De quoi Michel Alba est-il le nom ? (Supplique à ma gauche)

J'ai commencé à écrire un commentaire sur le billet de notre cher Velveth et j'ai vite compris que ça allait être un peu long. Donc plutôt que de troller en m'installant sur le fil d'un camarade j'ai ouvert un billet, que voici. Un coup de cœur, comme ont dit dans les rubriques conso des magazines décervelés…

J'ai commencé à écrire un commentaire sur le billet de notre cher Velveth et j'ai vite compris que ça allait être un peu long. Donc plutôt que de troller en m'installant sur le fil d'un camarade j'ai ouvert un billet, que voici. Un coup de cœur, comme ont dit dans les rubriques conso des magazines décervelés…


Souillure ?
Diable (c'est le mot…)
L'heure est grave. Un frisson Sacré agite nos épaules, nous conférant comme un p'tit air sarkozoïde : vade retro Satanas ferait un peu désuet alors que casse toi pauv'con, tout le monde peut comprendre ça.
Bon, frisson sacré… Peut-être bien que je m'exalte. Peut-être bien que fou-rire serait plus approprié, tant il me paraît évident qu'il y a du pétage de plombs dans l'air. Mais c'est que tout le monde a l'air hachement sérieux, peut-être qu'un fou-rire serait mal perçu ? Ils sont tous (presque) à défendre l'humanité et la civilisation gravement menacées par Michel Alba et moi je rigolerais comme un galopin ? Tsst tsst, c'est pas des façons.
Mais alors comment je fais ? Je peux pas rester les bras ballants à regarder ailleurs. C'est mes frères, vous comprenez. Frères humains, bien sûr mais en plus frères de gauche. Et là malgré mes tendances incorrigibles à l'irrespect j'ai pas trop envie de rigoler. Parce que la gauche, si j'osais, je l'écrirais bien avec une majuscule. La Gauche. Voilà, je l'ai fait. G majuscule. Ça fait du bien. Excusez moi, mais de temps en temps il faut bien se dorloter un peu. Parce que la route est longue…
La Gauche donc.
Attention, j'ai pas dit qu'à droite ou au centre ou je ne sais où il n'y a pas aussi des idées qui, dont, euh, c'est pas que je sois sectaire mais franchement, là, pour le moment, y a rien qui me vient. Ah si : le conservatisme. Je suis conservateur. J'aime pas qu'on abatte une forêt, j'aime mieux qu'on la conserve. J'aime pas qu'on tue un cheval ou un homme, j'aime mieux qu'on le conserve. Et les mouches ? J'ai pas dit que j'étais allumé, non plus !
Bon, prenons à la droite le conservatisme, faisons en une valeur de gauche, en le rebaptisant parce que quand-même, de quoi on aurait l'air, appelons ça par exemple je sais pas moi, et je vais pas décider tout ce…
-Oh, le bavard ! Et Michel Alba là-dedans.
- Oui, Michel Alba. Mais si ça ne vous ennuie pas, j'en suis encore à la gauche et Michel Alba j'ai pas l'impression que la gauche c'est sa synagogue. La gauche, pérorais-je, c'est ce qui ne se résigne pas à l'injustice ou au malheur, qui essaie de détordre ce qui est tordu, qui rêve d'un destin meilleur pour l'humanité, qui récuse la tradition quand la tradition aliène (ah oui, ce conservatisme là, beurk) qui cherche et qui réfléchit et qui n'a pas froid aux yeux et qui cherche à comprendre cherche à comprendre cherche à comprendre. Ouvrir une école c'est fermer une prison, ce genre de chose…
- La barbe avec ton sermon ! Et Michel Alba ?
- Excusez moi, j'oubliais que Michel Alba c'est la véritable urgence.
Et bien, Michel Alba, c'est un être humain. Qui ne pense pas comme moi. Qui à certains égards me semble un adversaire politique parce qu'il a une vision partisane de certaines choses. Partisane mais sans bassesse ni mauvaise foi (je reconnais que pour la bonne foi je ne suis pas très bon juge parce que je crois toujours que les gens sont de bonne foi). Il n'appelle pas au meurtre, il n'est pas raciste, il a des musulmans une vision extrêmement défavorable qui me paraît d'une noire connerie comme à chaque fois qu'on veut homogénéiser un groupe humain mais aussi on peut comprendre pourquoi, je trouve que ça serait mieux d'en parler avec lui que de lui lancer des injonctions à penser korrectement mais je reconnais que c'est pas facile parce qu'il a tendance à envoyer sur les roses, moi ça me dérange pas mais ça facilite pas la conversation, de toutes façons qu'est-ce que ça change puisque personne ne veut se souiller au contact d'un sale sioniste, je ne fermerai pas ce billet aux commentaires et ne l'effacerai pas de mon plein gré quoi qu'il s'y dise, bien à vous mes frères (et sœurs, ça va sans dire) de gauche.

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