Le manque d'humanité du maire de Thyez (74)

En plaine canicule un maire décide, contre l'avis du sous-préfet de faire démonter les bornes à incendie pour priver d'eau un campement de gens du voyage, privant des êtres humains du bien le plus précieux sur cette terre. Sans parler du danger que cela représente pour les riverains, sans borne à incendie les pompiers devraient utiliser des citernes en cas de sinistre.

Depuis le 22 juin, un campement des gens du voyage est privé d'eau sur intervention du maire de Thyez en Haute-savoie, malgré l'intervention de riverains, de militants de la France Insoumise, de représentants de "Eau bien commun", ce dernier ne veut rien entendre, à 2 reprises il a fait intervenir les techniciens de "Suez" accompagnés de gendarmes pour dans un 1er temps couper l'eau des bornes incendie avoisinantes et le lendemain faire démonter les vannes car l'eau avait avait été rétablie sur une des bornes. Malgré une entrevue avec le sous-préfet qui a assuré les militants de tout faire pour convaincre le maire de revenir sur sa décision, ce dernier en rajoute une couche par une interview à une radio locale (radio mont-blanc) expliquant que "ces gens peuvent aller chercher de l'eau dans un ruisseau proche ou dans l'Arve (qui coule à 1,5km de là), et que après la coupure d'eau ce sera la coupure d'électricité, puis l'épandage de purin...". voir le lien ici.

Ci-dessous le communiqué publié par le comité de défense :

THYEZ et les gens du voyage par un groupe de citoyens de Thyez ,

des environs et des militantes et de militants de « La France Insoumise »

                                 

Depuis Mercredi 21 Juin un groupe d’une quarantaine de caravanes de gens du voyage stationne sur un terrain communal  situé entre l’avenue des vallées et l’impasse des coquelicots,  car le terrain municipal dédié aux gens du voyage est plein. Ce groupe de voyageurs, nous précisons sans aucune dégradation  (contrairement à  ce qui été avancé par la radio Mont blanc), c’est branché sur la borne incendie pour pouvoir se fournir en eau.                            

                            Des jeudi 22 Juin en tout début de matinée, Le maire de la commune, appuyé par la gendarmerie et un employé de la société Suez, a pris la décision de faire fermer tous les accès à l’eau sur ce terrain et cela en pleine alerte canicule sur plusieurs départements français. Deux dangers : les gens du voyage qui ne peuvent plus s'hydrater et les habitants du lotissement,  en cas d'incendie, ne pourrons pas être secourus.

                            A l’appel d’un voisin du terrain indigné par cette situation une délégation de Thylons et de militantes  et  militants de la France Insoumise ont pris la décision de demander une entrevue avec Monsieur le Sous Préfet à  Bonneville . Celui-ci a accepté de nous recevoir et  nous a assuré qu’il appellerait Mr Catala le maire de Thyez pour lui demander quelles solutions il envisageait pour résoudre cette situation. 

                            Ensuite nous nous sommes rapprochés de ce groupe de voyageurs pour connaitre leur situation. Eux même nous ont indiqué qu’ils se conformeraient aux décisions de justice en cas d’ordonnance d’expulsion. En attendant ils ne demandent qu’un accès à l’eau,  qui est un droit fondamentale, et l’installation d’une benne à ordures afin de maintenir l’hygiène des lieux et nous assurent être prêts à régler le montant de ces services. 

                            Nous avons contacté des militants de la « coordination Eau Bien Commun France » qui nous ont assuré de leur soutien et qui nous ont confirmé que d’interdire l’accès à l’eau était un délit. 

Le droit à l’eau est un droit constitutionnel fondamental.

                             Le Vendredi 23 Juin (Alors que l’eau avait été rétablie entre temps sur au moins une des bornes) une dizaine de gendarmes, la police municipale et un employé de l’entreprise Suez, sur ordre du Maire, coupaient l’eau aux bornes à proximité du champ en enlevant des vannes qui pouvaient permettre la remise en fonction.

                            Nous sommes indignés de la situation qui est faites à ces personnes et qui privilégie une réaction brutale plutôt qu’un dialogue constructif qui malgré toutes les difficultés inhérentes à ces situations ne peuvent qu’amener plus de violences dans les relations avec ces citoyens vivant sur le territoire français qu’ils soient français ou non. Pour l’instant ce groupe n’a pas d’eau et, sur les ondes de radio Mont Blanc, monsieur le Maire fait des déclarations honteuses leur proposant d’aller chercher à boire dans le ruisseau et leurs promettant, un épandage de purin pour les chasser. 

Où sommes-nous ? Dans un état de droit ? Ou dans une situation où toutes les violences sont permises. Il s’agit d’une atteinte aux droits humains. Ces propos sont outranciers et scandaleux, et mérite notre réaction et notre solidarité indignée.

 

Une chaine de l'eau a été mise en place par des gens de bonne volonté, chaque jour des volontaires apportent des bidons et des bonbonnes sur le campement en attendant qui l'eau soit rétablie. 

 

 

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