Le choix de François Hollande

François Hollande n’est pas encore officiellement candidat aux primaires socialistes, et pourtant c’est sa campagne actuellement menée dans le pays qui est aujourd’hui l’information la plus importante.

François Hollande n’est pas encore officiellement candidat aux primaires socialistes, et pourtant c’est sa campagne actuellement menée dans le pays qui est aujourd’hui l’information la plus importante.

 

Il était lundi en Bretagne, à l’invitation notamment de son ami Bernard Poignant, maire de Quimper. Hollande mène une campagne réelle, peu médiatisée, réticente à la mise en orbite d’une image sinon celle de la reconquête des Français par la dure exigence de la politique. Sa campagne repose sur la présence sur le terrain, le lien social, l’expression de la volonté, le devoir de raison, le respect de la vérité. Hollande fait de la politique. C’est-à-dire qu’il a à cœur de redonner au pays la conviction qu’une gauche responsable, digne, volontaire et engagée, puisse à nouveau voir le jour, après les graves désillusions de l’expérience mitterrandienne et de l’échec de 2002 –où les socialistes avaient perdu ce sens de l’action, de la fidélité et de l’audace, et après l’ébranlement de la séquence sarkozyenne où la politique n’est plus qu’un spectacle masquant la concentration du pouvoir et l’injustice sociale.

 

On aura, ici et ailleurs, l’occasion de revenir sur la valeur de la campagne de François Hollande, sans renoncer à l’esprit critique qui doit marquer toute parole sur la politique. On ne se contentera pas de cette brève analyse. Mais celle-ci est nécessaire aujourd’hui. Il est important, alors que l’ancienne candidate de 2007, Ségolène Royal, se déclare candidate aux primaires socialistes et que la direction actuelle du parti mise quant à elle sur une « dream team » DSK-Aubry pour juin 2011, de souligner l’intérêt profond que suscitent, pour les observateurs de la politique contemporaine, le travail et l’inspiration de François Hollande.

 

C’est l’une des rares embellies au milieu des obscurités d’un temps difficile. Cela lui permettra sans aucun doute de gagner en 2012. Parce qu’il apparaît comme capable de construire ce nouvel horizon de la politique indispensable au progrès démocratique. L’exigence intellectuelle qu’il souhaite mettre dans la compréhension du monde, le souci de transmettre aux Français la certitude d’un choix possible dans leur destin individuel et collectif, la volonté de se battre pour cette dignité de la France font sens, profondément.

Vincent Duclert

Ce billet surestime-t-il les qualités que l’on peut prêter à François Hollande ? C’est la question que beaucoup de lecteurs doivent se poser, et certains d’entre eux ont exprimé leur scepticisme en des termes parfois vifs (voir quelques commentaires).

L’objet de mon propos est d’indiquer un type d’attente pour une pensée et une action de la politique que la gauche pourrait défendre à l’heure des échéances majeures. Je pense que François Hollande est le plus proche aujourd’hui de cette exigence. A lui de continuer à le démontrer. Le sens de ce billet est bien de suggérer un certain niveau d’engagement moral dans la campagne qui commence.

 

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