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Billet de blog 19 févr. 2015

Merkel, Hollande ... et Sarkozy face à la Russie : la leçon de choses de Minsk.

Vincent Présumey
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Merkel, Hollande … et Sarkozy face à la Russie : la leçon de choses de Minsk.

Le présent texte devait initialement être la première partie d’un texte en trois parties. J’espère pouvoir travailler rapidement aux deux parties suivantes : l’une consacrée à l’orientation nord-américaine, l’autre à l’impérialisme russe comme nouveau « maillon faible ». Que les lecteurs soucieux du peu de mentions des Etats-Unis, notamment, comprennent donc que ceci est prévu pour la suite. Vu l’actualité et vu la cohésion de ce qui suit, il m’a paru préférable de le diffuser tout de suite.

Hollande menace Poutine ? Sans blague !

Voici quelques jours, un ami et camarade de gauche, français, très à gauche, me disait à propos des déclarations de François Hollande se rendant de concert avec Angéla Merkel au sommet de Minsk chez Loukachenko, pour discuter avec Vladimir Poutine et Péro Poroshenko : « C’est vraiment terrible, tu te rends compte que Hollande a osé menacer la Russie de la guerre !  »

Je dois dire que sur le coup, j’ai été surpris : une fois de plus, notre président avait sans doute eu des propos que l’on dit « atlantistes » et une fois de plus, un militant de gauche s’indignait, pensant ne pas être « dupe des médias » en comprenant bien, quant à lui, que tout de même, toute cette « campagne contre la Russie » est cousue de fil blanc et que, même si Poutine n’est pas un démocrate, et encore moins un rouge, ce que lui reprochent « les Occidentaux » est qu’il leur résiste en défendant ses intérêts nationaux, et que malgré tout, c’est forcément bien, un chef qui résiste « aux Occidentaux », ce qui explique qu’ils soient si menaçants au point de parler de guerre, de jouer avec le feu, d’être terriblement agressifs. Une fois de plus, il se pouvait bien que le chef de l’exécutif français ait joué les petits croisés …

Je suis donc allé vérifier ce qu’avait dit exactement le président français. Il a dit ceci le 7 février 2015 : « Si nous ne parvenons pas à trouver un accord durable de paix, nous connaissons parfaitement le scénario : il a un nom, il s’appelle la guerre. »

Pour notre militant français de gauche très à gauche, une telle déclaration était forcément, ne pouvait qu’être, une menace de guerre à peine voilée contre la Russie.

Une grande partie du drame international que nous vivons se trouve là, dans ce qui conduit notre bon camarade à de telles croyances et dans ce qu’elles supposent d’ignorance, en précisant que le problème n’est pas l’ignorance en elle-même, car tout ignorant peut apprendre, mais l’ignorance de celui qui pense savoir et ignore, pour commencer, qu’il ne sait pas.

Cette déclaration faite à Minsk ne menace pas la Russie de guerre – tant mieux évidemment, car une guerre européenne contre la Russie n’aurait aujourd’hui pas d’autre signification, outre la destruction effroyable qu’elle déclencherait, que le partage des territoires se trouvant entre l’Europe dite occidentale et la Russie, Ukraine, pays baltes, Biélorussie voire Pologne et Hongrie. Mais F. Hollande ne menace pas ici la Russie d’une guerre, il ne fait que dire : si nous n’aboutissons pas, ce sera « la guerre ». Il ne précise pas laquelle.

Et ici nous en arrivons à l’essentiel : pour n’importe quel auditeur de ces propos se trouvant non là où ils furent tenus (ils le furent à Tulle, juste avant que le président ne s’envole pour Minsk ! ), mais à Minsk, à Moscou, à Kyiv, à Donetzk, à Varsovie ou à Vilnius, leur véritable sens était le suivant : ce n’est pas encore la guerre et cela pourrait le devenir.

Ce n’est pasencore la guerre, ce n’est donc pas la guerre. Pas la guerre, 5000 morts dans le Donbass, pour François Hollande. Pas la guerre, des « séparatistes » très vite armés de chars et autres armes de l’armée russe, des hommes de l’armée russe, une logistique de l’armée russe, le tout introduit dés le début, plus massivement encore avec l’amorce d’effondrement des milices autoproclamées en juin-juillet dernier : pas la guerre. Une frontière échappant au contrôle d’un Etat théoriquement souverain, ce même Etat soumis à l’occupation partielle de deux régions industrielles clefs après avoir subi l’annexion de la Crimée au moyen de la tenue d’un référendum sous la menace des fusils : pas la guerre. Et une fois tout cela fait, tout cela acquis, en quelque sorte, si « un accord durable de paix » ne vient pas, alors là, attention, il pourrait bien y avoir « la guerre , cette fois-ci !

Ne pas appeler guerre la guerre est, à vrai dire, une vieille (et sinistre) tradition. Quand la France traquait les militants du FLN et du MNA en Algérie, torturait, patrouillait, déplaçait les villageois, ce n’était « pas la guerre ». Quand les Etats-Unis d’Amérique du Nord commençaient à bombarder le nord Vietnam, ce n’était toujours « pas la guerre ». Quand l’armée britannique et ses supplétifs terrorisaient villes et villages en Irlande, là non plus ce n’était « pas la guerre » …

Le propos véritable de François Hollande donnait ainsi l’impression, au militant français de gauche très à gauche, que notre président est un belliciste endiablé, un croisé de l’Occident prêt à cautionner on ne sait quelle invasion de la Wehrmacht dans les plaines orientales – il fut un temps où il l’aurait appelé un « caniche de Bush » mais ça, c’était avant : l’actuel ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui est allé à Minsk lui aussi, qualifiait ainsi Nicolas Sarkozy en 2008.

A M.M. Poutine et Lavrov, il confirmait que rien n’est à craindre de ce côté-là et leur permettait d’apparaître comme des gens pondérés, modérés et raisonnables : « La crise en Ukraine ne peut être réglée par des moyens militaires. » déclarait le même jour, un peu plus tard, Sergueï Lavrov tout en acheminant lance-missiles, hommes et chars !

Le contenu des « accords de Minsk ».

C’est une véritable leçon de choses sur le rôle réel, l’action réelle, la politique réelle, de Berlin et de Paris, à laquelle la séquence des « seconds accords de Minsk » a donné lieu. Reprenons les 13 points de « l’accord ».

Et les problèmes commencent dés le premier point, le cessez-le-feu, car nous avons avec lui la bizarrerie d’un « cessez-le-feu immédiat » annoncé le jeudi 12 février 2015 … pour le dimanche 15 à minuit !

Ce délai avait été demandé par la délégation russe et accordé à celle-ci par Merkel et Hollande. Son seul sens, et quiconque connaissait la réalité le savait, était de permettre aux forces russes ou « séparatistes » armées par la Russie de poursuivre leur offensive sur Debaltseve/Debaltsevo, localité dont une grande partie de la population venait d’être chassée ou évacuée – très majoritairement, de par son choix, vers l’Ukraine et pas vers la Russie -, nœud ferroviaire situé entre Donetzk et Louhansk, qui séparait jusque là les deux zones occupées par les troupes russes ou oligarchico-séparatistes. De 2000 à 8000 soldats et gardes nationaux ukrainiens y étaient progressivement encerclés. Très clairement, Etat russe et « séparatistes » voulaient prendre ce « chaudron » avant le cessez-le-feu, d’où le bail qui leur fut accordé.

Ils ne le purent pourtant pas dans ce délai, en raison notamment de la résistance de la garde nationale ukrainienne – le bataillon Donbass, dont le dirigeant Semen Semenchenko ne cesse plus de dénoncer l’incapacité et l’impéritie, si ce n’est pire, des généraux de l’armée ukrainienne héritée de l’ancien régime comme tout l’appareil d’Etat, corrompue et noyautée. Qu’à cela ne tienne : après le cessez-le-feu lui-même, troupes russes et « séparatistes » ont repris l’offensive et arraché une évacuation des soldats ukrainiens. On « admirera » en l’occurrence la déclaration faite à ce sujet ce 18 février par Poutine en personne en visite chez le dirigeant néoconservateur et fachophile hongrois Victor Orban :

« C’est bien sûr toujours pénible d’être vaincu et, dans le cas des soldats ukrainiens, surtout quand on l’est par des anciens mineurs et conducteurs de tracteurs, mais la vie continue, ils s’en remettront. Les militaires de Debaltsevo, c’est un abcès qui pourrait envenimer les relations entre les autorités officielles et les insurgés du Donbass, il faut en finir avec ce problème. »

Tout y est : rhétorique crapuleuse qui veut faire croire (à l’usage des perroquets occidentaux chargés de relayer) que ce seraient des « mineurs » et autres travailleurs qui seraient les « insurgés du Donbass » (rappelons que pour inaugurer l’offensive actuelle, les milices « prorusses » du Donbass ont commencé par assassiner le dirigeant du Syndicat Indépendant des Mineurs, Ivan Reznichenko, dont le corps a été trouvé le 14 janvier), fausse neutralité cynique expliquant que la présence de l’armée et des gardes nationaux ukrainiens est un « abcès » (sic) qui va « envenimer les relations », et appel à « en finir avec ce problème » (à savoir l’ « abcès »).

Appel, donc, à faire la guerre, lancé trois jours après l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu », et cela au nom de ce dernier : c’est l’existence même de militaires, de gardes nationaux, et plus généralement de citoyens, de travailleurs et de la nation ukrainienne qui résiste, qui est ici considérée comme un « abcès » supposé, bien entendu, porter atteinte par son existence même au « cessez-le-feu » !

Voila pour le premier point de l’accord de Minsk, d’où découle le reste. Ce qui s’est passé à Debaltseve n’est pas un « camouflet aux accords de Minsk » comme le disent les journalistes : il découle, au fond, des accords de Minsk. Poursuivons.

Le second point porte sur les retraits d’armements de part et d’autre : dans un délai compris entre 2 et 16 jours après le cessez-le-feu, retrait des armes lourdes à plus de 50 km, de l’artillerie de plus de 100 mm de calibre à plus de 70 km, des missiles tactiques à plus de 140 km, le tout à partir de la ligne actuelle des hostilités (au 12 février, donc) pour les forces ukrainiennes, de celle du cessez-le-feu de septembre pour les « séparatistes » (désignés dans le texte sous le sigle des deux républiques autoproclamées du Donbass et de Louhansk : respectivement DNR et LNR).

Deux « oublis » majeurs ici : l’infanterie n’est pas mentionnée, elle va donc évidemment rester en place avec toutes les « armes légères » (plus ou moins « légères » …), et les forces russes alimentant les « séparatistes » ne se retirent évidemment pas au-delà de la frontière. Cela veut dire par exemple que Marioupol, la troisième grande ville de toute la région avec Donetzk et Louhansk, dont les « séparatistes » n’ont pu prendre le contrôle lors des putschs militaro-policiers du printemps 2014 et qui, depuis, a affirmé sa résistance massive, resterait officiellement à portée des armes lourdes et des missiles basés juste derrière la frontière russe (à 52 km) alors que la grosse artillerie et les missiles de l’armée ukrainienne, déjà beaucoup moins équipée, reculeraient, eux, à des dizaines de km en arrière de la ville située maintenant à une petite quinzaine de km de la ligne de front …

Le 3° point confie la surveillance de tout cela à l’OSCE, dont les observateurs sont (et restent) au nombre de 350, ce qui est notoirement en dessous de l’effectif nécessaire à sa mission théorique.

Le 4° point préconise l’application de la loi de décentralisation acceptée par Kyiv lors des accords du 19 septembre 2014 sur la tenue d’élections locales, cela en des termes qui semblent vouloir dire que cette loi ne s’appliquerait pas aux conquêtes faites depuis par les « séparatistes ». Le caractère unilatéral de ce point, qui ne fixe des obligations qu’à Kyiv, facilite les manœuvres visant à le présenter comme une reconnaissance implicite du droit des DNR et LNR à l’ « autonomie » telle que définie par leurs chefs de facto.

Le 5° point prévoit l’amnistie pour « les personnes ayant pris part aux évènements dans les zones concernées », formulation d’un flou remarquable mais, là encore, unilatérale : c’est Kyiv qui doit promettre d’amnistier pour la « participation » à des « évènements » …

Le 6° point annonçait un échange des « otages et personnes retenues illicitement », sous le mode « tous contre tous », dans les 5 jours suivant le cessez-le-feu. A 3 jours de celui-ci le moins que l’on puisse dire est qu’on n’en prend pas le chemin. Mais les signataires le savaient : sans dénombrement officiel contrôlé réciproquement, en l’absence de toute autorité tierce vérifiant ce qu’il en est, un tel échange était, dés le début, un bluff, conçu comme tel. S’il permet quelques libérations, tant mieux, mais en aucun cas il ne peut assurer le « tous contre tous » annoncé. De plus, les morts, prisonniers et disparus qui officiellement n’existent pas, particulièrement les soldats russes dont leurs mères réclament la réapparition, ne sont pas concernés.

Le 7° point préconise l’accès de l’aide humanitaire partout, sous la garantie imprécise d’un « mécanisme international ». La demande du gouvernement ukrainien d’un accès général au Comité international de la Croix-rouge n’est pas reprise ici, alors qu’elle découlait du constat que les « aides humanitaires » russes, qui pourraient se prévaloir d’un quelconque « mécanisme international », avaient servi à livrer des armes tout en n’ayant guère apporté sur le plan strictement humanitaire.

Le 8° point préconise la reprise des « rapports socio-économiques », notamment fiscalité et transferts sociaux, dans le cadre de la loi ukrainienne – toutefois, la version française du texte sur le site de l’Elysée ne mentionne le cadre juridique ukrainien que pour la seule fiscalité, une différence parmi d’autres entre les versions anglaise, française, allemande, russe et ukrainienne …

Ce point est, a priori, le plus favorable à l’Ukraine de la liste, ainsi que, du même coup, aux habitants du Donbass et de Louhansk qui sont privés d’aides sociales et de pensions depuis des mois. Mais ses conditions de mise en œuvre ne sont ni précisées ni assurées.

Le 9° point explique que le retour au contrôle de ses frontières orientales par l’Ukraine se fera après les élections locales annoncées (avec les ambiguïtés et problèmes qu’on a vus) au point 4, et après le « règlement politique global » à « la fin de 2015 », sous réserve de l’application du 11° point que nous allons découvrir. Autant dire qu’est entériné officiellement pour une période indéterminée le non contrôle d’une partie de sa frontière par l’Ukraine, c’est-à-dire son contrôle par la Russie.

Le 10° point proclame le retrait des troupes étrangères (sans les nommer), des mercenaires et le désarmement des « groupes illégaux » sous la supervision de l’OSCE. Ce qui a été dit ci-dessus à propos du point 3 et la garantie donnée de facto au contrôle russe d’une partie des frontières suffit amplement à montrer le caractère purement proclamatoire et nullement effectif de ce 10° point.

Le 11° point est le plus consistant. Y est annoncé le fait que l’Ukraine se doterait d’une nouvelle constitution d’ici fin 2015 comportant une « décentralisation ». Formellement, la présence du terme « décentralisation » et non pas « fédéralisation » est un bon point pour Poroshenko, sauf que cette « décentralisation », est-il écrit ensuite, devra tenir compte des « spécificités » des territoires se trouvant dans les DNR et LNR, ceci « en accord avec les représentants » de ces territoires (sans plus de précisions sur qui seraient ces messieurs, mais on aura compris), et ceci en conformité aux indications données dans une « note 1 » qui s’ajoute au 11° point des accords.

Remarquable « note 1 », qui comporte elle-même pas moins de 8 points, censés se situer dans le cadre de la loi invoquée au point 4 ci-dessus. Deux d’entre eux touchent à l’essence du pouvoir d’Etat, la force : les « milices populaires » assurant « l’ordre public » dans les territoires des DNR et LNR (toujours nommés par antiphrase mais chacun comprend) seraient crées par les « conseils locaux », et les procureurs et tribunaux y seraient nommés avec « la participation », ce qui n’a aucun sens si cela ne veut pas dire « avec l’accord », des « gouvernements locaux » ; deux autres renchérissent sur les garanties d’impunité et de pérennité exigées par les chefs « séparatistes » en renouvelant la promesse d’amnistie et en précisant que les pouvoirs des conseils locaux censés être élus d’après le point 4 des accords ne seront pas résiliables par la suite ; trois autres imposent au gouvernement ukrainien, de manière unilatérale, des mesures d’aide en matière économique, sociale et culturelle, allant jusqu’à prévoir qu’il doit aider à la coopération avec la Russie. Enfin, le second paragraphe de cette liste proclame « le droit à l’autodétermination linguistique ».

Ainsi, l’Ukraine, théoriquement Etat souverain, dans lequel une nation se bat effectivement, elle, pour sa souveraineté, se verrait imposer une nouvelle constitution largement pré-écrite à l’avance, qui garantirait de fait le maintien au pouvoir des clans paramilitaires liés à la Russie dans ses territoires du Sud-Est. Que peut bien être cette « autodétermination linguistique » promise dans le cadre d’un tel déni du véritable droit à l’autodétermination des peuples ? L’Ukraine a aujourd’hui une langue officielle, l’ukrainien, et reconnaît le russe comme langue officielle dans les oblasts (régions) qui le souhaitent. L’ajout, à ces dispositions déjà fort démocratiques, d’une « autodétermination linguistique » spéciale pour des secteurs privilégiés, ne peut avoir qu’une seule signification : l’imposition dans ces secteurs d’une seule langue officielle, le russe (et la persécution, qui s’exerce déjà de facto, de l’ukrainien). Evidemment, nous sommes ici très loin de la légende noire propagée parmi bien des militants occidentaux de gauche très à gauche, qui croient que « la junte de Kiev » veut « interdire le russe » : nous sommes ici dans le monde réel …

Le 12° point précise que ces fameuses « élections locales » annoncées dans plusieurs des points précédents devront se dérouler selon des modalités fixées avec l’accord des chefs des DNR et LNR …

Enfin le 13° point prévoit de faire suivre l’ensemble de ces « accords » par le « groupe de travail tripartite », structure associant la Russie (jamais nommée dans le texte ! ), l’Ukraine et l’OSCE, auquel se sont joints, pour approuver les dits accords, les chefs des républiques autoproclamées, Zakharchenko et Plotnitski.

Poutine, Merkel, Hollande et Poroshenko n’ont pas signé ce texte, mais une déclaration parallèle dans laquelle ils déclarent qu’ils « l’endossent ».

Il est à l’évidence, au vu de tout ce qui précède, extrêmement défavorable à l’Ukraine, ne la traitant pas comme un Etat souverain et faisant la part belle à l’impérialisme russe et à ses relais locaux dans la formation d’une sorte d’«Irlande du Nord ». On notera aussi le silence total sur la Crimée.

Il y a évidemment contradictions et antagonismes entre les deux puissances impérialistes dites occidentales, Allemagne et France, d’une part, et l’impérialisme russe, d’autre part. Mais comment peut-on continuer à imaginer, au vu de ces données concrètes, réelles, qu’Allemagne et France seraient sur une ligne d’affrontement avec la Russie ? Ou même sur une ligne d’intimidation ou de coup d’arrêt ? D’autre part, on ne peut considérer Poroshenko et son gouvernement comme des collaborateurs de la Russie (même s’il est vrai que leur appareil d’Etat est depuis les origines largement pénétré par les organes russes), mais comme des représentants nationaux faibles et enclins à des concessions, pour des raisons que je ne développerai pas plus ici : leur nature oligarchique, capitaliste et libérale. Il est patent que Poroshenko a abordé les négociations de Minsk en voulant s’adosser à l’Allemagne et à la France, contre la Russie. Ils l’ont « soutenu » – comme la corde le pendu !

Quelle est leur position réelle ?

La position allemande et ses fondements.

L’Allemagne est la principale puissance européenne, en termes réels. La productivité de son industrie est la base de sa place centrale et dominante dans la zone euro, à laquelle elle a imposé les fameux « critères » des traités de Maastricht et d’Amsterdam.

Aux premiers rangs dans les exportations de capitaux et les investissements vers les pays d’Europe centrale et orientale depuis dés avant les années 1989-1991, elle reste, très loin devant les Etats-Unis, la première source d’investissements directs (IDE) à l’étranger en Russie après les paradis fiscaux (la majeure partie des IDE en Russie viennent de pays comme Chypre ou les îles Vierges et ne sont pas clairement identifiables, mais sont surtout des capitaux sortis de Russie et y retournant).

L’entrée de 11 pays d’Europe centrale et orientale dans l’Union Européenne (UE) entre 2004 et 2013 a vu des crédits et des IDE venant d’Europe occidentale et principalement d’Allemagne, Autriche et Suisse, s’emparer littéralement des leviers de leurs économies, les dépenses de fonds structurels européens étant parallèlement maintenues à un bas niveau (à l’inverse de ce qui s’était passé auparavant pour l’Espagne, le Portugal, l’Irlande et la Grèce). Hégémonie commerciale, délocalisations et sous-traitance ont particulièrement marqué les rapports avec l’Allemagne des pays du groupe de Visegrad, Pologne, République tchèque surtout, Slovaquie et Hongrie.

D’autre part, le plan Harz au début des années 2000, imposé par les gouvernements du chancelier Schroeder (SPD), a fortement augmenté le taux d’exploitation des travailleurs allemands eux-mêmes.

Globalement, les fondements de la puissance impérialiste allemande sont passés, durant les années 1990 et 2000, de la productivité industrielle (le fameux « capitalisme rhénan ») à l’exploitation des bas salaires et des débouchés commerciaux des pays moins riches de la zone euro et du continent européen en général, couplée à la hausse du taux de plus-value absolue en Allemagne même – signes évidents de déclin que vient compléter l’affaiblissement démographique et la part croissante des immigrés, de plus en plus européens, dans le prolétariat allemand.

Avec l’entrée dans la crise financière et économique ouverte à partir de 2008, l’Allemagne, sous couvert de « plans d’aides » aux pays d’Europe du Sud, a siphonné leurs capitaux par les différentiels de taux d’intérêts, y compris à l’intérieur de la zone euro ainsi mise en péril en tant que zone monétaire unique, cela en raison même des intérêts impérialistes hégémoniques en son sein.

Durant la même période en gros, les liens avec la Russie se sont renforcés sur un autre plan : l’approvisionnement énergétique. Le gazoduc North Stream a été construit pour relier directement Russie et Allemagne par le fond de la mer Baltique, et la présidence de son conseil de surveillance fut attribuée à G. Schroeder, fin 2005, quelques mois après son remplacement par A. Merkel au poste de chancelier, formant un courant prorusse dans les sommets de l’Etat allemand dont est souvent rapproché l’actuel ministre SPD des Affaires étrangères d’A. Merkel, F.W. Stenmeier.

L’Allemagne est donc, en dehors de la Russie et avec elle, la puissance impérialiste la plus impliquée et la plus intéressée par l’économie de la Russie elle-même et de toute la zone située entre Russie et Allemagne, retrouvant là en somme une direction ancienne d’expansion, en liaison avec sa place centrale dans la structuration capitaliste et impérialiste du continent européen. Aux plans diplomatique, politique et militaire, ceci entraîne des conséquences qui peuvent sembler contradictoires, mais qui sont en même temps complémentaires, dans ses rapports avec la Russie : l’expansion vers l’Est créé des liens et provoque du même coup des confrontations.

D’où cette combinaison spécifique, de la part de l’Allemagne et s’agissant de l’Ukraine, d’une attitude protectrice plus ou moins impérieuse voire étouffante, et d’une prudence poussant à l’acceptation des volontés russes ; d’où la coexistence, parfois conflictuelle, parfois empreinte de complicité et le plus souvent les deux à la fois, entre des discours « pro-Poutine » ou très prudents et des discours « atlantistes » et en tout cas interventionnistes, dans les milieux politiques, économiques et financiers allemands, envers la Russie.

Ces contradictions ont pour source les intérêts de rentabilisation capitaliste croissants de l’Allemagne à l’Est, et sont attisées par la pression des Etats-Unis, via l’OTAN, car l’extension de l’OTAN aux pays d’Europe centrale et orientale était destinée, tout autant qu’à encercler la Russie, à corseter et doubler l’Allemagne : l’entrée de la Pologne, de la République tchèque et de la Hongrie dans l’OTAN date de 1999 et a délibérément précédé et cadré leur entrée ultérieure dans l’UE, celle des pays baltes et de la Slovénie s’est faite en même temps, et celles de la Roumanie, de la Bulgarie, la Croatie et l’Albanie ont également « doublé » toute adhésion à l’UE.

Militairement parlant, la position allemande sur l’Est est en réalité simple et logique, mais ses conséquences pratiques peuvent s’avérer complexes : l’Allemagne, comme le rappelait A. Merkel dés 2008, n’est favorable ni à l’extension de l’OTAN en Ukraine, Géorgie ou Moldavie, ni aux agressions et proclamations de protectorats russes de facto (Transnistrie depuis 1991, Abkhazie et Ossétie du Sud en 2008, Donbass et Louhansk en 2014), et donc très hostile à l’annexion de la Crimée, non par esprit « antirusse » mais pour pouvoir avoir une zone de fait « finlandisée », comme on disait au XX° siècle, pour l’investissement de ses capitaux excédentaires.

L’Allemagne était donc conduite à résister plus ou moins sourdement aux initiatives menaçantes pour le statu quo que prenait Georges Bush junior dans la seconde partie de la décennie 2000 : extension de l’OTAN et installations de missiles anti-missiles en Europe centrale.

Mais pour les mêmes raisons, les attaques russes en Géorgie en 2008, et maintenant l’annexion de la Crimée et les opérations en Ukraine, la font réagir avec un mécontentement accru et soulignent cruellement sa dépendance envers l’OTAN c’est-à-dire envers les Etats-Unis.

La position française et ses fondements.

La France quant à elle, l’impérialisme français, est économiquement parlant aux basques de l’Allemagne, alors qu’il reste, militairement et diplomatiquement, surdimensionné.

Le semblant d’analyse qui prévaut à « gauche » en France à son sujet est particulièrement pauvre et pétri de fantasmes : on est généralement incapable, en France, de combattre la défense de ses intérêts propres par notre propre impérialisme, mais on est très bavards pour condamner son « alignement sur Washington », sur l’Allemagne … ou sur Israël. On lui reproche donc de ne pas être « indépendant », avec la nostalgie éternelle d’une grandeur passée supposée, qui, sans remonter à Napoléon (encore que …) a fait de l’époque gaulliste son âge d’or : sortie du commandement intégré de l’OTAN, dissuasion nucléaire et « politique arabe de la France » composent, de gauche à droite, une sorte d’arrière-plan mythique et glorieux que seuls les socio-libéraux et les démocrates-chrétiens les plus invétérés ne revendiquent point, encore qu’ils lui rendent hommage. Et c’est ainsi que l’on pouvait voir, au printemps 2014, des militants au bord de l’apoplexie à l’idée que la France serait en train de participer à un « putsch » à Kyiv, au moment même où les parachutistes français prenaient d’assaut la capitale de la République centrafricaine, Bangui, dans l’indifférence absolue des mêmes valeureux militants dressés contre « l’Occident » …

En réalité, la politique gaulliste, déjà, comportait tous les traits de la politique étrangère actuelle de l’impérialisme français, à la fois de seconde zone et surdimensionné. Celle-ci consistait à louvoyer entre les autres grandes puissances pour se donner une apparence d’indépendance, voire d’impertinence, tout en cultivant, avec leur permission et, de plus en plus, comme un petit sous-traitant, ses quelques zones d’influence exclusives, en Afrique surtout, dans le Pacifique, voire au Liban. Nous retrouvons ces caractéristiques dans les moments clefs de la période Sarkozy, improvisations qui ont posé et anticipé la méthodologie de F. Hollande et de L. Fabius.

Les deux grandes improvisations fondatrices, si l’on peut dire, de la diplomatie et de l’interventionnisme français sous Sarkozy, furent la Géorgie et la Libye (cette dernière en relation avec la Côte-d’Ivoire).

En Géorgie, pays victime d’une invasion russe préparée à l’avance et permise par une provocation d’inspiration nord-américaine, Sarkozy débarque à l’été 2008 en tant que président en exercice de l’UE, théâtralement pour exiger un cessez-le-feu de la part de la Russie. Russophiles et « anti-impérialistes » ne sachant que reprocher à leur cher impérialisme français de ne pas savoir être lui-même, dénoncent en lui un croisé de l’Occident, et même un « caniche de Bush » comme disait alors L. Fabius, qui n’était certainement pas dupe. En fait Sarkozy rédige un « cessez-le-feu » qui confie « provisoirement » la mission de « maintien de la paix » … aux forces russes d’invasion elles-mêmes. Ainsi fut assuré le contrôle russe de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.

Episode paradigmatique : un chef d’Etat occidental vole « au combat » contre « Moscou », le concert des « anti-impérialiste » hurle pour assourdir doute réflexion sur les faits réels, et notre petit chef avalise les conquêtes de l’ours et revient, triomphant, en « homme de paix et de dialogue ».

Sans développer ici sur l’autre grande improvisation sarkozyenne, celle de Libye, on remarquera qu’elle voit la France jouer les poissons-pilotes de l’OTAN en entraînant, dans certains limites et jusqu’à un certain point, les Etats-Unis sur un terrain où ils ne souhaitaient pas pleinement s’investir.

Nous retrouvons ces traits dans les grands moments, outre les interventions africaines (Mali et Centrafrique) de la politique de Hollande et Fabius : premier moment, jouer l’avant-garde de l’Occident lors des velléités US d’opération aérienne en Syrie fin août-début septembre 2013, et donc, second moment, l’opération des seconds accords de Minsk de ce 12 février 2015, véritable répétition, avec en arrière-plan le même chœur d’indignés n’ayant rien compris au film, de l’opération de Sarkozy sur la Géorgie en 2008.

Rappelons au passage que cette gesticulation caucasienne fut payée à la France par le contrat d’achat des navires de guerre Mistral.

Par la bouche de Nicolas Sarkozy …

Sarkozy, justement, lors du conseil national de l’UMP du 7 février 2015, a exprimé la quintessence des positions dominantes dans les cercles impérialistes français, sur la question ukrainienne. Ses propos auraient pu être contresignés par celui qui le traitait de caniche sans en croire un mot, et pourraient l’être par J.L. Mélenchon, ou par Mme Le Pen : il s’agit de l’arc dominant des milieux politiques français. Nombreux sont les militants sincères qui pensent qu’en prenant la pose « n’attaquez pas la Russie » ils sont à contrecourant des « médias » et de l’opinion dominante. Ils ne lisent pas assez le Figaro, croyant savoir que son contenu serait « atlantiste », et sont confortés par la blogosphère « communiste », fasciste, « souverainiste » et autre. Nous avons affaire à une idéologie dominante se présentant comme rebelle, tant tout soutien des positions impérialistes françaises se doit de se jouer son petit appel du 18 juin à lui.

Ainsi, peut-on hurler avec les loups tout en se la jouant « Résistant » !

Voici donc l’excellente synthèse que nous présente Nicolas Sarkozy :

« La séparation de l’Europe et de la Russie serait un drame. Que les Américains la souhaitent, c’est leur droit et c’est leur problème. »

Le cadre est posé : ce seraient « les Américains » qui voudraient opposer Europe et Russie. La « Russie », pour Sarkozy, ce sont Poutine et les oligarques : la « séparation » avec la jeunesse courageuse, les démocrates réels, les syndicalistes, les résistants – eux peuvent porter ce nom – à la guerre, bref avec la vraie Russie porteuse d’avenir, celle qui toujours a lutté aux cotés des peuples d’Europe, ne le gène pas.

« La Crimée a choisi la Russie, on ne peut pas le leur reprocher. »

Sarkozy est d’accord pour prétendre que les habitants de Crimée auraient « choisi », appelant « choix » un référendum truqué sous la menace des fusils, et admet comme vérité indiscutable la version officielle selon laquelle 96% des 83% de participants auraient voté « oui », alors qu’il apparaît, d’après un rapport russe (1), que ce furent 50 à 60% de oui sur 30 à 50% de participants, un taux exceptionnellement bas justement de la part d’une population majoritairement russe pourtant …

« Au moins une douzaine de millions de russophones, ce n’est pas anecdotique. Il faut certainement trouver les moyens d’une force d’interposition pour protéger les russophones d’Ukraine tant que la situation ne s’est pas calmée. »

Au passage, N. Sarkozy étale son ignorance : il y a beaucoup plus qu’une douzaine de millions de russophones en Ukraine, la grande majorité des Ukrainiens sont peu ou prou russophones, et ceci pourrait renforcer sa pseudo démonstration !

Mais par « russophones » qu’il faudrait protéger ( de qui ?  des « Ukrainiens », forcément ! ), Sarkozy entend « les Russes ». L’ignorance française atteint ici ses sommets mais elle est banale : combien de gens pensent que russophones et russes c’est pareil, confondant pratique linguistique et sentiment national ? A ce compte là, si en Irlande il avait fallu « protéger les anglophones » c’est toute la verte île qui aurait eu le statut néocolonial d’Irlande du Nord …

Sarkozy se prononce donc pour que l’on défende « les russophones » en envoyant une force d’interposition empêcher tout renversement des troupes russes et des milices d’extrême droite ayant pris le pouvoir dans le Donbass et à Louhansk. En somme, il anticipe sur ce que pourrait être l’étape suivant les actuels « accords de Minsk » si la nation ukrainienne ne se donne pas les moyens de surmonter l’incapacité de l’Etat et de l’armée ukrainiennes à la défendre.

Enfin, il ajoute que l’Ukraine ne doit pas adhérer à l’OTAN, évidemment, position tout à fait partagée par Merkel et Hollande.

A ce sujet, il faut être clair : l’OTAN est une coalition militaire dominée par l’impérialisme nord-américain qui n’a jamais eu pour vocation la protection des peuples et n’en a jamais protégé aucun, y compris de la Russie, mais tout gouvernement ukrainien prétendant à l’indépendance et le peuple ukrainien ont parfaitement le droit de poser la question d’une aide de l’OTAN, de demander des armes et du soutien. Evidemment, on peut leur expliquer que l’idée n’est pas bonne, a peu de chances d’aboutir et sert à les isoler des opinions publiques d’autres pays, mais leur droit ici est imprescriptible et le fait qu’ils formulent de tels souhaits n’enlève rien à la légitimité de leur défense.

Un vrai gouvernement national ukrainien serait même en droit de demander publiquement pourquoi les pays occidentaux se présentant comme démocratiques ne l’arment pas, mais par contre exigent de lui des réformes économiques néolibérales : exiger de l’aide, ouvertement, ne signifie pas forcément s’inféoder politiquement et économiquement.

De la même façon, tout gouvernement grec prétendant à l’indépendance envers l’Allemagne et la Commission européenne a la légitimité et le droit imprescriptible de demander, ou de menacer de demander, aide et soutien de la part d’autres impérialismes, russe et chinois.

Sans que cela ne l’oblige à faire du régime de Poutine un modèle de « reconstruction de l’Etat » et à le soutenir contre un autre peuple, en l’occurrence ukrainien …

Il y a d’ailleurs, dirons-nous pour conclure à son sujet, unité dans la politique du « couple franco-allemand ». C’est dans les mêmes jours, dans la même démarche et dans le même cadre politique global, que Merkel et Hollande sont allés jouer les « modérateurs » contre Poutine et ont de fait et sciemment « modéré » la seule nation ukrainienne, et qu’ils jouent les créanciers inflexibles à l’encontre du gouvernement grec et de la nation grecque. Les uns et les autres feraient bien de réfléchir à l’unité de cette politique …

VP, le 18 février 2015.

(1) Problemy jiteleï Krymahttp://www.president-sovet.ru/ , 5 mai 2014, cité par Z. Kowalewski, http://blogs.mediapart.fr/blog/stefan-bekier/020215/ukraine-une-rebellion-oligarchique-dans-le-donbass.

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