Sidération journalistique et UMP.

Un aspect majeur de l’implosion de l’UMP, c’est l’état de sidération, de fureur constipée, de névrose hystéro-patriotique, de furibardise alertée, dans lequel elle plonge la gent journalistique officielle. Fukushima leur a arraché nettement moins de trémolos et de frémissements, pour ne rien dire de la mort par le feu de centaines d’ouvrières dans les usines textiles du Bangladesh ces derniers jours...

Tout en proclamant la grande honte qu’ils ressentent et leur grande tristesse de voir l’UMP « se suicider », ils étalent leur incapacité organique à expliquer le contenu de ce qui est en train de se passer. Car s’ils pouvaient le faire, ils expliqueraient du même coup leur propre comportement.

Ce qui est en train de se passer ? L’UMP n’est pas, n’a jamais été, un parti politique. C’est le conglomérat des clientèles de la V° République. Certes, le PS, qui a de toutes autres origines, cherche aujourd’hui à prendre le relais, mais l’accession au pouvoir des rejetons de la politique régionale étale son accession au niveau d’incompétence depuis quelques mois … Bref, ce régime semble ne plus avoir de personnel politique apte à le gérer. C’est d’une certaine façon le commencement de la fin de la V° République, suite à la défaite de l’hyper-président, qu’aucun président « normal » ne saurait remplacer et c’est tant mieux.

Cela ne veut pas dire qu’on aille vers une république démocratique et sociale, on peut aussi, et on ira si on reste dans les clous soi-disant « européens » du remboursement de la dette soi-disant publique, vers la décomposition et la réaction.

Mais la bataille est devant nous. L’implosion de l’UMP a commencé à sceller une nouvelle période et ce n’est pas une bonne nouvelle pour tout partisan d’un bipartisme à la française : celle de la recomposition dans chaque camp social. Syriza versus Aube dorée, ça vous dit quelque chose ? … Certes, n’allons pas plus vite que la musique. Mais on comprend pourquoi les grrands journalistes des chaines publiques et privées de la V° République ont des craintes, des crampes et des crispations.

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