Manu et les tireurs couchés.

Ceci est un petit complément à l'exégèse du discours macronien de mardi soir que j'avais mis ici mercredi.

Dans les éléments de langage macronien, il faut bien interpréter les mots : "ce n'est pas la république des fusibles, la république de la haine", à rapprocher de cette "dignité" qu'il faut garder à Benalla, mais que ni la presse ni les députés ne méritent.

Ce rapprochement éclaire l'idée selon laquelle les "fusibles" ne doivent pas trinquer. Cette idée n'a rien à voir avec une manière chevaleresque de tout prendre sur soi, pour laquelle on peut la prendre et pour laquelle on la fait passer. Elle est adaptée au fait que la Société du 10 décembre en mode start up, la camarilla, la sur-république des copains et des coquins, que Macron tente de construire rapidement en formant une super-couche par dessus les couches héritées de la V° République, est encore trop fragile. Trop de méchanceté envers Benalla ferait peur aux courtisans, qui se diraient "cela en vaut-il la peine vu les risques ?". Il faut éviter la fuite et l'effritement de l'édifice.

C'est un signal envoyé à la bande : vous pouvez faire des conneries (en l'occurrence se faire voir en train de faire du sale boulot), vous ne serez pas abandonnés même si on doit vous mettre un peu au vert, regardez Benalla.

Mais ces mots présidentiels doivent être rapprochés d'autres mots. Les membres de la bande ont le droit de faire des conneries, il leur sera donné l'absolution et ils auront seulement une suspension théorique avec salaire. Mais gare s'ils s'opposent vraiment, s'ils trahissent ou s'ils crachent dans la soupe. Pas de fusibles ? Qu'on ne s'imagine pas que personne ne doit trinquer. Là, les éléments de langage présidentiel sont les suivants, attention ouvrez les guillemets :

"Les tireurs couchés d'un jour finissent abattus avec les autres quand ils décident de tirer sur leurs camarades."

 Bienvenue dans un monde meilleur ?

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