J'ai la grosse tête.

Les congrès à l’étranger ont parmi d’autres vertus, celle de vous faire visiter le pays à peu de frais. Je précise pour ma part que je ne vais en congrès à l’étranger pratiquement que sur invitation, en foi de quoi, je ne coûte rien au contribuable, au moins dans ce domaine.

Les congrès à l’étranger ont parmi d’autres vertus, celle de vous faire visiter le pays à peu de frais. Je précise pour ma part que je ne vais en congrès à l’étranger pratiquement que sur invitation, en foi de quoi, je ne coûte rien au contribuable, au moins dans ce domaine.

Ayant eu l’occasion d’aller en congrès à Mexico, j’ai pu y faire une découverte, si j’ose dire, stupéfiante et qui n’est pas sans rapport avec la thématique de ce blog. Laquelle est l’embryologie physique, pour ceux qui auraient perdu le fil avec tous les billets plus ou moins politiques.

La découverte est la suivante. Amateur à mes heures d’art précolombien, j’ai une fâcheuse tendance à aller au musée du Quai Branly, voire à collectionner deux statuettes léguées par mes parents. Dans ma grande naïveté, j’ai toujours pensé que les crânes allongés, applatis et difformes des statues précolombiennes :

 © Masque Téotihuancan © Masque Téotihuancan
étaient une sorte de licence artistique, comme c’est le cas par exemple pour les statues grecques des Cyclades.

Or à ma grande surprise, j'ai vu dans une vitrine du musée archéologique de Mexico un kit mexica expliquant comment déformer les têtes (désolé je n’ai pas la photo). En réalité, les Précolombiens avaient vraiment les têtes comme ça. La déformation des crânes était une pratique courante, elle était produite en appliquant des lattes de bois pour écraser la tête du jeune bébé (laquelle est très molle). Sans doute certaines familles se déformaient les têtes de père en fils de la même façon, un peu comme les Ecossais portent le même kilt par clans. Voici des exemples de crânes d'individus "Précolombiens"

Cette activité montre que la matière vivante est très « plastique », et que l’embryologie, ainsi que le développement du jeune enfant, sont des sciences mécaniques, de la matière molle. Nous déformons les têtes de l'extérieur, mais au cours du développement, le principe est le même, les forces viennent seulement, de l'intérieur. On reconnaît une trace de ce principe en orthodontie, puisqu’il suffit de tirer lentement, mais sûrement, sur les dents, pour les remettre en place; cependant les dents se déplacent également toutes seules dans la mâchoire, au fil du temps. Une demoiselle de ma connaissance avait une dent de plus d’un côté de la mâchoire, en arrachant une dent d’un côté et en tirant sur toutes les dents de l’autre, il a été possible de lui rendre une dentition parfaitement symétrique (mais je ne pense pas qu’elle soit d’accord pour que je mette les photos de ses dents sur mon blog, cependant vu ce que ça a coûté à ses parents, on peut estimer avoir des droits).

Les déformations du crânes sont également courantes et asymptomatiques, chez les enfants qui sont couchés toujours du même côté et finissent plagiocéphales. La plagiocéphalie peut se corriger dans la prime enfance, par le port de casques (orthèses crâniennes) qui exercent une compression antagoniste à la déformation. Je ne montre pas de photos de face, par respect pour ces bébés.

Sur ce site :

http://clairechauvet.unblog.fr/

Une maman relate le traitement de la plagiocéphalie de son fils, ça vaut le détour.

Par conséquent, les médecins d’aujourd’hui pratiquent en fait, un art précolombien bien connu en son temps.

 

Photo crâne Cuzco : Bryan J. Morrow.

Photo vitrine : http://www.visionforum.com/news/blogs/doug/2011/02/9177/

Photo plagiocéphalies :http://www.wiegedood.nl/scheefhoofdigheid

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