Foot : vous avez dit racisme ?

La «pensée» raciste est une ineptie absolue sans aucun fondement. L’espèce humaine est biologiquement une, point final.
La «pensée» raciste est une ineptie absolue sans aucun fondement. L’espèce humaine est biologiquement une, point final.

2) Les comportements racistes sont donc d’une ineptie totale.

3) Les différences entre les groupes humains sont le fruit des circonstances historiques, géographiques, sociales, culturelles. Ces différences sont donc contigentes et elles sont évolutives.

4) Exemple :

Les Arabes musulmans et les peuples du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord islamisés ont constitué une civilisation brillante (Arts, sciences et technique, philosophie…) largement en avance sur la Chrétienté médiévale. Puis les choses ont changé. Les Européens puis leur essaim américain du nord ont pris la main. Les choses changeront encore, sont sans doute en train de changer. Peut-être qu’un jour l’Afrique (d’où est issu l’Homo Sapiens Sapiens) dominera le monde, va savoir. Partout les hommes sont des hommes, avec exactement les mêmes potentialités. Ces points ne sont pas objet de discussion. Ils constituent une donnée de base et disqualifient sans appel toute vision ou explication de l’état du monde ou de quoi que ce soit sur des bases raciales.

B)

1) Le grand anthropologue René Gosciny a montré que les humains ont tendance à s’engueuler (Cf. la série des Astérix). Pour ce faire ils prennent appui sur les différences entre les individus, leur caractère, leurs opinions. Dans le village gaulois ils finissent toujours par se réconcilier, ce qui donne lieu à un grand banquet. Sauf que le barde n’est jamais de la fête : il y assiste de loin, ligoté et baillonné. C’est drôle. Si on veut. Je trouve que ça laisse à penser…

2) Les groupes humains font de même, pour de multiples raisons. Et ils ont tendance a essentialiser leurs différences contingentes. Ce qui engendre des prises de position selon la formule : les Anglais sont… les rousses sont… les Arabes sont … qui annonce toujours qu’une ânerie va être proférée. Tout étiquetage d’un humain selon ce qu’il est (ou est supposé être) et non selon ce qu’il fait est inepte. Ce mouvement d’essentialisation excluante n’est pas très intelligent mais n’est pas forcément sous-tendu par une pensée raciste. Il est bien sûr à l’œuvre dans toutes les réactions et positions xénophobes. L’Autre dérange, nous dérange tous. Quoi de plus irritant que « le large dos de l’inconnu qui vous barre l’accès du comptoir aux saucisses » (Nabokov)…

3) Les gens qui travaillent dans le domaine du football ne sont pas différents. Ils ont les mêmes représentations, ils sont agis par les mêmes stéréotypes, ils ont les mêmes « réflexes » que l’ensemble de la population. Avec les mêmes proportions de bornés et de futés, de bienveillants et de crispés. Il s’ensuit forcément qu’ils sont, eux aussi, tout à fait en mesure de produire de la pensée malveillante et des énoncés stupides. On peut en tout cas le supposer.

4) La mise à la disposition du public de propos tenus lors d’une réunion de travail confirme qu’en effet, ce groupe humain n’est pas plus au clair que d’autres sur la question des différences et qu’il ne semble pas en mesure de la penser collectivement à l’écart de différents stéréotypes.

C)

C’est le scandale du siècle. Il importe de donner de la voix, de prendre des poses avantageuses qui ne doivent rien au marketing, qu'allez-vous penser là mon dieu mon dieu, d'avoir des réflexes stéréotypés au lieu de penser en nuances (et avec vigilance) pour comprendre (et contribuer à assainir).

Et d'oublier que pendant ce temps là…

NB Cela va sans dire mais je le dis quand-même : quand j’emploie le mot homme cela désigne l’espèce, constituée à parts égales de garçons et de filles.

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