Hommage au courage de Bruno Le Maire, UMP

J'apprends que Bruno Le Maire, en charge du projet présidentiel de l'UMP pour 2012, estime que le redressement des finances publiques suppose des «décisions courageuses» et il propose un programme qui «coûtera zéro euro au pays».

J'apprends que Bruno Le Maire, en charge du projet présidentiel de l'UMP pour 2012, estime que le redressement des finances publiques suppose des «décisions courageuses» et il propose un programme qui «coûtera zéro euro au pays».


Diable ! Ça c'est une nouvelle.
Je regarde la photo du monsieur qui illustre l'info. Ça a l'air d'aller. Notre héros paraît bien nourri, habillé de chez le bon faiseur, rasé de près et fleurant bon l'after shave. Et l'air assez tranquille, au moment de lancer son grand défi. Le courage tranquille. Ça me rappelle vaguement quelque chose…
Je suis figé d'admiration : c'est beau, le courage. Proposer des décisions courageuses à la bande à Sarkozy, il faut le faire. C'est un homme intelligent, bardé de diplômes, il sait bien qu'avec son pavé dans la mare il va devenir tricard en "haut" lieu.

 

Je n'ai pas encore lu l'article mais je devine facilement, vu la conjoncture, de quel genre de décisions courageuses il peut s'agir. Proposer un programme qui coûtera zéro € au pays, c'est clair, non ? il ne peut s'agir que d' exiger l'abrogation de l'article 123 du traité de Lisbonne qui interdit à la Banque Centrale Européenne de prêter aux États de l'Union Européenne et les oblige à emprunter au privé, sur les marchés, créant de toutes pièces la fameuse "dette" publique et soumettant ainsi toute décision politique au bon vouloir de la Finance et aux diktats de la spéculation. Bruno Le Maire retrouve la voie montrée par le général De Gaulle :" la politique de la France ne se décide pas à la Corbeille".
C'est autre chose que les misérables soumissions de Zapatero, Hollande, Aubry et compagnie à la loi des marchés !

 

Bon, voyons cela de plus près.
"Pouvons-nous garder un dispositif d'indemnisation du chômage parmi les plus généreux au monde" demande monsieur Le Maire.
Ah.

Cc'était donc ça, le courage.

Se déballonner comme d'habitude devant la junte financière dopée par la doxa hyperlibérale et faire payer les pots cassés aux peuples, à ces privilégiés de chômeurs, à ces salauds de pauvres.
Je respire : ce bon Monsieur Le Maire ne va pas entrer en disgrâce. Il n'est pas devenu gaulliste : c'est simplement qu'il parle la novlangue des grands réformateurs qui nous gouvernent.

Il pourra continuer à se payer des beaux costumes.

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