EleNao, la lutte commence.

Bolsonaro est élu. On peut s’épancher et lever les bras au ciel. On l’a assez fait. Il y a au moins une chose qui semble assez massivement comprise, c’est ce qu’est Bolsonaro.

Voici enfin, et il fallait que ce soit un évènement terriblement négatif, un fait qui est ressenti comme notre alors qu’il est sur un autre continent. L’unité mondiale de la lutte des classes est une réalité et l’internationalisme, son expression côté opprimés et exploités, est, lui, à reconstruire – rapidement, ce qui est parfaitement possible, mais rapidement, puisque cet ennemi de l’humanité qui n’a cure de la crise climatique annonce le grill de l’Amazonie. Il faut suivre de près la situation.

Du point de vue de la démocratie, dire clairement que cette élection n’est pas légitime. Pas parce que l’élection d’un « méchant » n’est pas légitime, mais pour des raisons claires : il est le produit d’un coup d’État, celui qui a destitué Rousseff et emprisonné Lula, coup d’État qui a échappé à ses auteurs, lesquels auteurs étaient eux-mêmes le produit des compromissions du PT avec un ordre social qui, lui, n’a eu aucune reconnaissance.

Ajoutons que l’élection présidentielle par nature n’est pas démocratique, et qu’une faiblesse décisive du PT, qu’il prenait pour sa force, s’appelait Lula : des millions votaient pour le sauveur et padre sans être organisés eux-mêmes et une fois Lula enfermé, n’ont pas voté PT et ont parfois, souvent dans les couches les plus pauvres, voté Bolsonaro.

Leçon pour le monde entier : les concessions et compromissions aux dominants ne reçoivent aucune reconnaissance et aucune modération en retour.

La question de l’auto-défense des organisations ouvrières, paysannes, étudiantes, de sans-logis, des universités, des indiens, des femmes, des LGBT, et donc la question de leur armement, est posée.

L’auto-défense nécessite unité et organisation par en bas, dans chaque localité. Son but n’est pas d’affronter la majorité électorale de Bolsonaro mais de défendre les bastions de la démocratie et de contre-attaquer chaque fois que possible, précisément pour faire douter et effriter cette masse.

Mais affronter les nervis qui vont attaquer, c’est indispensable. Ils ont dit eux-mêmes ce qu’il en est de la question des armes en envoyant la police enlever dans une université une banderole qui disait « Plus de livres et moins d’armes » : pour les livres il va donc falloir des armes.

L’avenir commence par la lutte défensive. Le bilan politique en fait partie. L’avenir commence maintenant.

28-10-2018, 23h45.

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