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Le Club de Mediapart sam. 27 août 2016 27/8/2016 Édition de la mi-journée

Nasdarovie du dimanche

Le départ de Depardieu pour la Russie, au son des balalaïkas, fait oublier aux malheureux moujiks français condamnés à supporter le knout fiscal  la grande tradition de l’amitié franco-russe (oui, merci je reprendrai bien de la vodka), et réduit le Russe à la caricature d’un Poutine venant draguer Obélix, le passeport entre les dents.

Le départ de Depardieu pour la Russie, au son des balalaïkas, fait oublier aux malheureux moujiks français condamnés à supporter le knout fiscal  la grande tradition de l’amitié franco-russe (oui, merci je reprendrai bien de la vodka), et réduit le Russe à la caricature d’un Poutine venant draguer Obélix, le passeport entre les dents. (Voir l'hilarante page FB de Mister Go http://www.facebook.com/#!/mistergo2012)

 © Mister Go © Mister Go

Cependant,  cette regrettable image ne doit pas faire oublier les liens et la profonde amitié franco-russes. Soixante-dix ans de stalinisme n’ont pas réussi à éreinter cette amitié vieille comme les bistrots (du russe bistra быстро, : vite, n’en déplaise à Alain Rey). Cette amitié a eu des impacts divers dans le paysage de nos deux pays : contrairement à une idée répandue, les fameuses barres d’immeubles soviétiques ont été inspirées par les HLM français (et non l’inverse).

Que l’on permette à un petit-fils d’émigré Russe de s’offusquer du comportement de ce koulak aux manières de barine de mes zvaïa, et d’essayer de rappeler qu’il y a du bon dans l’âme slave, au-delà des langueurs lacrymogènes du Lac des Cygnes et autres clichés Karamazovski. La force des Russes a ceci de commun avec la furia francese, qu’ils sont capables de supporter stoïquement (oui merci, vous pouvez me resservir) des souffrances immenses, à tel point que l’autre идиот ne s’en rend même pas compte. Certes, ces souffrances s’incarnent cycliquement en d’inquiétants dictateurs, lesquels ne seront pas confondus avec le peuple de la rue, qui est à peu près comme nous (oui, merci, mon verre est vide).

La conjoncture semble propusk au départ vers la Russie des gros pleins de soupes aliénés par leur argent, mais il faut néanmoins rappeler que la France a été longtemps terre d’accueil d’émigrés russes, soit qu’il s’agît de Russes blancs, soit de refuzniks venant s’abriter chez nous, soit plus récemment de chercheurs en tous genres quittant la Sainte Russie. Je viens de recevoir à l’instant les vœux de collègues installés en France, et renonçant peu à peu au retour chez eux, compte-tenu de la situation misérable des enseignants et chercheurs là-bas (en l’occurrence des Ukrainiens, plutôt). Nasdarovie, da, spasiba. (Ah ben on m’a resservi).

Les jeunes d’aujourd’hui ont sans doute oublié le mythe du chauffeur de Taxi russe émigré, qui sillonnait Paris depuis les années 30 pour finir en de fugaces apparitions dans des romans de Modiano  (encore que, j’ai dernièrement été conduit par un chauffeur au fort accent slave), et ils ne sont plus très nombreux les fidèles venant écouter les chants en slavon de la petite église Saint Séraphin de Sarov en plein Paris, rue Lecourbe, petite église en bois, construite autour d’un arbre, aux frais de la diaspora russe des années 20. (Eglise peu connue des Parisiens qui passent devant le 90 rue Lecourbe sans même en connaître l'existence)

 

A son détriment, Depardieu découvrira que les cérémonies orthodoxes durent trois fois plus de temps que les cérémonies catholiques (tout étant triplé au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit), et pour le punir on ne lui dira pas qu’en contre-partie, elles sont open : on rentre et sort comme on veut. Autres particularités des rites orthodoxes, mais qui devraient réjouir l’olibrius : les bébés communient dès le premier jour, par une bonne rasade de vin de table (merci, oui, vous êtes gentil ; à la vôtre).

Cependant, attristé par la crétinerie balchoï  de ce barnum médiatique, révélateur d’une roublarde invasion mentale par le fric, je ne peux rien faire d’autre que ces quelques blinis (pour 6 personnes), que nous mangerons à la mémoire de Pasternak.

Acheter de la farine de sarrazin et de la farine blanche (blé).

Préparer une tasse  et 1/2  de farine blanche et une 1/2 tasse de farine de sarrazin.

Prendre 3 œufs, séparer 2 jaunes garder 3 blancs, jeter un jaune.

Faire monter en neige les 3 blancs.

Quand le blanc monté est quasiment solide, ajouter les deux jaunes ayant été réservés. Puis verser un demi-sachet de levure chimique.

Verser progressivement la farine, ajouter progressivement une tasse ½ de lait environ de façon à obtenir une pâte plus visqueuse que de la pâte à crêpe, mais moins visqueuse que de la pâte à gâteau. Ajouter une pincée de sel et une petite cuillère à café de sucre.

Le point crucial dans la réussite des blinis est la cuisson.

Prévoir des poëles à blinis. Les chauffer à thermostat 4,5. Beurrer la poële, verser une petite louche de pâte dedans.

Voici maintenant la révélation du secret des blinis :  attendre impérativement que des bulles se soient formées sur la face supérieure du blinis pour le retourner.

Ce faisant, votre surface est perforée, et le blinis est bien aéré. Si les bulles sont apparues d’un côté, le blinis est parfaitement cuit de l’autre.

Si les bulles ne montent pas facilement, c’est que la pâte est trop visqueuse : ajouter du lait. Ou bien c’est qu’il n’y a pas assez de levure, ajouter de la levure.

 Jongler avec deux poëles pour faire un grand nombre de blinis rapidement.

Servir avec du tarama, des sprats, du saumon, des roll-mops.

Et de la vodka. Faire un toast.

 

Pour la recette du bortch familial on attendra le départ de Brigitte Bardot.

 

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;-))

http://blogs.mediapart.fr/blog/dianne/070113/bientot-sur-vos-ecrans