LES BOUES ROUGES ? LA MER toujours VIOLÉE ...

Petit squale pêché à l'endroit précis des rejets
Jour de capture, 16/07/2015.
Lieu, zone canyon de Cassidaigne.
Profondeur, 300/350 mètres.
 © R. Mastrangelo. Petit squale pêché à l'endroit précis des rejets Jour de capture, 16/07/2015. Lieu, zone canyon de Cassidaigne. Profondeur, 300/350 mètres. © R. Mastrangelo.

 

Bonjour

 

J'ai le souhait aujourd'hui de vous transmettre quelques éléments informatifs sur la question du rejet des boues rouges dans le parc des calanques de la région marseillaise.

Ces échanges ont eu lieu par mail, j'ai reçu l'autorisation d'en faire état afin de nourrir une opinion qui, si elle commençait à toucher les lecteurs de MDP serait une bonne chose. Je ne suis pas sans savoir que la question légitime des emplois est toujours présente y compris dans un lectorat comme le nôtre, ici, qui malheureusement continue de considérer que "garder des emplois" à tout prix est prioritaire quand "la Gauche" aurait du déjà prendre et depuis longtemps le virage conceptuel du NON à des emplois qui menacent l'environnement, la santé du vivant et des écosystèmes.

C'est forte de ces convictions que j'en appelle, avec beaucoup d'autres, à l'évidence de la nécessité de création RAPIDE D'EMPLOIS DURABLES en rapport avec la création d'entreprises dans le cadre de la loi sur la " TRANSITION ÉNERGÉTIQUE "  Car nous risquons fort, d'ores et déjà, de profondément rater la COP 21.  Les urgences réelles sont insuffisamment prises en compte, les investissements ne se font que de façon alléatoire, le maintien des entreprises fort polluantes toujours d'actualité et les tractations politiciennes avec les lobbies toujours actives.


Premier volet

Le refus de la FNE locale de poursuivre les rejets en mer. Texte diffusé sur le blog d' A Gertz ( secrétaire du CVGG - PA)

http://permisrhonemaritime.eklablog.com/rejets-d-alteo-avis-d-un-administrateur-du-parc-national-des-calanques-a118318688


Deuxième volet

Polémique constructive de Claude Calvet ( Adhérent Collectif de vigilance Gaz de Gardanne - pays d'Aix)

diffusion autorisée sur le même blog :http://permisrhonemaritime.eklablog.com/

 

Retranscription du texte ici pour une bonne lecture:


" Bonsoir,

 

Je voudrais réagir à la communication de Pierre Aplincourt de FNE.

En préambule je voudrais affirmer qu’il n’y a aucun intérêt à entretenir une ambiguïté quelconque au sujet de la qualité des effluents liquides, qui par la magie des mots de l’argent et de la politique, continueront probablement à être déversés après 2016.

Cela dit, je trouve la description de ces effluents un peu édulcorée , il y a dans ces effluents toute une palette de métaux lourds en solution en plus de l’aluminium et de l’arsenic. Il y aura aussi des particules fines en suspension qui sont très perturbantes pour la faune et la flore, et  une radioactivité bien supérieure à la radioactivité de la bauxite :

1 - par concentration lors du process industriel (X par 2à 4)

2 - par  relargage au lavage,  des tartres et résidus d’autoclaves (x par 4)

 

Le problème des boues à Bouc-Bel-Air et des effluents liquides à Cassis sont indissociables, et devraient être traités en tant que tels.

 

Le plus grave dans la communication de Pierre Aplimcourt, est la manière expéditive de traiter le stockage archaïque de la matière sèche extraite des boues rouges à Bouc-Bel-Air lieu-dit Mange-Garri, entre trois zones urbanisées, Gardanne, Bouc-Bel-Air et Lyunes-Aix-en-Pce. 

C’est un vallon comblé à l’ancienne depuis plus d’un siècle, sans aucun aménagement d’étanchéité. Il y a plusieurs millions de tonnes de déchets sur 47 mètres  au plus profond du talweg.

La plus grande nappe d’eau du bassin de l’Arc ( 750 km2, de 75 à 150 millions de m3 d’eau suivant la saison, les eaux de la nappe se déplacent vers le Nord-Ouest) affleure à 70 cm (oui, des centimètres) sous cette décharge au point le plus bas du dépôt et au pied de la digue de rétention des eaux de ruissellement.

C’est la grande réserve d’eau de la région pour les années futures et pour pallier à de graves problèmes d’approvisionnement ( Verdon et Durance irradiés par Cadarache).

 

Ces boues rouges pressées sont radioactives, par concentration en process industriel, de la radioactivité naturelle.

Elles  sont éminemment chargées en métaux lourds.

Il y a deux problèmes majeurs.

1- L’air

une fois sèches ces boues  très fines et très pulvérulentes  offrent aux quatre vents et sur un plateau ( 250 à 275 m d’altitude ) plusieurs dizaines hectares de prise aux vent pour des particules très fines ( moyenne 3,6 microns) qui bien sûr ne sont “quantifiées “ sur plaquettes  qu’à partir de 10 microns.

Vous avez tous vu des images de ce scandale.

2-L’eau

  Une fois  pressées, séchées, terrassées ou décantées pour les arrivées directes de boues ( problème de conduite à la mer), ces déchets sont exposés aux pluies.

Nous avons deux phénomènes:

- le ruissellement qui est capté dans un bassin qui fonctionne par évaporation, infiltration et si besoin cause pluviométrie abondante, pompage vers l’usine et la mer.

- La percolation des eaux de pluie et de décantation  considérée comme quasiment inoffensive par les autorités mais depuis longtemps dénoncée par des résurgences aux yeux du voisinage, a fini par faire scandale en février 2015 par la déclaration Préfectorale d’une résurgence polluée qui interdit à ce jour par décret  d’utiliser l’eau de la nappe.

Il est toujours impossible de se procurer les résultats définitifs de l’étude exigée par les autorités !!!

- Tout cela à proximité immédiate de la Luynes qui se jette dans l’étang de Berre

 

A ces boues décantées et maintenant pressées pour augmenter la capacité du site, il faut ajouter, pour 20 000T/an ( autorisation préfectorale d’exploiter) les déchets de l’usine qui sont pour les autorisés : des alumines déclassées, des résidus de process, tartres, boues d’autoclaves, sable TBS.

Il y a encore 3 ans, avant que l’on montre les dents, ces déchets de process  étaient exposés comme les boues sèches aux quatre vents, ils ont été maintenant cachés par une couche de Bauxaline.

La Bauxaline est le nom commercial mais  surtout la supercherie qui consiste à faire croire que l’on a trouvé des débouchés pour ces déchets soi-disant inertes, mais qui polluent la nappe phréatique et  dont personne ne veut (cause radioactivité) même livrés gratuitement  sur chantier  ( mise à part en couverture de décharges proches de déchets ménagers  que  doit elle-même être recouverte de matériaux inertes).

J’ajouterai que les sommes cantonnées pour gérer le site des boues après fermeture de l’usine, ne le sont que pour 15 ans.

Ensuite ce sera à la charge du contribuable pour l’éternité.

 

Il est urgent de reconsidérer totalement  les conditions de stockage des boues pressées à Bouc-Bel-Air !

 

Ce bricolage d’ALTEO pour poursuivre à moindre coût (subventionné) l’exploitation d’une usine techniquement et géographiquement inadaptée, est loin de pérenniser la fabrication d’alumine en France. C’est même le contraire! L’obsolescence de l’outil et la perfusion en dernier recours d’un montage financier à court terme devraient faire réfléchir. Pour faire de l’alumine compétitive proprement, il faut être proche de l’énergie, de l’eau, d’espaces de lagunage, de l’arrivée du minerai et utiliser les dernières technologies les moins productrices de déchets (Procédé Orbite).

 

 Le chantage à la délocalisation qui se ferait dans des condition détestables n’est pas recevable, puisqu’ALTEO se comporte à Cassis et à Bouc-Bel-Air comme n’importe quelle multinationale qui “s’achèterait” une implantation à bas coût  dans une république bananière... comme la nôtre.

 

Le chantage à l’emploi  fait que les chiffres deviennent déraisonnables.

700/900/1000/1100 +les emplois induits la sardine qui ddébouchera la conduite d’ALTEO ne cesse de grossir !

En réalité, dans le dossier de l’enquête publique annulée en avril 2015, ALTEO affichait 386 emplois sur le site, et avant  la polémique sur les rejets post 2015, ALTEO affichait 250 emplois induits. Le Maire de Gardanne donnait 80 familles d’ALTEO dans sa ville, ce qui ne serait pas insurmontable matériellement s’il fallait trouver un autre site dans les Bouches-du-Rhône.

Le chiffre  de 700 emplois directs qu’ALTEO laisse accroire est en réalité le nombre d’emplois (708) sur les 4 usines ALTEO de France et d’Allemagne

Curieusement, à part le Collectif Littoral personne ne compte les pertes d’emplois de la pêche côtière professionnelle (de 600 à 900 source Prudhommies) depuis la stérilisation des fonds marins  

  

Désolé pour la longueur et la forme expéditive de mes propos,

A votre disposition pour infos ou documents.

Cordialement

Claude Calvet

A diffuser aussi largement que le plaidoyer pour un arrangement ...  "

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Amicalement _ Violette M_C

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