Un choix responsable de rassemblement

Intervention préparée pour l’AG des communistes de Bagnolet du 15 novembre 2016.

Nous sommes dans une situation lourde de dangers, non pas d’abord pour le Parti Communiste, pour la gauche, mais pour notre peuple, pour toutes celles et ceux que Pierre Laurent à appelés dans son ouvrage récent – et d’autres avant lui - les 99%. Tous ensemble, nous les 99% donc, nous courrons le risque, à cause de la politique dirigée par Hollande et Valls, de l’arrivée au sommet de l’État d’une droite plus dure que tout ce que nous avons connu ces dernières décennies, qui veut porter plus loin et plus vite encore le travail de casse de tout ce que notre société peut encore porter comme solidarités. Et du côté extrême de la droite ce ne serait pas comme en 2002 parce que cette fois le risque existe aussi d’avoir un FN lui aussi aux portes du pouvoir, considérablement renforcé électoralement avec de nombreux députés.

Nous, nous avons vu très tôt ce danger. Nous avons eu raison d’alerter. Et c’est l’honneur de tous les communistes d’avoir voulu chercher passionnément la meilleure solution possible pour déjouer ce scénario catastrophe.

Nous l’avons fait à partir d’un constat conforté par nos multiples rencontres. Celles du tour de France de Pierre Laurent. Celles de chacun de nous comme militants dans notre entourage. C’est que - même si sur certains sujets les idées de droite ont dangereusement progressé - non, les Français ne sont pas devenus de droite. Ils participent à de nombreuses luttes pour les salaires, pour les droits, pour la défense des services publics, ou encore face au mépris patronal comme en témoigne dernièrement le conflit de Babou à Bagnolet. Sur bien des sujets, Impôt sur la Fortune, retraites, code du travail, ils sont infiniment plus à gauche que les propositions de tous les candidats à la primaire de droite. Le rejet de la loi travail, il faut le rappeler, a été très nettement majoritaire, estimé à certains moment jusqu’à 70% par les enquêtes d’opinion. Beaucoup de nos concitoyens en fait, tout en gardant des idées de gauche, sont dégoûtés de la politique telle qu’elle est aujourd’hui. Et le quinquennat actuel en porte une très lourde responsabilité. Cela ne veut pas dire qu’ils se désintéressent de la politique, au sens de la recherche des meilleurs choix collectifs par l’exercice de la démocratie. En témoigne le succès des nuits debout, des débats organisés dans le cadre de diverses mobilisations comme par exemple contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, celui des initiatives de démocratie participative dans les Municipalités que nous dirigeons, ou encore l’accueil positif, chaque fois que nous l’avons proposé avec audace et ambition, fait à notre questionnaire que demande le peuple.

Je vais même plus loin. Je dirais que jamais je n’ai rencontré dans le peuple de gauche un tel dégoût de l’élection présidentielle elle-même. Un dégout qui peut avoir plusieurs débouchés. Contradictoires. Il y a celles et ceux qui se préparent à quand même aller voter, surtout après ce qui vient de se passer aux États-Unis, mais par pur calcul, tout en gardant une défiance énorme envers tous les candidats quels qu’ils soient, avec le seul objectif de chercher le meilleur moyen d’écarter de la route du pouvoir celui ou celle qu’ils craignent le plus plutôt que d’en choisir un-e qui leur paraitra bien. Parce qu’ils ne croient plus qu’on puisse être quelqu’un de bien quand on est candidat à cette élection. Et il y a toutes celles et ceux, nombreux aussi, même si on a tendance à les oublier parce qu’ils n’expriment pas ce dégout par une intention de vote, qui pensent que ce n’est plus dans les urnes présidentielles que ça se passe, qui sont prêts à pétitionner, à faire grève ou battre le pavé. Même longtemps s’ils sentent que ça peut « tout faire péter » comme ils disent parfois. Mais se préparent à boycotter l’élection. Une idée que je comprends et que je respecte. Mais qui aboutit arithmétiquement à renforcer la présence des éléments les plus à droite au sommet de l’État avec des conséquences dramatiques pour notre peuple, pour l’écologie planétaire, pour la paix et la sécurité. D’autant que si rien ne bouge, il n’y a aucune raison que ces électeurs-là se déplacent davantage pour une législative. Qui leur paraitra encore plus jouée d’avance, une fois connus les résultats de l’élection présidentielle obtenus par défaut d’électeurs de gauche, par défaut, au fond, de leur propre voix. Et enfin il y a celles et ceux qui, bien qu’affirmant volontiers leur envie d’une sixième république, s’apprêtent à choisir un candidat qui mène pourtant une campagne très « cinquième république» mais dont les grandes orientations sont les plus proches des leurs. Ce candidat c’est Jean-Luc Mélenchon. Ça ne veut pas dire qu’ils soient tous aveugles sur les défauts du personnage, son égo conséquent, ses réparties autoritaires ou ambigües. Simplement ils se disent qu’il n’est pas tout seul et qu’il le sera peut-être de moins en moins, et que pour la 6ème république, on verra bien après l’élection.

Sur ce dernier point ils ont tort parce que la 6ème république, elle doit à mon avis déjà commencer à se construire dans la campagne elle-même. Je crois que la question qui nous est posée c’est comment transformer ce dégout, plutôt démobilisateur, en énergie positive. Comment permettre à tous ces citoyens-là d’exprimer ensemble, certes ce dégout, mais aussi dans le même temps leur espoir de changement. En leur donnant notamment le plaisir, voir une sorte de jouissance liée à la transgression d’un interdit, de se sentir participer à une subversion de cette élection  présidentielle dont ils constatent qu’elle n’aboutit aujourd’hui qu’à perpétuer des politiques largement interchangeables toujours au service des puissants.

Répondre à ce besoin suppose, de manière incontournable, de remettre l’élection législative au cœur du processus. Dans bien des circonscriptions, si nous parvenons à surmonter les divisions de la gauche anti-austérité, avec des candidatures communes, celles-ci peuvent devenir très vite la candidature identifiée comme celle de gauche capable de figurer au deuxième tour. Les tenants de la politique Hollande-Valls étant disqualifiés pour représenter la gauche. Et dans ces conditions, paradoxalement, le scrutin uninominal à deux tours qui a plutôt été conçu pour nous éliminer, peut jouer en faveur d’une progression de la représentation de notre courant à l’Assemblée. À commencer par les circonscriptions traditionnellement bien à gauche que le Front de Gauche a perdues parce qu’un socialiste était passé devant au 1er tour à la faveur de la dynamique Hollande, et où  cette fois-ci, peut être élu un-e député-e clairement à gauche, comme ici, à Bagnolet et à Montreuil.

Et ce sera fondamental d’avoir des députés communistes, des députés issus du Front de Gauche et plus généralement des députés de gauche anti-austérité, que ce soit dans le cadre d’une nouvelle majorité de gauche debout, que nous appelons de nos vœux, ou pour nous battre pied à pied contre la politique de droite et d’extrême-droite. Alors n’hésitons pas à le dire, à le redire, à le marteler jusqu’en juin : les députés, au bout du compte, ce sont eux qui votent les lois, qui ratifient les traités, pas le président. Ils peuvent même décider, le cas échéant contre un président, de se transformer en assemblée constituante ou d’en convoquer une. Ce serait un peu un putsch parlementaire ? Mais il y a bien au Brésil un putsch parlementaire de droite contre une présidente de gauche alors pourquoi pas l’inverse dans le cadre d’un grand mouvement populaire et citoyen ? C’est un peu utopique de dire ça dans le contexte actuel ? Mais les citoyens qui ont rempli le questionnaire ne se plaignent-ils pas justement que la politique française en manque, d’utopie ?

Des députés comme l’ont été dans ce mandat ceux, trop peu nombreux, du Front de Gauche, sont à la fois :

-          - des lanceurs d’alerte parce qu’ils sont en amont des dossiers qu’ils révèlent au grand public. Et comme ce sont, eux des lanceurs d’alerte protégés, il n’y a pas de raison de s’en priver.

-          -des empêcheurs de légiférer en rond par rapport à ceux qui, contrairement à une image répandue, travaillent, (à part peut-être Razzy Hammadi qui ne travaille pas beaucoup si j’en crois ce qu’en a dit patrice Bessac mercredi dernier), mais travaillent à nous pondre loi sur loi pour mieux nous faire exploiter, amoindrir nos libertés, faire cadeau sur cadeau aux actionnaires des moyens qui manquent tant à nos écoles, à nos hôpitaux, à nos communes, à nos vies.

-          - des relais de toutes les luttes anticapitalistes et transformatrices dans le lieu majeur de délibérations décisionnelles.

-         - des porteurs de toute une cohérence de propositions de lois alternatives qui donnent une idée d’un corpus de réformes socio-économiques, écologiques, démocratiques qui peuvent immédiatement être appliquées pour peu qu’elles deviennent majoritaires. Sans cesse enrichies au contact de militants associatifs et citoyens, de syndicalistes, de collectifs de lutte, des habitants et travailleurs de chaque circonscription concernée.

 Nous avons donc eu raison à Bagnolet et Montreuil, de rechercher très tôt, sans faire dépendre cela du débat présidentiel, une candidature susceptible de beaucoup rassembler, déjà portée par des forces locales diverses à gauche, capable de battre le député sortant pour tout ce qu’il représente, d’empêcher ici la droite et l’extrême-droite d’effectuer une percée et contribuant à ce que nous ayons, au plan national, un député supplémentaire clairement à gauche comme j’espère qu’il y en aura aussi dans un certain nombre d’autres circonscriptions. En tout cas pour nous c’est bien parti avec l’appel des 200 qui sommes maintenant 400 et la très belle initiative du 9 novembre dernier autour de Gaylord et Nathalie.

 Je crois que c’est en ayant tout cela en tête qu’il faut aborder notre choix concernant l’élection présidentielle.

Il me semble d’abord que nous avons eu raison de ne pas nous engager au début de l’année dans la démarche de La France Insoumise. En rompant le cadre du Front de Gauche, en lançant unilatéralement sa candidature et sa campagne, en créant son propre parti, en passant par pertes et profits les formations politiques existantes et en jouant sur le registre gaullien du destin d’un homme qui rencontre celui d’un peuple, Jean-Luc Mélenchon donnait un plutôt mauvais signe qui n’allait ni dans le sens du nécessaire élargissement par rapport au Front de Gauche historique, notamment pas dans le sens d’une co-construction de campagne avec les électeurs et militants anti-austérité du PS et d’EELV, ni dans le sens de la nécessaire dé-présidentialisation des consciences – pour laquelle j’ai montré qu’il y a un terrain plus propice – dé-présidentialisation des consciences dont il faut bien qu’elle passe par une certaine dé-présidentialisation de la campagne.

Je ne suis pas sûr par contre que nous ayons eu raison de nous montrer ouverts à participer à une primaire. Cela partait d’une belle volonté de main tendue à tout ce qui à gauche, conteste l’austérité et la casse du droit du travail. Mais outre que cela contredisait là aussi notre objectif de dé-présidentialisation de la campagne, le périmètre de cette primaire n’a jamais été clair. Et n’y avait-il pas des illusions sur la volonté des uns et des autres - qui ont pu un temps se montrer intéressés - d’aller au bout de cette démarche dans le sens que nous voulions nous c’est-à-dire en entérinant la disqualification des tenants de l’actuel gouvernement ? Certes nous ne voulions pas d’une primaire à l’américaine mais d’une primaire en deux temps, portant dans un premier temps sur des programmes, puis sur les candidats les mieux à même de porter le programme choisi, dont nous avions des raisons de penser qu’il pouvait être un programme plutôt bien à gauche. Mais ce n’est pas franchement le message tel qu’il a été perçu. Aujourd’hui force est de constater que le retentissement de nos initiatives est loin de ce que nous escomptions. Nous nous sommes vite retrouvés les seuls, comme force politique organisée, à vouloir de cette primaire d’un nouveau type. Nous avons voulu relancer la machine avec le questionnaire. Nous parlions de 500 000 retours. Nous en avons eu 65 000. C’est remarquable et inédit certes, mais très en deçà de l’objectif et surtout, pas de nature à peser suffisamment. La restitution d’ailleurs n’a été regardée en direct, malgré toute la justesse de la démarche, que sur quelques centaines de connexions internet avec peu d’écoutes collectives et je crois qu’il en avait été à peu près de même auparavant pour les lundis de la gauche. Enfin la pétition vivement la gauche lancée dernièrement, me semble peiner à dépasser les 10000 signataires au bout de 5 semaines, ce que certes, beaucoup de partis pourraient nous envier mais qui ne correspond même pas à un cinquième de nos propres adhérents cotisants. Quand je dis tout cela je ne jette pas la pierre aux délégués au congrès ou à nos dirigeants. En politique nous ne sommes jamais seuls et beaucoup ne dépend pas que de nos propres initiatives. Mais je constate que nous n’avons pas encore réussi, alors que l’échéance arrive à grand pas, à enclencher la dynamique que nous appelions de nos vœux.

Dans le même temps, que cela nous fasse plaisir ou non, la candidature Mélenchon est installée dans le paysage politique, y compris avec la perception, plus forte qu’en 2012, qu’elle peut être la première candidature issue de la gauche au soir du 1er tour. Certes nous avons des désaccords avec certains éléments de son programme mais nous en avons aussi avec d’autres avec qui nous souhaitions - et nous le souhaitons encore dans la mesure du possible - déboucher sur une candidature commune. Et quand j’y regarde de près, le programme que défend celui qui était notre candidat en 2012 me semble très proche de l’Humain d’abord qui en constitue le socle et la référence, compatible avec le nôtre à… disons au moins 90%. Et en tous cas autrement davantage que celui de Montebourg, dont il a été parfois question comme candidat commun possible, qui veut, lui, un compromis historique entre les classes sociales, continue de promouvoir des baisses d’impôts directs et des exonérations de contribution des entreprises sans dire comment il les finance, propose de vendre des millions de logements HLM ou encore d’instaurer un code du travail allégé pour les PME. Pas franchement des positions très à gauche c’est le moins qu’on puisse dire. J’ajoute que sur certains points le programme de La France Insoumise me semble plus en phase avec des mouvements profonds de la société porteurs d’avenir que de nos propres orientations encore trop marquées par les vieilles logiques productivistes. Je pense par exemple à l’opposition à l’aéroport de Notre Dame Des Landes, à l’idée de règle verte même si cela me semble davantage relever du projet de société que d’un programme électoral. Et je trouve plutôt sympathiques et courageux les propos de Mélenchon sur la nécessité pour la santé et la planète de réduire substantiellement notre alimentation carnée et par conséquent d’œuvrer à refonder dans cette direction les politique agricoles et alimentaires, même si j’aurais préféré qu’il le dise dans l’Huma plutôt que dans Voici. Maintenant si je prends des questions sur lesquelles je lis parfois sur les réseaux sociaux, aussi bien d’ailleurs de la part de membres de notre parti que de partisans de La France Insoumise, que nous aurions des désaccords de projet, si insurmontables, si rédhibitoires qu’il n’y aurait plus grand-chose de commun entre nous, cela ne résiste pas à un regard un peu objectif. Je ne développerai rapidement que l’exemple de l’Europe. Car il faudra quand-même m’expliquer un jour la différence profonde entre le plan B de Mélenchon et notre position depuis le congrès qui est de ne pas écarter l’éventualité de désobéir aux traités (avec donc le risque assumé d’être virés de l’Union Européenne) et même maintenant l’éventualité de construire une Europe à géométrie variable !

Quand je fais le cumul de tous les paramètres, proximité programmatique, visibilité de la candidature, échec de notre démarche de primaires et enfermement de tous les courants du PS et des Verts dans leurs propres primaires partisanes, je pense que soutenir maintenant la candidature Mélenchon serait d’abord perçu par le peuple de gauche comme un nouveau geste de rassemblement et d’ouverture. D’autant que nous continuerons par ailleurs - et je me réjouis que la Conférence Nationale soit tombée à 90% d’accord là-dessus – à promouvoir et faciliter un rassemblement encore plus large. Cela nous laissera les mains plus libres pour nous engager à fond dans la bataille des législatives. Au passage, dans une circonscription comme la nôtre si jamais l’organisation La France Insoumise voulait mettre des bâtons dans les roues de notre candidature (car je sais bien qu’il y a des velléités de ce type confirmées par l’annonce de la démarche et de la fameuse charte pour les législatives), elle aurait un peu de mal à contredire l’argument d’antériorité que pour la présidentielle elle aura elle-même fait prospérer depuis des mois afin, de son point de vue, de la rendre incontournable.

A l’inverse de l’option Mélenchon, choisir maintenant celle d’une candidature communiste, outre que le ou la candidat-e ne serait identifiée que fin décembre début janvier, soit juste quelques semaines avant la primaire du PS, ne brouillerait-il pas tout le discours que nous avons tenu jusqu’ici sur le rassemblement ? Quelle crédibilité en effet à tout ce que nous disons sur la nécessité d’une candidature commune, si nous-même nous commençons par en ajouter une à toutes celles qui existent déjà ? Et nous aurions quel candidat à la candidature ? André Chassaigne ? Qui continuera à dire qu’il est prêt à se retirer en fonction de la primaire socialiste ? Donc immanquablement face à lui un candidat communiste « pur sucre » qui dirait aussitôt « me retirer, moi jamais ». Tout le débat des communistes en décembre tournerait autour de cette question. Sa perception serait pour beaucoup, que nous le voulions ou non, que les communistes hésitent entre un candidat qui se maintiendra et un candidat qui se prépare à rallier un candidat du PS, pourtant enfermé aujourd’hui dans une primaire qui a vocation à inclure ceux dont précisément nous ne voulons plus à gauche et dans le pays ! Alors que dans le même temps nous continuerions de refuser nos parrainages à quelqu’un avec qui nous partageons tant d’éléments du programme politique et tant de combats communs ou convergents ces dernières années, qui comprendra quelque chose à une telle tambouille politicienne ? Cela ne relancera-t-il pas comme jamais les accusations mutuelles de social-traîtrise, les suspicions échangées de vouloir préparer la défaite, les rancunes et les ressentiments déjà parfois si tenaces ? Tout cela est-il mobilisateur d’une dynamique politique nationale en vue notamment des législatives ? Est-ce vers ça que nous avons voulu aller ? Je pense que comme moi à ces questions vous répondez non.

Et bien quand on répond non à ces questions, ne se prononce-t-on pas finalement, comme je le fais moi-même après longue mais mure réflexion, pour l’option favorable à la candidature de Jean-Luc-Mélenchon ?

Ça reste évidemment un soutien critique. Qui ne nous engage pas dans La France Insoumise. Et surtout pas dans une quelconque allégeance à une charte des législatives qui nous ferait retourner 25 ans en arrière sur notre principe de travail autonome des groupes d’élus. Et accessoirement nous ferait perdre un élément essentiel du financement autonome de l’outil irremplaçable que constitue jusqu’à preuve du contraire le PCF, financement fondé comme nous le savons, en très grande partie sur les reversements d’indemnités d’élus très loin devant tous les autres partis.

Pour conclure je voudrais dire que ce choix que je propose ne me situe surtout pas dans un camp communiste qui chercherait à battre un autre camp communiste. D’ailleurs nos différences entre communistes sur cette question - c’est une réflexion que je me fais depuis quelques temps - sont-elles si stratégiques que nous le disons parfois ? Ne sont-elles pas surtout des différences d’appréciation du rapport de forces à un moment donné ? Pour laquelle il y a toujours une part de subjectivité. Et j’en revendique moi-même ma part même si je me suis efforcé dans mon propos de rester le plus objectif et factuel possible. Nos différences ne sont-elles pas surtout au fond des différences de perception de la bonne tactique – non ce n’est pas un gros mot - qu’il convient de mettre en oeuvre pour permettre le plus large rassemblement ? Aussi quel que soit le choix qui se dégagera le 26 novembre, je ne doute pas que les militants du PCF resteront unis. Simplement je préfère qu’au lendemain de la séquence électorale nous soyons unis au milieu d’un mouvement plus large  - même s’il ne le sera peut-être pas autant que nous l’aurions souhaité - plus large et lui-même uni, qu’unis dans un camp retranché derrière un gigantesque mur d’incompréhension. Parce que ce n’est que dans le premier cas que nous continuerons, comme parti, d’être vraiment utiles à notre peuple dans cette période à la fois si lourde de danger et si chargée d’aspirations à des changements radicaux. En tous cas c’est ma conviction. Je tenais à bien prendre le temps de l’argumenter devant vous.

En vous priant de m’excuser d’avoir été long je vous remercie de votre patiente attention.

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