L'insulte est une défaite de la pensée (A Marielle Billy et Michel Philips)

Ceci n'était pas destiné à être un billet. C'était juste, sur le fil d'un billet que j'avais pour des raisons d'hygiène personnelle pris soin de ne pas lire, une réponse aux commentaires de deux abonnés. Mais quand j'ai voulu poster ma réponse, j'ai pu voir que ce billet avait été censuré. Je m'adresse donc à ces deux abonnés par un autre canal.

Marielle Billy et Michel Philips,
J'ai écrit récemment dans un commentaire(*), en substance, que l'insulte est une défaite de la pensée. Je le pense profondément et je viens moi-même d'en administrer la preuve en perdant un instant les pédales, en échouant à penser. En effet, le moment où j'ai insulté Yvan Najiels a été un paroxysme extrêmement pénible pour moi, je pense que vous vous en doutez. Je n'arrivais plus, pour diverses raisons, à penser l'hostilité à la fois sourde, aveugle et omnisciente qui m'était opposée, cette coupure objectivante irrémédiable, butée (impensable ?).
J'avais décidé de me tenir à l'écart de ce personnage, l'ajoutant à la collection des symptômes sur lesquels j'essaie de réfléchir en ce moment, essayant de faire le lien entre la trahison des zélites, la nouvelle montée de Le Pen, la grande apothéose binaire du mode anathème-et-excommunication dans le club au détriment de toute tentative de penser hors des clous de la bien-pensance catho-néostalinienne, le constat que le peuple français est sur les nerfs (moi y compris) etc. Et puis quand j'ai vu son commentaire de chaisière énamourée dans le chœur des chaisières énamourées après le sermon de monsieur le curé à la grand messe, j'ai craqué. Toute ma rage, toute mon incompréhension, toute ma blessure devant cette impossibilité d'être dans le contradictoire en restant dans l'humain et l'élaboration d'une réflexion les uns par les autres, tout cela a fusé en un geyser verbal incontrôlé. J'ai moi-même, un instant, dénié en quelque sorte l'humanité de celui qui s'était institué mon ennemi radical.

Désolé, mes amis.

Virgil Brill


(*) Sur un fil de Michel Alba. Il paraît que c'est grave. Il convient, semble-t-il, de montrer qu'on appartient au camp des bons en boycottant ou en insultant ce monsieur quoi qu'il exprime. Comme j'essaie de trier et de comprendre, que je discute, que je critique, que je conteste mais tout cela sans nier sa liberté d'expression et la légitimité qu'existe ce point de vue, je suis évidemment un ceci et cela…

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