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Le Club de Mediapart sam. 27 août 2016 27/8/2016 Édition de la mi-journée

Interview de Vincent Laarman sur le classement des écoles françaises

Spécialiste des questions éducatives, Vincent Laarman nous donne son point de vue sur la situation des écoles françaises, leurs mauvais résultats comparés à nos voisins européens et au reste du monde. Il nous propose des pistes pour améliorer cet état de fait.

 

Que pouvez-vous nous dire du dernier classement PISA ?

 

Vincent Laarman ,

L'OCDE a publié récemment le classement PISA révélant le niveau des établissements scolaires sur le plan international. La France est mal classée. Elle obtient notamment des résultats plutôt médiocres dans le domaine de la lecture nommée aussi « compréhension de l'écrit ». Elle chute à la 21ème position, laissant devant elle la Finlande, la Corée, la Pologne, l'Irlande ou encore la Belgique. En fait la situation se dégrade depuis une bonne décennie, creusant tous les ans un peu plus les différences entre les élèves français. Ils sont de plus en plus nombreux à rencontrer des difficultés dans l'apprentissage de la lecture.

 

Selon vous, quels sont les principaux obstacles rencontrés par les élèves français ?

 

Vincent Laarman :

Je pense que la méthode globale utilisée par la majorité des enseignants français, et les différentes techniques qui en découlent, ne sont pas adaptées. Elle a notamment des effets néfastes sur les élèves en difficultés. Apprendre à lire en photographiant les mots est inapproprié. On sait depuis quelques années que cette méthode cause des dégâts sur l'ensemble des enfants et particulièrement sur ceux qui réclament une attention prononcée.

 

La méthode globale a-t-elle déjà été remise en question ?

 

Vincent Laarman :

Oui, il y a quelques années un ministre de l'éducation a tenté d'inciter les enseignants à pratiquer un déchiffrage précoce, qui est une forme édulcorée de la méthode syllabique. Mais la circulaire publiée à l'époque s'est soldée par un tollé général, les enseignants brandissant leur droit à la liberté d'enseigner. Ce sujet demeure aujourd'hui très sensible au sein du corps enseignant. Et d'une partie de la classe politique.

 

Alors, comment se positionner face à ce phénomène qui paraît prendre de l'ampleur ?

 

Vincent Laarman :

Le problème réside essentiellement dans le fait qu'il va falloir sortir de cette impasse. Étant donné que la France chute année après année dans les différents classements internationaux, nous allons être forcés de prendre le problème de l'apprentissage de la lecture à bras le corps.

Actuellement, on estime que 15% des élèves quittent le système scolaire en étant illettrés, sans compter les milliers d'enfants qui ne savent pratiquement pas lire en entrant au collège.

 

Comment inciter les enseignants à utiliser la méthode d'apprentissage de la lecture que vous préconisez ?

 

Vincent Laarman :

Il faut leur faire prendre conscience de l'ampleur du phénomène, leur montrer que les dernières études menées dans les pays anglo-saxons notamment indiquent que la méthode syllabique vient en aide à un nombre d'élèves très élevé, et s'en servir pour créer un nouveau débat au sein de la communauté enseignante. Et surtout ne plus laisser notre système scolaire se dégrader.

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