Crimée, petit bilan d'étape, 16 mars.

Officiellement 25% des habitants de la Crimée ont refusé de prendre part au référendum, et 7% des votants n'ont pas voulu voter pour "la Russie", dans une situation où l'armée russe est déployée, la surveillance généralisée, et où les deux tiers des habitants, se considèrent de longue date comme des Russes et sont déjà en position de nation dominante envers les minorités.

Ce n'était pas un référendum d'autodétermination, mais une opération d'intimidation contre les Ukrainiens, les Tatars, et contre les Russes qui pensent autrement, dont la manifestation hier à Moscou étaient plus importante que celle organisée par l'appareil d'Etat.

Seul un éloignement profond envers la lutte des classes et la réalité que vivent les peuples peut faire croire à des militants occidentaux se voulant à la gauche de la gauche qu'il s'agit d'une victoire (de qui ?) sur l'OTAN, les rapports de force militaire n'étant d'ailleurs pas modifiés par ce pseudo référendum (la Russie a aprés comme avant sa présence militaire en Crimée, et les forces de l'OTAN sont après comme avant supérieures au niveau de l'ensemble de la mer Noire). Ce n'était pas principalement un épisode de l'affrontement entre les camps impérialistes géostratégiques, mais un épisode prévu et annoncé, presque ennuyeux, de l'affrontement entre les pouvoirs capitalistes, bureaucratiques, oligarchiques, et les peuples de la région, au premier rangs desquels le peuple ukrainien et le peuple russe.

Le tiers de la population de Crimée qui, d'aprés les chiffres officiels eux-mêmes, n'a pas pris part à ce simulacre, confirme que l'affrontement continue.

(NB, dans quelques heures ou quelques jours, article plus long sur l'histoire de la question nationale ukrainienne).

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.