Adieu Raphaël Jornet, Adieu Léon, Adieu Fatarella - Raphaël Jornet nous a quittés

Au revoir RaphaëlArt Monica et Virgil BrillRaphaël Jornet (alias Léon de Léon et Paulette, ainsi que Fatarella)  nous a quittés hier matin.Son cœur de grand chêne s'est arrêté et il s'est abattu.

Au revoir Raphaël

Art Monica et Virgil Brill

Raphaël Jornet (alias Léon de Léon et Paulette, ainsi que Fatarella)  nous a quittés hier matin.

Son cœur de grand chêne s'est arrêté et il s'est abattu.

Nous sommes très tristes et pensons à Paulette, aux deux sœurs de Raphaël, à ses trois fils, à ses trois "petites-filles à pépé", à ses amis et à son chien Talis.

Il avait été opéré le 29 août 2013 d'une tumeur cérébrale, avant de subir une radiothérapie. Courageux quoi qu'il en dise, il avait dû supporter l'angoisse de l'attente "mortifère" entre chaque examen, la perte de la mobilité, de l'autonomie, de l'odorat et du goût, les vertiges, les douleurs, et les effets des dysfonctionnements hospitaliers - ceux-là mêmes qui vous amputent de votre dignité, et vous font douter de vous-même. "Enfoirés" disait-il parfois des soignants dépassés, lui qui, défenseur acharné des droits de chacun, voulait tout simplement "redevenir une personne adulte qui se prend en charge" et qui ne décolérait pas de devoir "stresser" pour ses besoins "les plus humbles".

Il avait pu enfin sortir de l'hôpital mercredi dernier pour intégrer un Centre de soins de suite où il se sentait compris, respecté et bien accompagné dans son désir de retrouver la station debout et la marche. "On va bosser fort pour reprendre du muscle". "J'emmène mon ordinateur portable ... Joies épistolaires à venir". "Dans un mois j'écris un billet sur les joies de la maladie en CHU".

C'est de ce lieu "idyllique", où il avait repris espoir et goût à la vie, qu'il est parti dans la 404 de Léon vers son étang "aux poissons tranquilles et typhas protecteurs. Elle est là la vie...dessus...dedans...dessous dans la vase argileuse où fouine l'anodonte".


Il écrivait le 3 novembre: "Je suis toujours calme et serein, vraiment: la perspective de revoir mes parents m'enchante: on pourra se dire plein de choses, longtemps, longtemps". Car il était lucide sur son espérance de vie: "Le rapport qualité/prix quand on fouille un peu ne donne que 40 semaines de souffle". En fait, il aura eu 22 semaines de souffle après ces mots, un souffle s'amenuisant au fur et à mesure que la "robustesse du bestiau" s'inclinait devant les coups de boutoir de la maladie et des traitements. "Comme la bougie qui voit s'approcher les lèvres qui vont l'éteindre... Comme si j'étais assis au volant du camion fou qui est lancé face au mur".


Lui qui aimait raconter des histoires, "celles que seuls peuvent raconter ceux qui savent mordre le mollet des rêves", il nous en avait régalés d'abord sur Mediapart puis sur le blog de Léon et Paulette. Des histoires pleines d'humour, voire de coquinerie, mais toujours dressées contre l'injustice.

 

Il savait, avec tendresse et rage, mordre le mollet des rêves.

Cher Raphaël.




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