80 parlementaires ont voté contre l’abolition du régime républicain

TROIS MINUTES, trois questions © Christophe Pommeray
TROIS MINUTES, trois questions © Christophe Pommeray

80 parlementaires ont voté contre l’abolition du régime républicain

A partir de cette date, Vichy devient, pendant plus de quatre ans, la Capitale de l’Etat Français.

Le 10 juillet 1940, 600 députés et sénateurs étaient réunis dans
la Salle de l’Opéra de Vichy. 80 parlementaires ont refusé de voter les
pouvoirs constituants au gouvernement Pétain.

Voici leurs noms :

M. Marcel ASTIER Sénateur de l'Ardèche (1885-1947)
M. Jean-Fernand AUDEGUIL Député de la Gironde (1887-1956)
M. Vincent AURIOL Député de la Haute-Garonne (1884-1966)
M. Alexandre BACHELET Sénateur de la Seine (1866-1945)
M. Vincent BADIE Député de l'Hérault (1902-1989)
M. Camille BEDIN Député de la Dordogne (1893-1979)
M. Emile BENDESénateur du Rhône (1871-1953)
M. Jean BIONDI Député de l'Oise (1900-1950)
M. Léon BLUM Député de l'Aude (1872-1950)
M. Laurent BONNEVAY Député du Rhône (1870-1957)
M. Paul BOULET Député de l'Hérault (1894-1982)
M. Georges BRUGUIER Sénateur du Gard (1884-1962)
M. Séraphin BUISSET Député de l'Isère (1870-1949)
M. Gaston CABANNES Député de la Gironde (1882-1950)
M. François CAMEL Député de l'Ariège (1893-1941)
M. Pierre de CHAMBRUN Sénateur de la Lozère (1865-1954)
M. Auguste CHAMPETIER DE RIBES Sénateur des Basses-Pyrénées (1882-1947)
M. Pierre CHAUMIE Sénateur du Lot-et-Garonne (1880-1966)
M. Arthur CHAUSSY Député de Seine-et-Marne (1880-1945)
M. Joseph COLLOMP Député du Var (1865-1946)
M. Octave CRUTEL Député de Seine-Inférieure (1879-1961)
M. Achille DAROUX Député de la Vendée (1866-1953)
M. Maurice DELOM-SORBE Député des Basses-Pyrénées (1898-1986)
M. Joseph DEPIERRE Sénateur du Rhône (1888-1961)
M. Marx DORMOY Sénateur de l'Allier (1888-1941)
M. Alfred ELMIGER Député du Rhône (1886-1958)
M. Paul FLEUROT Sénateur de la Seine (1875-1946)
M. Emile FOUCHARD Député de Seine-et-Marne (1902 - 1996)
M. Edouard FROMENT Député de l'Ardèche (1884-1973)
M. Paul GIACOBBI Sénateur de la Corse (1896-1951)
M. Justin GODART Sénateur du Rhône (1871-1956)
M. Félix GOUIN Député des Bouches-du-Rhône (1884-1977)
M. Henri GOUT Député de l'Aude (1876-1953)
M. Louis GROS Sénateur du Vaucluse (1873-1963)
M. Amédée GUY Député de la Haute-Savoie (1882-1957)
M. Jean HENNESSY Député des Alpes-Maritimes (1874-1944)
M. Lucien HUSSEL Député de l'Isère (1889-1967)
M. André ISORE Député du Pas-de-Calais (1891-1968)
M. Eugène JARDON Député de l'Allier (1895-1977)
M. Jean-Alexis JAUBERT Député de la Corrèze (1879-1977)
M. Claude JORDERY Député du Rhône (1876-1945)
M. François LABROUSSE Sénateur de la Corrèze (1870-1951)
M. Albert LE BAIL Député du Finistère (1898-1952)
M. Joseph LECACHEUX Député de la Manche (1880-1952)
M. Victor LE GORGEU Sénateur du Finistère (1881-1963)
M. Justin LUQUOT Député de la Gironde (1881-1944)
M. Augustin MALROUX Député du Tarn (1900-1945)
M. Gaston MANENT Député des Hautes-Pyrénées (1884-1964)
M. Alfred MARGAINE Député de la Marne (1870-1953)
M. Léon MARTIN Député de l'Isère (1873-1967)
M. Robert MAUGER Député du Loir-et-Cher (1891-1958)
M. Jean MENDIONDOU Député des Basses-Pyrénées (1885-1961)
M. Jules MOCH Député de l'Hérault (1893-1985)
M. Maurice MONTEL Député du Cantal (1900 - 1996)
M. Lionel de MOUSTIER Député du Doubs (1882-1945)
M. Marius MOUTET Député de la Drôme (1876-1968)
M. René NICOD Député de l'Ain (1881-1950)
M. Louis NOGUERES Député des Pyrénées-Orientales (1881-1956)
M. Jean ODIN Sénateur de la Gironde (1889-1975)
M. Joseph PAUL-BONCOUR Sénateur du Loir-et-Cher (1873-1972)
M. Jean PERROT Député du Finistère (1889-1976)
M. Georges PEZIERES Sénateur des Pyrénées-Orientales (1885-1941)
M. André PHILIP Député du Rhône (1902-1970)
M. Marcel PLAISANT Sénateur du Cher (1887-1958)
M. François TANGUY-PRIGENT Député du Finistère (1909-1970)
M. Paul RAMADIERDéputé de l'Aveyron (1888-1961)
M. Joseph-Paul RAMBAUD Sénateur de l'Ariège (1879-1944)
M. Léon ROCHE Député de la Haute-Vienne (1895-1944)
M. Camille ROLLAND Sénateur du Rhône (1875-1964)
M. Jean-Louis ROLLAND Député du Finistère (1891-1970)
M. Joseph ROUS Député des Pyrénées-Orientales (1881-1974)
M. Jean-Emmanuel ROY Député de la Gironde (1887-1962)
M. Henri SENES Sénateur du Var (1877-1961)
M. Philippe SERRE Député de Meurthe-et-Moselle (1901-1991)
M. Paul SIMON Député du
Finistère (1886-1956)
M. François
TANGUY-PRIGENT Député du Finistère (1909-1970)

M. Gaston THIÉBAUT Député de la Meuse (1898-1982)
M. Isidore THIVRIER Député de
l'Allier (1874-1944)
M. Pierre
TRÉMINTIN Député du Finistère (1876-1966)
M. Michel ZUNINO Député du Var (1889-1951)

 

Le site internet en l’honneur des 80

Le Comité en l’honneur des 80 Parlementaires du 10 juillet 1940 est présidé actuellement par M. Joseph Blethon
M. Jean Marielle, ancien Président, est le co-auteur avec M. Jean Sagne d’un ouvrage intitulé :
"Pour la République - LE VOTE DES 80 A VICHY LE 10 JUILLET 1940"

Les 3 derniers départs de ce monde :

M. Emile FOUCHARD Député de Seine-et-Marne (1902 - 1996)

Né le 20 février 1902 à Bannay (Cher).
Député de Seine-et-Marne de 1936 à 1942.
Si Emile Fouchard naquit dans le Cher, c'est à Chelles qu'il passa la plus grande partie de son enfance, entra en apprentissage au sortir de l'école, devint menuisier et fonda finalement une entreprise artisanale de menuiserie. Dès 1918, il avait milité dans les rangs des jeunesses socialistes de Seine-et-Marne dont il fut trésorier. En 1920, lors de la scission du Congrès de Tours, il avait pris le parti de la IIIe Internationale et se trouva ainsi parmi les membres des premiers adhérents du parti communiste. Il participa en 1924 aux grèves du bâtiment et créa, l'année suivante, à Chelles, une section de défense des locataires.
Élu conseiller municipal de Chelles le 12 mai et maire de cette commune le 19 mai 1935, il se présenta aux élections générales de 1936, comme candidat communiste, dans la première circonscription de Meaux. Ayant obtenu 7.578 voix sur 22.239 votants, il fut devancé au premier tour par le député sortant Nast, républicain de gauche, tandis que le candidat socialiste et le candidat radical-socialiste recueillaient respectivement 3.319 et 1.519 voix ; le jeu des désistements assura son succès au second tour, où 11.334 suffrages sur 22.446 votants se groupèrent sur son nom, tandis que Nast n'obtenait que 10.787 voix.
Inscrit au groupe communiste, membre de la commission de l'Alsace et de la Lorraine et de la commission des comptes définitifs et des économies, il rapporta les projets de loi relatifs au règlement définitif du budget des travaux publics pour 1934, 1935 et 1936 et déposa trois demandes d'interpellation, sur des conflits du travail survenus à Chelles.
Lors de l'application de la loi du 20 janvier 1940 tendant à la déchéance des parlementaires communistes, la commission considéra qu'il remplissait les conditions fixées par la loi et, finalement, après discussion et rejet d'un amendement, il échappa à la décision de déchéance prononcée contre la plupart de ses collègues.
Le 10 juillet suivant il vota contre l'octroi des pleins pouvoirs au gouvernement du maréchal Pétain.

M. Maurice MONTEL Député du Cantal (1900 - 1996)

Né le 10 juin 1900 à Espaly-Saint-Marcel (Haute-Loire).

Député du Cantal de 1936 à 1942.
Auvergnat de vieille souche et fils de paysan, Maurice Montel a fait ses études à Paris, d'abord au lycée Saint-Louis, puis à l'Ecole spéciale des travaux publics, d'où il est sorti avec le diplôme d'ingénieur. Sous-directeur de la compagnie d'assurances Le Monde, il s'intéresse très tôt à la politique et, déjà conseiller d'arrondissement depuis 1934, il se présente aux élections législatives de 1936.
Candidat « républicain radical indépendant » dans le département du Cantal pour la circonscription de Murat-Saint-Flour, il qualifie d'abord sa candidature d'« énergique protestation contre le règne néfaste des vieilles équipes gouvernementales ». Puis, il expose un programme où figurent notamment la défense de la liberté.
En ballottage à l'issue du premier tour de scrutin, Maurice Montel est élu au second tour, le 3 mai 1936, par 8.771 voix sur 16.817 votants, contre 7.916 à son concurrent M. Sagette. Il succède à M. Stanislas de Castellane, qui s'est retiré entre les deux tours. Inscrit au groupe de la gauche indépendante, le nouvel élu du Cantal est nommé membre de la commission d'assurance et de prévoyance sociale, puis membre de la commission des travaux publics et des moyens de communication. Mais il n'intervient jamais en séance publique. Ses seules initiatives parlementaires sont le dépôt d'une proposition de loi relative à la protection de l'enfance et une demande d'interpellation sur le marché de la lentille lequel intéresse les agriculteurs de sa région. Le 10 juillet 1940, à Vichy, fidèle à l'idéal de liberté dont s'inspirait sa profession de foi, il fait partie des 80 parlementaires qui refusent d'accorder les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Maurice Montel est officier de la Légion d'honneur.


M. Philippe SERRE Député de Meurthe-et-Moselle (1901-1991)

Né le 4 mars 1901 à Paris.
Député de la Meurthe-et-Moselle de 1933 à 1942. Sous-secrétaire d'Etat au Travail du 22 juin 1937 au 18 janvier 1938. Sous-secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil du 18 janvier au 13 mars 1938. Sous-secrétaire d'Etat au Travail du 13 mars au 10 avril 1938.
Fils d'un avocat, Philippe Serre fut naturellement enclin à suivre les traces de son père. Après de brillantes études au lycée Louis le grand et à l'Ecole Bossuet, il entra à la Faculté de droit de Paris, dont il sortit docteur.
Diplômé de l'Ecole libre des sciences politiques, il fut premier secrétaire de la conférence des avocats, promotion 1929-1930. On ne pouvait rêver de meilleures auspices pour une prestigieuse carrière d'avocat à la Cour d'appel de Paris, commencée dès 1927.
Mais le démon de la politique l'emporta. Dès le premier tour des élections générales des 1er et 8 mai 1932, Philippe Serre, républicain socialiste, faillit bien ravir son siège au député de la 2e circonscription de Briey, le maître de forges de Wendel, de l'union républicaine démocratique. Il obtint 4.255 voix contre 4.311 à son adversaire réputé, sur 9.270 suffrages exprimés. Au duel du second tour, celui-ci l'emporta de justesse par 4.935 voix contre 4.393. L'alerte avait été chaude et de Wendel saisit la première occasion qui s'offrit de gagner les rivages plus sûrs du Sénat. Elu membre de la Haute Assemblée le 16 octobre 1932, il démissionna de son poste de député le 27 janvier 1933.
Philippe Serre n'en demandait pas plus : la route était libre. Lors de l'élection partielle du 2 avril 1933, il remporta facilement le siège manqué de peu onze mois avant, totalisant 5.349 suffrages dès le premier tour contre 2.699 à Lorentz et 1.045 à Husson. Indépendant de gauche, il fut choisi par l'unanimité des membres de son groupe pour siéger aux commissions : de l'administration générale, départementale et communale ; chargée de rechercher les responsabilités encourues depuis l'origine des affaires Stavisky ; de l'enseignement et des beaux-arts ; de l'aéronautique.
Devenu conseiller d'arrondissement, il sollicita le renouvellement de son mandat de député sous l'étiquette Jeune République lors des élections générales de 1936, promettant de lutter contre la crise intérieure en défendant la classe ouvrière, les petits commerçants et la classe rurale et contre la crise extérieure par la politique de la sécurité collective défendue à la Société des Nations à Genève successivement par Poincaré, Briand, Paul-Boncour, Herriot, Tardieu et Flandin.
Il triomphe au premier tour, le 26 avril 1936, obtenant 5.084 voix contre 3.472 à Reboul, radical indépendant, sur 9.538 suffrages exprimés.
Demeuré indépendant de gauche, il conserva sa place à la commission de l'enseignement et des beaux-arts et devint membre des commissions de l'armée, des comptes définitifs et des économies, de la législation civile et criminelle, et du travail. Il intervient dans la discussion d'interpellations sur la défense nationale le 29 janvier 1937.
Son ami Camille Chautemps, qui l'appréciait de longue date, lui offrit le poste de sous-secrétaire d'Etat au Travail dans le troisième gouvernement qu'il dirigea du 22 juin 1937 au 18 janvier 1938. Du banc des ministres, Philippe Serre prit part à la discussion du projet de loi instituant le statut légal des voyageurs, représentants et placiers du commerce et de l'industrie ; de la proposition de loi tendant à interdire et à réprimer le travail noir ; du projet de loi portant création du budget de 1938. En formant son quatrième cabinet, le 18 janvier 1938, Camille Chautemps le conserva auprès de lui en qualité de sous-secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil, chargé des services de l'immigration des étrangers. Alors que la France aurait dû redoubler de vigilance et rassembler ses forces face à l'Allemagne hitlérienne se réarmant jusqu'aux dents pour accomplir méthodiquement, l'un après l'autre, les desseins de sa politique de l'espace vital », annoncés en fanfare, nos gouvernements tombaient comme châteaux de cartes et Hitler profitait habilement de la vacance répétée du pouvoir en France. Après la réoccupation militaire de la Rhénanie, le dernier coup de force national-socialiste annexa l'Autriche le 11 mars 1938. Le coup fut fatal au cabinet Chautemps.
Philippe Serre retrouva son poste de sous-secrétaire d'Etat au Travail dans le deuxième cabinet Léon Blum constitué le 13 mars. Au nom du gouvernement, il répondit alors aux questions posées sur les conditions et délais de résidence exigés dans le département de la Seine pour l'inscription des chômeurs ; puis il intervint dans la discussion d'un projet de loi apportant diverses modifications au régime des retraites des ouvriers mineurs.
Le gouvernement ne dura même pas un mois ! Le 10 avril 1938, Philippe Serre regagna sa place de député.
Le 10 juillet 1940, on le retrouva parmi les quatre-vingts parlementaires qui, au congrès de Vichy, votèrent contre les lois de désaississement constitutionnel.
Philippe Serre est officier de la Légion d'honneur.

Tout commentaire sur ces 3 parlementaires pous lesquels il y aurait les archives les plus récentes, où pour tout autrede ces parlementaires serait le bienvenu...

 

 

 

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