants pour le parti et pour ceux qui s’y identifient plus particulièrement. Benoît Hamon et Ségolène Royal, qui ont choisi au contraire de se distinguer du parti, le premier par l’idéologie, la seconde par la stratégie, ne font en définitive pas mieux. De tels résultats et cet éparpillement singulier démontrent surtout une profonde incertitude quant au visage actuel du socialisme français. Je propose de considérer ce scrutin, non comme le choix d’une personnalité au détriment d’autres, mais comme la traduction d’une hostilité commune des militants pour le principe même de la personnalisation du parti socialiste. Cela est répété souvent, et le scrutin nous le rappelle je pense, les militants attendent d’abord du parti un effort de propositions politiques et de réflexions intellectuelles, plutôt que la mise en orbite de l’homme ou de la femme providentiel dont l’énergie serait toute tournée vers la prochaine échéance présidentielle. Si c’était le cas, les militants auraient beaucoup mieux à faire en adhérant à l’UMP. L’urgence pour le parti ne serait-il pas de réunir, comme en 1974, des Assises du socialisme, et pourquoi pas, de vouloir « changer la politique » en attendant de « changer la vie », mais en se souvenant aussi que la personnalisation autour de François Mitterrand, avait précisément eu raison du vent nouveau initié par Michel Rocard et ses amis du PSU. Il s'agirait en d’autres termes pour le parti socialiste de s’oublier un peu, et de s’ouvrir au « vaste monde » comme dirait Jaurès.
Vincent Duclert

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