Lettre ouverte à Christophe Louis du collectif "les Morts de la rue"

Cher Christophe Louis
Vous avez le 30 décembre dernier, au nom du collectif “les Morts de la rue” publié un article intitulé en substance Lettre ouverte à Christine Boutin, ministre du logement (Edition “Vivre à la rue tue”).
Vous n’avez pas publié cet article dans le Monde, Libération ou la Gazette de Trifouillis les Oies mais bien dans Médiapart.
Médiapart, comme son nom l’indique, a constitutivement l’ambition d’être un média participatif<!--break--> A cet effet, il est prévu que chaque article peut être commenté par les abonnés dans la rubrique commentaires. On peut penser que vous le savez.
Votre Lettre ouverte fut donc commentée. Fort peu hélas. (Il est vrai que par quelque aberration fonctionnelle dont j’ignore la cause technique il est impossible de recommander un article d’édition. Une maladie de jeunesse dont il faudra bien que notre Médiapart prenne un jour les moyens de se guérir...) Je dédie cette longue parenthèse à Dominique Wittorski (fin connoisseur en la matière) et je reviens sans grand plaisir à nos moutons.
En effet, sans grand plaisir, cher Christophe Louis, car la pente de mon caractère est ainsi faite que j’aime admirer, j’aime aimer, j’aime approuver, être d’accord, participer et toutes ces sortes de choses qui contribuent à rendre la vie meilleure. Un vrai petit boy-scout, trop chou...
Poursuivons.
J’avais remarqué dans votre article un passage qui fut pour moi une révélation. Je vous cite :
Il s’agit d‘entreprendre enfin la politique à long terme dont les principes sont bien connus de ceux et celles qui œuvrent depuis des années en contact avec les personnes de la rue, et dont vous connaissez depuis longtemps les propositions. Elle repose sur trois bases :
1) Des lieux de vie de taille modeste avec chambres individuelles, dans un fonctionnement respectueux de la personne, avec des durées de séjour longues.
2) Un accompagnement adapté à la diversité des personnes qui se sont retrouvées un jour à la rue (certaines ont avant tout besoin d’un logement, beaucoup ont vraiment besoin aussi d’un accompagnement de différents ordres, médical, psychiatrique, professionnel, humain…)
3) La possibilité pour tous d’en sortir par le haut, c’est-à-dire par l’accès au logement social.
Sans un développement en parallèle de ces trois actions, la société continuera à faire semblant de s’occuper des personnes de la rue, car c’est à peu près de cela qu’il s’agit pour l’instant
Une révélation, car je pensais jusque là que la résolution de ce problème passait par celle des problèmes fondamentaux auxquels nous nous heurtons depuis si longtemps et dont le sarkozysme n’est que le nom le plus récent et le plus caricatural.
Je n’ai pas changé d’avis sur le fond. Cependant ce n’est pas rien de découvrir que des gens comme vous, Christophe Louis, qui sont aux prises avec les destinées à la rue et qui en connaissent à coup sûr un bout sur la question, ces gens là ont un plan !
C’est même un plan en 3 points. Trois points parfaitement clairs et compréhensibles. Il peut être mis en œuvre par un gouvernement de droite, du centre ou de la gauche institutionnelle, à condition que l’opinion publique fasse pression.
Je me suis donc précipité donc sur l’onglet “commentaires” pour énoncer une proposition ayant pour but de vous aider à faire pression sur l’actuel gouvernement et sur les suivants.
Puis j’ai attendu votre réaction.
Attendu.
Attendu.
Le 14 janvier j’ai fini par penser que vous n’aviez pas eu le désir ou la possibilité de consulter les commentaires et que ce n’était pas vraiment du harcèlement de vous envoyer un Message Privé dont je vous rappelle les termes :
Bonjour Christophe Louis,
Votre Lettre ouverte publiée dans Médiapart m'a frappé particulièrement dans la mesure où vous proposez un plan d'action en 3 points qui semble validé par votre expérience et celle des autres acteurs de terrain. Nous sommes quelques uns à vouloir essayer de vous aider à faire passer cette information dans le public pour faire pression sur les pouvoirs. Bien sûr nous ne ferons rien qui ne soit 1) Documenté par vous - 2) Validé par vous, à charge pour vous de consulter vos partenaires.
Nous avons donc besoin de vous, ne serait-ce que pour savoir si vous trouvez cette proposition d'action pertinente.
Je vous propose de venir voir ici : http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/blog/virgil-brill/130109/la-rue-demolit-et-le-cirque-passe-0
A bientôt j'espère
Avec mes meilleures pensées
.

J’ ai attendu.
Attendu.
J’attends encore. Fidèlement. Plein d’espoir.
Ah, j’oubliais.
J’ai quand même obtenu une réaction. De Michaël Hajdenberg, le coordonnateur de l'édition. Il était blessé. Parce qu’à force d’attendre en vain j’avais fini par m’énerver et j’avais écrit un commentaire fâché (qui semble avoir disparu, hélas). Je me suis donc roulé dans la cendre en demandant pardon et j’en ai profité pour lui demander de vous toucher un mot de l’affaire. Fin de l’épisode.

J'attends.

Ou plutôt nous attendons. Car Médiapart est un média participatif.

A bientôt ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.