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Billet de blog 11 avr. 2020

Marcelo Ríos - Grandeur et décadence d'un puncheur délicat.

Marcelo Ríos ne sévit plus sur les courts de tennis du circuit professionnel depuis bien longtemps. Contraint de mettre un terme à sa carrière prématurément, El Chino a rangé ses raquettes au mitan de la décennie 2000-2010, ne pouvant réfréner l’ascension de la nouvelle génération portée par Federer. L'empreinte du "corazon rebelde" sur le jeu s'avère pourtant conséquente.

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Il est de ces joueurs qui laissent une trace indélébile dans l'histoire du jeu. Marcelo Ríos est de cette trempe. Éphémère numéro 1 mondial au printemps 1998, ce gaucher magnifique a connu une carrière sinusoïdale, marquée par les succès, les déceptions et les blessures à répétition. Son palmarès ? Dix-huit titres en simple, cinq Super 9, une Coupe du Grand Chelem et l'accession au sommet du classement mondial durant six semaines.  Immensément respectable mais bien mince au regard du potentiel de ce contreur-puncheur atypique aussi élégant qu'imprévisible. Car Ríos n'a jamais remporté le moindre Grand Chelem en dix ans de carrière au grand dam de ses admirateurs et à l'étonnement des plus grands spécialistes de ce sport. Une anomalie statistique.

Mais qu'importe...Ríos est un phénomène, un diamant brut, une fine lame. Un samouraï d'une habileté redoutable trahi par une patience limitée. Trop fragile, trop lunatique, trop inconstant certes, mais indigne d'être assigné à résidence statistique. Mike Agassi, père du célèbre champion, le concède :  Marcelo était en un sens plus talentueux qu' Andre. Ses coups étaient souvent illisibles. Nick Bolletieri ne dit pas autre chose dans la biographie de Scoop Malinovsky, Marcelo Ríos - The Man who barely knew (2011) : « Des joueurs comme lui, il y en a un sur un million. Ce qu'il avait, vous ne pouviez pas l'enseigner ». Diablement talentueux, Ríos. Et taillé pour plaire aux romantiques de ce sport. Le gardien du Temple et du classicisme, Roger Federer himself  l’affirme : le Chilien fut l'un des meilleurs adversaires qu'il ait eu à rencontrer au cours de sa carrière. On a connu pire compliment.

Aussi à l'aise sur dur que sur terre battue, El Chino avait des qualités d'anticipation et de déplacement tout à fait remarquables mais surtout, un toucher de balle inimitable. C'est là sa grandeur. Le premier set de sa demi-finale face au Kid de Las Vegas à Miami en 2002 en est la plus authentique illustration. Blessé, Ríos parvint à désarçonner son adversaire. Tout y passe : lobs liftés, amorties rétros, passings félins. Une palette technique époustouflante doublée d'une intelligence de jeu supérieure et un premier set arraché 7/6.

Ríos est fait ainsi. C'est un puncheur délicat. Un contreur, un boxeur arrogant qui choisit ses combats. Son palmarès ne le place pas parmi les plus grands tennismen de l'histoire. Mais les balles encore toutes étourdies du talent du Chilien nous disent le contraire. Parole de gringo.

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