Lettre à Guy en soutien à son combat gandhien pour sauver deux étudiants guinéens

Depuis le 5 mai, Guy a entamé une grève de la faim pour sauver Boubakar et Sidiki , deux étudiants menacés d'expulsion pour avoir choisi la France. Il nous rappelle les révoltes non-violentes de Gandhi et d'Albert Camus . Ils sont arrivés en France, avec cette volonté de s'intégrer et d'enrichir notre pays. Ils sont eux aussi ce "premier homme" si cher à Camus. Soutenons le combat de Guy.

Mon Cher Guy,

J’apprends que tu mènes depuis trois ans un combat pour et auprès de Boubakar et Sidiki, tous deux étudiants, menacés d’expulsion pour avoir choisi la France. Débordé par l’émotion dans de telles circonstances je t’apporte tout mon soutien. Je me souviens de nos combats non-violents menés en Inde pour les paysans sans-terres avec Vinoba Bhave le disciple de Gandhi et son mouvement Bhoodan. Ton engagement aujourd’hui pour Boubakar et Sidiki se situe dans cette pure tradition gandhienne de jeûne, de non-violence, de résistance et de paix.

Je ne puis m’empêcher de penser aussi aux révoltes d’Albert Camus, prix Nobel de littérature, fils de migrants et à tous ceux qui continuent de traverser la méditerranée dans l’autre sens. Ils ont en commun la pauvreté et l’espérance d’une vie meilleure. Ils sont l’humanité sur notre petite planète terre et refusent les frontières établies par quelques-uns. Ils refusent la violence et sont avides de liberté, de justice et de vérité. Ils sont migrants, comme nous le fûmes tous, sans exception, depuis des millénaires, enfants et petits enfants de migrants du nord au sud, d’est en ouest, nous n’oublions pas et nous ne faisons pas abstraction de notre mémoire, le sang des migrants coule dans nos veines Nous avons construit ensemble ce petit coin de terre, la France.

Boubakar et Sidiki sont arrivés dans ce nouveau pays, la France, avec cette volonté de vivre plus que de survivre, d’étudier, de travailler , de partager et de contribuer à enrichir notre pays qui s’appelle la France des droits de l’homme. Ils sont eux aussi ce « premier homme » si cher à Camus.

Dans ce petit mot que je t’adresse, je voudrais demander à Madame Muriel Nguyen, Préfète de la Somme de bien vouloir reconsidérer rapidement les demandes de Boubakar et Sidiki. sachant que je ne doute pas de son humanité et de sa générosité.

Jai jagat !
Jean Louis BATO
Prix international Gandhien pour la Paix 2015

PS. Je fais suivre ce message à mon ami Rajagopal PV, l’héritier de Gandhi.

Je vous invite à signer la pétition ICI : Objectif : 20 000 signatures !

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