Les violences sexuelles systémiques

Le continuum de violences sexistes et sexuelles contre les femmes ne s'arrête pas dans notre espèce. La seule barrière est langagière: on n'utilise pas le même mot pour les femmes humaines que pour les femelles non-humaines.

Une partie de violences sexistes et sexuelles sont des délits et des crimes.

Une autre partie de violences sexistes et sexuelles sont des traits culturels autant plus violents qu'invisibilisés par l'usage courant «de gens bien.»

Et encore une autre partie de violences sexistes et sexuelles, bien que considérées délits ou crimes par le Code Pénal, sont banalisées par des représentants du pouvoir. On peut nommer par exemple des députés, des professeurs universitaires ou de grandes écoles ou certains chefs de rédaction.

Aujourd'hui j'ai dressé une liste 2020. Je voudrais voir où est-on en France dans 5 ans. La voici, ma liste. Certains de ses points concernent les hommes et les femmes, les garçons et les filles. Je les ai écrit pensant qu'un.e sociologue fera des chiffres son affaire. Voici, sans ordre autre que le flux de mes réflexions :

- la pression parentale pour le mariage et pour «avoir des petits»

-la «charge mentale» porter la responsabilité presque totale de tâches ménagères, de l'organisation familiale, du budget destiné aux enfants

-la responsabilisation presque totale de la femme vis-à-vis de la contraception

-la discrimination au travail pour être femme ou mère

- la publicité sexiste, la publicité hypersexuelle, la publicité pornographique

- le matraquage cognitif incessant concernant la mode, la beauté et l'image de soi étant subordonnée aux désirs dits «des hommes»

- la chosification ou la subordination de filles et de femmes dans les dessins animés et les films (elles sont plus petites, minces, frêles, délicates, fragiles, superflues, silencieuses, insécures, pereuses, dépendantes, isolées socialement que les personnages masculins dans le même dessin animé ou film)

- la présentation de la beauté comme premier facteur de réussite sociale, professionnelle, financière, amoureuse, émotionnelle, sexuelle

- les commentaires désobligeants concernant les vêtements, le corps, les hormones, la vie sexuelle, les engagements politiques ou les croyances

- le harcèlement sexuel, le cyber harcèlement sexuel, le harcèlement de rue,

- l'affirmation sexiste expliquant que l'espace public (certains endroits, certains horaires, certaines voies professionnelles) ne sont pas pour les femmes

- l'outrage sexiste, l'agression sexuelle, l'inceste, le viol sur mineure, le viol intrfamilial, le viol conjugal, le viol en réunion, l'exploitation sexuelle

- le refus de plainte, les classements sans suite de ses plaintes,

- les peines minorées ou inexistantes de leurs agresseurs, violeurs, harceleurs, assassins

- la banalisation des crimes et délits commis à l'encontre de filles, jeunes et femmes

-l'impunité de violences conjugales et féminicides

- la mise en vigueur de lois peu claires, favorisant la défense et l'impunité de violeurs et agresseurs de femmes et filles, et la dequalification de crimes en délits (lorsque les filles sont les victimes)

- un budget dérisoire vis-à-vis du nombre de filles et femmes victimes

-l'excision, l'épisiotomie innécessaire

- l'absence de dépistage de violences sexuelles à l'école maternelle et primaire, malgré les chiffres alarmantes

- l'absence de campagnes de prévention de violences sexistes et sexuelles dans les universités, grandes écoles et collèges, malgré les chiffres

- le manque de formation de sexologues en séquelles des violences sexuelles

- l'absence de recherche autour des séquelles sexuelles chez les victimes de violences sexuelles et mutilations sexuelles (excisionS)

- le manque de formation multi disciplinaire de chefs d'établissements, sages-femmes, psychologues, psychiatres, gynécologues et  sexologues autour des traumas dus aux violences sexuelles et mutilations sexuelles et des THÉRAPIES ADAPTÉES...

Puis la violence sexuelle systémique envers les femelles (vaches, juments, truies...) : inséminations annuelles et précoces/ inceste (dauphines, chiennes et chattes de race) / avortements provoqués / séparation des petits dès le jour de la mise bas/ l'extraction de lait jusqu'à faire saigner les pis/ l'extraction de lait pendant la gestation de la portée suivante/ les mutilations (bec, queue, cornes).

En 2020 je suis consciente que c'est une minorité qui trouvera que la violence sexuelle systémiques contre les femelles a une incidence sur la banalisation, invisibilisation et impunité des violences sexuelles contre les femmes.

Le temps fera que ce post farfelu en 2020 soit reconnu logique et évident en 2040. Peut-être avant. Cela dépend de votre choix. Allez-vous lire davantage sur les violences sexuelles commises contre les femmes et les femelles?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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