Vincent Présumey
Abonné·e de Mediapart

237 Billets

0 Édition

Billet de blog 16 juil. 2015

Le vote au parlement grec.

Vincent Présumey
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 Le vote au parlement grec (dans la nuit du 15 au 16 juillet 2015).


1) sur les 149 députés de Syriza, 110 ont voté Pour le plan de la honte, violant le mandat de leurs électeurs de janvier et le mandat populaire du 5 juillet, ainsi que la position prise par la majorité des membres de la direction de leur propre parti et de nombreux comités et instances de ce lui-ci, , et illustrant ce principe de la démocratie parlementaire qui veut que l'élu échappe aux électeurs, soulignant ainsi le besoin de vraies assemblées avec des élus responsables et révocables, pour une vraie démocratie. 32 ont voté contre (dont, et c'est important, finalement Y. Varoufakis, et la présidente du parlement Zoé Konstantopolou), 6 se sont abstenus et un n'est pas venu.


2) comme prévu les partis bourgeois européistes et le PASOK ont voté Pour : 76 voix de Nouvelle Démocratie, 17 voix de To Potami, 13 voix du PASOK. La "surprise" est venue du parti de droite souverainiste ANEL, dont la participation au gouvernement Tsipras au poste clef de la Défense a pu passer pour la preuve que son gouvernement, s'il n'était pas un gouvernement anticapitaliste, était un gouvernement de salut national : les "souverainistes", protecteurs des intérêts capitalistes nationaux (armateurs, colonels, popes ! ), bouclent la boucle en disant à leur tour Oui au plan mortifère de l'eurogroupe (13 voix). Fermez le ban.


3) cela fait donc 229 voix Pour. Le KKE (PC grec, qui avait appelé au vote nul le 5 juillet) a voté Contre (15 voix), ainsi que les néonazis d'Aube dorée (17 voix) qui espèrent bien tirer les marrons du feu.


Si on enlève ces derniers, les votes contre des députés Syriza qui représentent leur base et la majorité de leur parti, contre les vrais casseurs de la discipline que sont Tsipras et les autres députés, ceux du KKE qui, bien qu'ayant une lourde responsabilité dans la dérive de la direction de Syriza qu'il a toujours souhaitée et anticipée, se retrouve via le réseau syndical PAME dans la rue avec les opposants qui ont voté Non le 5 juillet, ces votes rejoignent les forces sociales qui manifestaient hier soir : le syndicat du secteur public ADEDY qui appelle au non paiement de la prétendue "dette", Antarsya, les anarchistes, et au delà ils rejoignent l'écrasante majorité du peuple grec.

Un gouvernement démocratique, défendant réellement la souveraineté du pays en affrontant le capital européen et national et en appelant les autres peuples à la lutte commune, serait un gouvernement de ces forces : lui, il serait majoritaire.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Exécutif
Une seule surprise, Pap Ndiaye à l'Éducation
Après vingt-six jours d’attente, Emmanuel Macron a nommé les vingt-sept membres du premier gouvernement d’Élisabeth Borne. Un casting gouvernemental marqué par sa continuité et toujours ancré à droite. La nomination de l’historien Pap Ndiaye à l’Éducation nationale y fait presque figure d’anomalie.
par Ilyes Ramdani
Journal — Gauche(s)
Union de la gauche : un programme pour mettre fin au présidentialisme
Jean-Luc Mélenchon et ses alliés de gauche et écologistes ont présenté le 19 mai leur programme partagé pour les élections législatives, 650 mesures qui jettent les bases d’un hypothétique gouvernement, avec l’ambition de « revivifier le rôle du Parlement ». 
par Mathieu Dejean
Journal
Écologie politique : ce qui a changé en 2022
Les élections nationales ont mis à l’épreuve la stratégie d’autonomie des écologistes vis-à-vis de la « vieille gauche ». Quel dispositif pour la bifurcation écologique, comment convaincre l'électorat : un débat entre David Cormand, Maxime Combes et Claire Lejeune.  
par Mathieu Dejean et Fabien Escalona
Journal — France
À Romainville, un site industriel laissé à la spéculation par la Caisse des dépôts
Biocitech, site historique de l’industrie pharmaceutique, a été revendu avec une plus-value pharaonique dans des conditions étranges par un promoteur et la Caisse des dépôts. Et sans aucune concertation avec des élus locaux, qui avaient pourtant des projets de réindustrialisation. 
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
L'effondrement de l'écologie de marché
Pourquoi ce hiatus entre la prise de conscience (trop lente mais réelle tout de même) de la nécessité d’une transformation écologique du modèle productif et consumériste et la perte de vitesse de l’écologie politique façon EELV ?
par jmharribey
Billet de blog
Rapport Meadows 9 : la crise annoncée des matières premières
La fabrication de nos objets « high tech » nécessite de plus en plus de ressources minières rares, qu'il faudra extraire avec de moins en moins d'énergie disponible, comme nous l'a rappelé le précédent entretien avec Matthieu Auzanneau. Aujourd'hui, c'est Philippe Bihouix, un expert des questions minières, qui répond aux questions d'Audrey Boehly.
par Pierre Sassier
Billet d’édition
Pour une alimentation simple et saine sans agro-industrie
Depuis plusieurs décennies, les industries agro-alimentaires devenues des multinationales qui se placent au-dessus des lois de chaque gouvernement, n’ont eu de cesse pour vendre leurs produits de lancer des campagnes de communication aux mensonges décomplexés au plus grand mépris de la santé et du bien-être de leurs consommateurs.
par Cédric Lépine
Billet de blog
Reculer les limites écologiques de la croissance… ou celles du déni ?
« À partir d’un exemple, vous montrerez que l’innovation peut aider à reculer les limites écologiques de la croissance ». L' Atécopol et Enseignant·es pour la planète analysent ce sujet du bac SES, qui montre l’inadéquation de l’enseignement des crises environnementales, et les biais de programmes empêchant de penser la sobriété et la sortie d’un modèle croissantiste et productiviste.
par Atelier d'Ecologie Politique de Toulouse