Instantanés du Festival d’Avignon (le OFF)

Jeudi 23 juillet, à un peu plus d’une semaine de la clôture de l’édition 2009 du Festival d’Avignon, le « Off » bat son plein.

Jeudi 23 juillet, à un peu plus d’une semaine de la clôture de l’édition 2009 du Festival d’Avignon, le « Off » bat son plein.

Si 105 lieux ouvrent leurs portes entre le 8 et le 31 juillet, ce sont surtout les rues qui constituent « le plus grand théâtre du monde ». Tour d’horizon des artistes rencontrés sur les pavés d’Avignon.

www.avignonleoff.com/

 

 

Les loupiotes de la ville :

 

Bermudas beiges, tee-shirts noirs et chapeaux mous en feutre vissés sur la tête, Kamel et Antoine sautillent et font de grands gestes avec leurs bras pour mimer une partie de tennis. Les yeux ronds, concentrés, ils se regardent, et prononcent haut et fort des mots incompréhensibles. On pourrait croire qu’ils viennent d’une contrée lointaine : il n’en est rien. Ils parlent une langue imaginaire, inventée pour les besoins de leur spectacle, « Les loupiotes de la ville ». Une référence aux Lumières de la ville de Charlie Chaplin, leur modèle d’inspiration à la fois pour le fond et la forme du spectacle, du « mime perturbé ». «Une forme qui s’est imposée d’elle-même» pour raconter dans un registre burlesque l’histoire de deux sans abris qui se rencontrent « et se découvrent similaires ».

 

Une manière de mettre en scène leur complicité, née de leur rencontre au conservatoire d’art dramatique de Paris, comme leur pièce. « Le parcours libre que nous présentions devant les autres étudiants du conservatoire est devenu un spectacle », précise Antoine Guiraud.

 

© Violaine Jaussent

 

 

Place du Palais des Papes, à Avignon, la courte représentation qu’ils donnent est un échantillon de l’officielle, d’une durée d’une heure et quinze minutes. « C’est mieux de descendre dans la rue pour le présenter, car un spectacle composé de plusieurs situations avec son corps est difficile à décrire », expliquent les deux compères. « Pour apprécier le spectacle il faut de l’imagination et surtout allumer sa loupiote », ajoutent ces deux mimes des temps modernes. Une première à Avignon, mais pas en France. Le duo donne des représentations depuis trois ans à Paris, notamment au Ciné 13 Théâtre (XVIIIe arrondissement).

 

 

© Violaine Jaussent

 

 

 

 

www.myspace.com/lesloupiotesdelaville

Tous les jours du 8 juillet au 1er août à 15H45

Théâtre des béliers

53 rue du portail Magnanen

84000 Avignon

 

 

Tre quadri in piazza :

 

© Violaine Jaussent

 

 

Les auteurs-interprètes des « Loupiotes de la ville » ont à peine terminé, qu’aussitôt cinq nouveaux comédiens et trois musiciens arrivent et occupent la place du Palais des Papes. Une guitare, des marionnettes vêtues de tissus écarlates et affublées d’un gros nez ou d’une large bouche qui ne sont pas sans rappeler les personnages de la comedia dell’arte, et surtout, des voix, fortes, qui résonnent aux quatre coins de la place. La troupe du spectacle « Tre quadri in piazza » accapare immédiatement l’attention des festivaliers.

 

En italien et en chœur, la chanson qu’ils entonnent offre un aperçu de leur pièce musicale en trois scénettes écrites et réalisées dans des styles très différents. La première s’inspire de Don Quichotte, la seconde d’une pièce traditionnelle sicilienne. Et la troisième se rapproche de « l’univers gothique de Tim Burton ». « Le fil rouge de ces trois cadres est la musique », explique dans un français tinté d’accent italien une des comédiennes, déguisée en religieuse, une marionnette de femme sexy autour de la taille.

 

Sept acteurs, trois musiciens et trois metteurs en scène issus de compagnies de théâtre différentes, en collaboration avec des associations et des écoles de théâtre italiennes, participent au projet. Avignon est une première pour eux. Mais des représentations du spectacle ont lieu depuis cinq ans en Italie.

 

www.gilgamesh-theatre.net

 

Du 21 au 26 juillet à 11h15

Le Gilgamesh Théâtre

2, place des Carmes

84000 Avignon

 

 

Les 2 Tritus :

 

© Violaine Jaussent

 

 

 

Dans un conteneur repeint en bleu et jaune sur lequel ont été dessinés deux yeux, un nez et bouche, les 2 Tritus ne passent pas inaperçus sur la place de l’Horloge. Seuls Le Radis et Guitoon (Harald Lucas et Bruno Cosquer) se chargent de la promo du spectacle, mais les 2 Tritus sont en réalité… trois ! Comme ils le précisent rapidement, « il faut payer pour voir la troisième », Boonty (Frédérique Guillemot). « A cinq euros pour la cinquième année », Les 2 Tritus se targuent de proposer un spectacle « anti-crise économique », mais « où la crise de fou rire, elle, est garantie ». Les lunettes de petite fille roses et bleues qu’ils arborent laissent entrevoir un univers loufoque, où l’humour cocasse domine.

 

www.les2tritus.fr

Tous les jours du 8 au 30 juillet 2009 à 14h

Le Gilgamesh Théâtre

2, place des Carmes

84000 Avignon

 

 

Luna & Sol ou l'indomptable légèreté...

 

 

 

Photos © Violaine Jaussent

 

 

 

 

 

 

La chorégraphie d'un couple (Christine Merli et Antoine Sterne, accompagné de leur régisseur Richard Németh), «parodie de la passion, au croisement du théâtre, de la danse et du burlesque», sur des chansons de Jacques Brel. Le spectacle, d'une durée de trente-cinq minutes, est uniquement donné en plein air, sur la place du Palais des Papes, tous les jours à 19h du 8 au 31 juillet.

 

Chorégraphie et mise en espace de Christine Merli.

Compagnie Camille M.

 

 

 

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