HONTE AUX ÉCOLOGISTES (ÉLOGE DE LA DÉCENCE)

Il vient de se produire un scandale majeur.
Par chance nous avons Jean-François Copé. Cet homme politique dont nous sommes tous fiers en impose par sa stature de véritable homme d'État. Fidèle à la haute idée qu'il se fait de sa mission, il veille en permanence à l'essentiel. Il a donc identifié le Mal avec cette acuité de jugement qui distingue de la masse les authentiques meneurs d'hommes. Puis, n'écoutant que son courage et son sens des responsabilités, il a su prononcer les paroles qui s'imposaient.
En effet depuis des lustres les écologistes essaient d'attirer l'attention sur l'épée de Damoclès qui menace l'humanité avec la prolifération du nucléaire civil. Ils disent : et si ?
Et si un avion… Et si une inondation… Et si un tremblement de terre…
C'est connu, ces gens là sont contre le Progrès et ils ont peur de leur ombre. Heureusement que dans le corps politique comme dans celui de la technoscience il y a des gens sérieux qui ne s'en laissent pas conter. Autrement il aurait fallu réfléchir et travailler à une autre (à des autres !) façon de produire de l'énergie, peut-être même à d'autres façons de vivre. Et on rigolerait moins au Japon en ce moment. On aurait juste un tremblement de terre et un raz-de-marée de première grandeur pour se distraire. Alors que là ils ont en plus pour le même prix un rappel d'un des grands moments de leur Histoire, vous savez, août 1945… Chacun sait combien les Japonais sont attachés à leurs traditions, je suis sûr qu'ils sont ravis.

C'est là que les écologistes font une entrée en scène extrêmement choquante. Sans la moindre décence, ils profitent de l'occasion, comme l'a si bien souligné monsieur Copé, pour réaffirmer la nécessité de sortir du nucléaire. Je vous demande un peu ! Quel culot et quel manque de tact ! Bien vu, monsieur. Vous avez su river leur clou à ces opportunistes sans principes. Nous sommes rassurés : alors que notre bien-aimé Président part complètement en quenouille, la relève est assurée. Nous pourrons donc continuer à donner au monde des leçons de bienséance. A l'image des marchés***, comme on dit pudiquement, qui sont en train d'enfoncer courageusement le Japon avec un sens de la solidarité humaine qui force l'admiration. Heureusement qu'on sait que le capitalisme et l'hyper libéralisme (le marchéisme, comme dit Jacques Généreux) sont les modes les très plus supérieurs de l'organisation humaine, pour m'exprimer dans un style présidentiel…
*** Pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom ? Spéculateurs, agioteurs, requins de la finance…

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