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Billet de blog 16 nov. 2022

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Friot/Lordon : La socialisation autre de la valeur

Une cotisation de 8% sur la valeur ajoutée des entreprises collecterait 120 milliards, 80 pour abonder la carte Vitale de 100 euros par paersonne et par mois qui ne seraient utilisables qu'auprès des producteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs alternatifs à l'agro-business, et 40 pour acheter de la terre (lire : https://www.reseau-salariat.info/dossiers/).

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Une croyance typiquement capitaliste, veut que la nécessaire avance d'argent pour financer les entreprises, et en particulier leur investissement, qu'elle ait lieu par création monétaire ou par prêt d'une épargne, ne peut prendre que a forme du crédit.

Au contraire, la mise en place des CHU et la transformation des auspices en hôpitaux locaux dans les années 1960 ont apporté la preuve qu'à grande échelle l'avance monétaire peut prendre la forme de la subvention.

Comme toute avance monétaire, elle repose sut l'anticipation d'une production de valeur, mais cette valeur nouvelle ne sert pas à renforcer le pouvoir des créanciers à travers leur remboursement par des travailleurs qui forgent leur chaîne en se désendettant, comme dans le capitalisme.

La valeur nouvelle est socialisée dans une cotisation allant à des caisses gérées par les travailleurs, caisses qui, en t+1, subventionneront à nouveau, pour l'essentiel par création monétaire, la cotisation permettant le  retrait de la monnaie créée par la subvention.

Le cycle subvention de projets/cotisation de la valeur ajoutée générée se construit ainsi contre le cycle crédit/profit, c'est à dire, je l'ai évoqué tout à l'heure, contre la socialisation capitaliste du profit sur des marchés financiers et une création monétaire génératrice de dettes remboursées entreprise par entreprise.

Cet assèchement du capital par socialisation communiste de la valeur ajoutée est un tout autre projet que sa taxation, une pratique vouée à l'impuissance parce qu'elle augmente (et non pas diminue!) la puissance du capital.

La taxation légitime le capital, puisque ce dernier devient nécessaire au financement fiscal de l'économie.

Et en conséquence de ce pouvoir sur la production publique qui vient redoubler celui qu'il, exerce sur la production privée, le capital continue à tenir en otage la société, si bien qu'il est en capacité de déjouer à terme toutes les taxations dirigés contre lui, comme les travaux de Thomas Piketty l'on montré.

J'insiste aussi sur le fait que le cycle subvention/cotisation est très supérieur au cycle crédit/profit taxé, y compris quand le crédit est public, pour une raison politique et pour une raison idéologique.

La raison politique est que seule une mutualisation des valeurs ajoutées des entreprises rend possible un tissu productif harmonieux, les branches en expansion ou assises sur un marché mûr contribuant au financement des avances aux branches en difficulté ou au marché entrain de se construire.

Ce que ne permet pas le crédit public, puisque comme pour le crédit privé c'est à chaque entreprise de rembourser sa dette.

Le confinement nous donne l'exemple de l'absurdité de la logique crédit/profit taxé : les GAFAM sont entrain d'asseoir leur empire sur les secteurs et entreprises qui ont été empêchés, du fait même de cet empêchement qui leur a laissé carte blanche, et nos gouvernements sont là à faire de la com sur leur taxation éventuelle !  

Alors que si leur valeur ajoutée avait été socialisée, et mise au service de l'ensemble de l'activité économique, le tissus industriel en aurait été renforcé sans que pèse sur nos vies la menace d'austérité pour rembourser - toujours la dette - les aides de l'Etat aux entreprises.

C'est aux entreprises de s'aider mutuellement par la socialisation de leur valeur ajoutée (ce qui n'ôte pas l'éventualité d'une décision démocratique de cesser l'investissement dans un secteur en déclin ou de trouver une autre manière de valider sa valeur d'usage que par des préférences privées des consommateurs).

Ce qui existe déjà en matière de salaire socialisé doit être maintenant étendu à l'investissement, avec, bien sûr, dans l'un comme dans l'autre cas, la valeur ajoutée (et non pas la masse salariale) comme assiette de cotisation.

L'assiette masse salariale incite à la pratique capitaliste d'élimination du travail vivant, puisque la réduction des effectifs réduira les cotisations.

L'enjeu idéologique du cycle subvention/cotisation tient, lui, à ce qu'il s'attaque à une des fables essentielles du travail capitaliste : le caractère naturel de son fondement dans l'endettement .

La dette renforce le pouvoir des prêteurs et est effectivement essentielle à la logique capitaliste, mais loin d'être naturelle elle est le fruit d'une socialisation capitalistique de la valeur dans les centres de profit.

Leur existence est intimement liée à une création monétaire par endettement et leur pouvoir se renforce en permanence du fait même de la part de la valeur ajoutée qu'exige leur remboursement.

L'anthropologie capitaliste du travail repose ainsi sur deux jambes de bois qui laissent les travailleurs claudiquant à vie : leur libre présence sur les marchés du travail et des biens de services, et la dette à rembourser avant même qu'ils se soient mis au travail.

Ce sont pourtant les travailleurs qui produisent la valeur, et eux seuls, mais non, elle se retourne contre eux, elle pèse sur eux de tout le poids de la dette !   

Aller demander du travail "ou, comme indépendant, travailler "à ses risques et périls" font l'objet d'un cathéchisme minutieusment enfoncé dans les têtes.

Jusqu'à l'ahurissant sujet du bac de SES cette année pour les candidtas libres, fruit de la réforme du programme imposée par Blanquer :"Vous montrerez que des politiques de flexibilisation du marché du travailpermettetn de lutter contre le chômage structurel.

De même la religion capitaliste veille à l'adhésion au dogme de l'endettement préalable du travailleur.

Je souffle aux curés qui conseillent Blanquer le sujet du bac l'an prochain les sujet du bad de l'an prochain : "Vous montrerez que la dette d'investissemetn des entreprises est au fondement d'une création monétaire au service de la transition écologique."

Un beau sujet de religion d'Etat qu'il pourra imposer aux collègues en pratiquant évidemment, avec l'aide de Marianne et du Printemps républicain, une diversion "laïque" du type lutte contre l'islamogauchisme et/ou le séparatisme de l'intersectionnalité.

Les propositions de gauche de "pôle public du crédit", qui critiquent le mauvais crédit au nom du bon , ne sont pas que dérisoires comme le sont celles de "taxation du capital".

Elles sont irresponsables car elles laissent, comme d'habitude, sur le terrain de l'adversaire, celui de la dette, faute d'actualiser et de généraliser le déjà-là communiste de l'avance monétaire par subvention.

Au contraire pour les travailleurs, tout l'enjeu, proprement anthropologique, est de passer de la dette à rembourser à la responsabilité de créer une valeur communiste.

Le capitalisme soumet les travailleurs pat la dette d'investissement : il est urgent de reprendre la dynamique, aujourd'hui interrompue, de socialisation de la valeur dans les caisses gérées par les travailleurs et assurant le salaire à vie des personnes et la subvention de l'investissement.

Alors que le capitalisme, par une étrange inversion des rôles, pose comme endettés ceux-là mêmes qio prodisent al valeur, les communistes les libère de ce fatum, charge à eux, bien sür, d'assurer à l'échelle macroéconomique, en regard des subventions, la production dont ils ont pris la direction.

J'en viens justement à la propriéré de l'outil, condidition nécessaire de a direction de la production.

Sa propriété d'usage par le collectif de travailleurs qui l'utilisent est évidente et ne pose pas de problème particulier.

Mais un outil, qu'il soit terrain, murs, machines, logiciels, etc., ne fait aps que servir, il vaut : on l'achète, on le vend, c'est un patrimoine.

Quid de la propriété patrimoniale ?

C'est une question plus complexe.

Les groupes locaux Grand Paris et Essonne de Réseau Salariat ont organisé l'an dernier à la Bourse du Travail un passionnant séminaire sur l'entreprise* .

Edst-ce que c'est le collectif propriétaire d'usage qui doit être aussi propriétaire patrimonial ?

Je pense que non.

Le collectif et l'outil n'ont pas la mëme temporalité, n'engagent pas les mêmes intérêts ; les exemples des coopératives où des sociétaires sont à la fois propriétaires d'usage et patrimoniaux ne sont pas convaincants.

Nea faut-il pas plutôt dégager l'entreprise de considérations patriloniales, avec une otut autre pratique du bilan, dédié à la préservation des ressources ?

La responsabilité de l'entreprise n'est pas de gérer un patrimoine, mais de veiller à la santé à la culture, à l'intervention constante des travailleurs, ainsi qu'au bonusage des ressources naturelles et à leur conservation, ceq ui suppose d'ailleurs, comme l'a montré le séminaire sur l'entreprise, une mutation de la comptabilité privée.  

* Daniel Bachet et Benoît Borris (dir.), Dépasser l'en,treprise capitaliste. Editions du Croquant, "Cahiers du salariat", Vulaines-sur-Seine, 2021.

https://www.contretemps.eu/communisme-friot-lordon-recension-harribey/

Je suggère aussi un jeu non pas à deux (l'entreprise et la caisse des avances monétaires), mais à trois : l'entreprise, propriété d'usage des travailleurs, la caisse d'investissement qui procède aux avances d'argent et la collectivité sans but lucratif qui est propriétaire patrimonaile de l'outil.

En cas de conflit sur l'usage de l'outil ou de défaillance d'un collectif, c'est cette dernière qui tranche en confiant éventuellement l'outil à un autre collectif.

Cette présence d'un tiers entre caisse et entreprise peut se révéler également utile pour éviter un dialogue dans lequelle la caisse pourrait disposer de trop de pouvoirs sur l'entreprise.

Je précise au passage que la caisse d'investissement, gérée par les travailleurs comme toutes les instances de la valeur, aurait certes un fianancement par cotisation interprofessionnelle nationale, mais que ses déclinaisons locales et sectorielles seraient multiples, et que les entrprises pourraient s'adresser à plusieurs caisses.

Il faut veiller en permanence à l'euphémisation de la violence des rapports de pouvoir.

Par ailleurs, la taille et le type de collectivités non lucratives propriétaires patrimoniales (gérées égalment par les travailleurs) varieraient évidemment selon l'impact de l'outil ; une boulangerie de quartier ne relève pas d'une collectivité de même ampleur qu'un réseau de transports ferroviaires.

Troisième dimension de la socialisation entre, l'usage d'une monnaie marquée, utilsable uniquement auprès de professionnels conventionnés.

Je suis pour la division du travail rendant possible un métabolisme actif avec la nature, et donc par le maintien du marché (administré, je vais y venir).

En dehors, bien sûr de biens et services qui doivent devenir gratuits ou retrouver leur gratuité, comme les soins, l'éducation ou les premières consommations d'eau et d'énergie.

Je suis donc pour la monnaie (et je le suis aussi pour un eautre raison que j'aborderai dans un instant). 

Ce qui nous préoccupe, à savoir la dynamique du mouvement communiste de sortie du capitalisme, trouve dans la monnaie marquée un outil très efficace de déplacement de la production.

Car seuls des professionnels conventionnés u sont éligibles, et il est donc possible d'assurer un marché à des producteurs et distributeurs non capitalistes aujourd'hui marginaux, tout en poussant les salariés de producteurs capitalistes à prendre le pouvoie dans leur entreprise pour qu'elle devienne éligiblé elle aussi.

Il s'agit de fournir un outil macroéconomique à la seule démarche qui me semble aujourd'hui en mesure de porter le mouvement des orite du capitalisme : la prise de contrôle du travail par les travailleurs.

Cette monnaie peut être libellée en euros, mais pour retrouer une souveraineté monétaire sans quitter la zone euro on peut imaginer une monnaie fiscale non convertible, du type de celle que préconise Bruno Théret (Bruno Théret et Thomas Coutrot, "systèmes fiscal de paiement complémentaire : un dispositif pour renverser l'hégémonie" Revue française de Socio-Economie, 2019/1, n°22,p. 163 à 170.

Nous n'aurions pas alors à nous heurter aux diktats de l'union européenne pour déployer à l'échelle nationale interprofessionnelle une monnaie soutenant activment le passage au communisme de tout une série de productions par leur mise en sécurité sociale.

Dans cette affaire, les critères de conventionnement son tévidemment décisifs.

Lorsque notre système de production de soin s'est mis en place dans les années 1960, les entreprises de médicaments étaient encore largement publiques.

Sauf que les privatisations menées sans discontinnuer depuis le gouvernement Chirac de la première cohabitation sans qu'aient changé les critères de conventionnement ont fait de l'assurance maladie la vache à lait de Sanofi : pour éviter que la solvabilisation crée un marché captif pour les grojupes capitalistes, il faut évidemment que le conventionnement des producteurs et distributeur repose sur des critères qui remontent loin dans la filière pour éliminer ces groupes.

Ainsi, ne pourraient être conventiponnés que des entreprises ne vedant pas leur production ç un groupe capitaliste ou ne s'approvisionnant pas auprès de lui.

La convention permet d'ncadrer la marché par l'établissement de prix négociés.

Les critères de conventionnement permettent d'orienter la production dans unsens décidé par des instances démocratiques au ressort territorial adéquat, selon que els biens et seervices son tponctuels ou de réseau.

Parmi les critères possibles : propriété d'usage des salariés, non appel au marché des capitaux, absence de propriétaires capitalistes, prix et produits correspondant aux normes de la convention, cotisatin de la valeur ajoutée à la caisse de sécurité sociale qui verse les salaires à la qualification personnelle et qui fait aux entreprises les avances d'argent par subvention.

A Réseau Salariat https://www.reseau-salariat.info, nous avons engagé une discussion avec d'autres organisations, des réflexions sur une première série de mise en sécurité sociale de productions ; alimentation, culture, logement, transport de proximité, travail domestique.

Ainsi en matière d'alimentation, une cotisation de 8% sur la valeur ajoutée des entreprises collecterait 120 milliards, 80 pour abonder la carte Vitale de 100 euros par paersonne et par mois qui ne seraient utilisables qu'auprès des producteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs alternatifs à l'agro-business, et 40 pour acheter de la terre, convertir au bio et installer 2 millions de procucteurs et dsitributeurs dans les dix ans, payer à tous les conventionnés  un salaire à la qualification personnelle et subventionner leurs investissements.

Le tiers du marché de l'alimentation échappant à la grande distribution, qui ne serait évidemment pas conventionnée, ses salariés, dont l'emploi sera mis en péril, seront soutenus dans la création d'entreprises de distributeurs éligibles (lire :  https://www.reseau-salariat.info/dossiers/).

😎

A bientôt.

Amitié. 

La socialisation autre de la valeur pages 44/52 (extraits)

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