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Billet de blog 9 nov. 2014

Par exception ...

Vincent Présumey
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 De façon je l'espère tout à fait exceptionnelle, je mets sur mon blog de Mediapart un article émanant de mon organisation syndicale départementale. Le contenu l'expliquera (sur l'Ukraine, attendez un peu, vous n'y perdrez rien ! ).

Mise au point de la FSU de l’Allier.

La FSU estime le travail des journalistes. L’article suivant paru dans la Montagne de ce dimanche dans la rubrique « Coulisses de l’actu » n’est pas un article de journaliste, mais de politicien, qui plus est anonyme :

« La FSU boycotte Vallaud-Belkacem à cause de Cazeneuve … qui n’est pas venu. Vendredi matin, avant la visite de la ministre de l’Education nationale, le syndicat FSU de l’Allier faisait parvenir un communiqué aux médias. La FSU « aurait volontiers demandé un rendez-vous pour discuter de la situation de l’enseignement public. ». Mais la venue de Najat Vallaud-Belkacem « étant associée à celle du ministre de l’Intérieur qui semble assumer pleinement l’assassinat (sic) récent d’un manifestant » et leur syndicat « n’ayant pas été invité » à l’atelier service public des assises de la ruralité, ils n’ont pas demandé de rendez-vous. Sauf que le ministre Bernard Cazeneuve s’est décommandé à la dernière minute … Le syndicat enseignant FSU devrait par ailleurs ouvrir un dictionnaire pour lire la différence (pénale) entre un « homicide » volontaire ou involontaire et un « assassinat ».

Un « assassinat » est, selon le Robert un « meurtre commis avec préméditation, un guet-apens ». Dans la nuit du 25 au 26 octobre dernier, le manifestant Rémi Fraisse était tué sur le coup par une grenade offensive dite OF F1, arme militaire datant de la guerre de 14-18 dont seuls les gendarmes étaient dotés (jusqu’à la suspension de leur emploi par le ministre Cazeneuve, postérieurement au drame). Cette arme devait en principe être lancée à terre dans des cas précis. Elle a ce soir là été lancée en l’air et a atteint Rémi Fraisse, lequel ne menaçait pas les gendarmes. L’ordre de lancer la grenade découle des décisions de la chaine de commandement, qui remonte au moins au préfet du Tarn. Le constat des médecins légistes ne laissait aucun doute sur les faits, mais ceux-ci ont d’abord été, de propos délibéré, occultés ou niés par les représentants de l’Etat, le premier ministre déclarant avant toute enquête, et en le disant, qu’aucune mise en cause des forces de l’ordre ne serait acceptable. Le ministre Cazeneuve déclarait sur Public Sénat le 28 novembre qu’ « il ne s’agit pas d’une bavure ». En dehors de la reconnaissance verbale de sa « compassion », le pouvoir exécutif a assumé pleinement ce qui s’est passé là. A son service, le président de l’Assemblée nationale a considéré comme outrageant le simple fait que l’on puisse envisager une minute de silence de la représentation nationale à la mémoire de Rémi Fraisse. Nous disons donc, en pesant nos mots, « assassinat », et assassinat « assumé » par le ministre. Qui est l’assassin ? Ce serait à la justice de le dire, mais il est clair que la responsabilité des faits met en cause toute la chaine de commandement jusqu’au sommet de l’Etat.
Les faits sont abondamment exposés dans la presse nationale. En croyant s’amuser à faire une leçon de sémantique à des enseignants, notre politicien anonyme prend en réalité parti. La gravité de ces faits, qui constituent hélas un tournant politique de plus vers le pire dans notre pays, justifiait pour le moins que nous hésitions à demander un rendez-vous dans ces circonstances.
S’y est ajouté la non invitation des syndicats départementaux à « l’atelier » et, finalement, une vaste partie de cache-cache sur les lieux qui seraient visités et les horaires des ministres, surtout de M. Cazeneuve qui n’est finalement pas venu. Notre politicien anonyme semble s’amuser de la situation dans laquelle nous avons été placés, alors que son comique involontaire retombe pourtant sur les organisateurs de la surprise-party.

Nous adressons ce courrier au journal et le rendons public avec les moyens qui sont les nôtres, afin que chacun puisse juger.

Le secrétaire départemental de la FSU, 9 novembre 2014.

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