Après la démocratie...

Emmanuel Todd parle de son livre "Après la démocratie" (Première partie) © wbenjamin1234
Emmanuel Todd parle de son livre "Après la démocratie" (Première partie) © wbenjamin1234
Emmanuel Todd parle de son livre "Après la démocratie" (Première partie) © wbenjamin1234

Emmanuel Todd (né en 1951) est un politologue, démographe, historien, sociologue et essayiste français. Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et docteur en histoire de l'Université de Cambridge. Ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED), ses recherches l'ont conduit à considérer que les systèmes familiaux ont un rôle déterminant dans l'histoire et la constitution des idéologies religieuses et politiques.

Biographie

Emmanuel Todd est né le 16 mai 1951 à Saint-Germain-en-Laye. Il est fils du journaliste Olivier Todd, petit-fils de l'écrivain Paul Nizan. Il a quatre enfants : deux filles et deux garçons.

Emmanuel Le Roy Ladurie, ami de sa famille, lui offre son premier livre d'histoire et, dès l'âge de dix ans, Emmanuel Todd veut être archéologue[1]. Il fait ses études secondaires en France, au Lycée international de Saint-Germain-en-Laye (où il est membre des Jeunesses communistes). En juin 1968, alors qu'il prépare le baccalauréat, il adhère au Parti communiste français. Il poursuit ses études à l'université en France, puis à l'Université de Cambridge, où son père avait également étudié. Fasciné par les mathématiques et les statistiques, il souhaite y faire de l'histoire quantitative. Commençant par la démographie historique, il étudie les phénomènes de fécondité, mariage, mortalité, puis il fait une thèse sur les communautés paysannes française, italienne et suédoise. La famille est au cœur de ses recherches.

Son premier livre, La Chute finale, paraît en 1976. Il y prédit « la décomposition de la sphère soviétique »[2]. Il travaille un temps au service littéraire du Monde, puis revient à la recherche, en travaillant sur l'hypothèse d’une détermination des idéologies et des croyances politiques ou religieuses par les systèmes familiaux. Ces travaux donneront lieu à la publication de La Troisième Planète en 1983 puis de L'Enfance du monde en 1984.

Todd poursuit alors ses travaux sur la France et publie La Nouvelle France en 1988, préalable à L'Invention de l'Europe en 1990. Todd se déclare ensuite favorable au « non » au référendum de 1992 sur le Traité de Maastricht, une position qu'il assouplira par la suite (il votera « oui » au référendum de 2005 sur la Constitution européenne). En 1994, il défend le modèle d'intégration à la française dans Le Destin des immigrés.

En 1995, il écrit, pour la Fondation Saint-Simon, une note intitulée Aux origines du malaise politique français. Cette analyse le fait connaître des médias, qui lui attribuent alors la paternité de l'expression de « fracture sociale », que reprend Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle, expression que Todd a reprise en réalité de Marcel Gauchet. Il s'est défendu par la suite d'être le père de cette formule.

Après L'Illusion économique en 1998, il publie Après l'empire en 2002. Ce livre est une réflexion prospective sur le déclin de la puissance des États-Unis, leur effondrement économique et stratégique, leur impuissance à s'affirmer comme seule superpuissance au monde. Cet essai est l'occasion pour Todd d'anticiper une crise financière majeure : « Qu'est-ce que c'est que cette économie dans laquelle les services financiers, l'assurance et l'immobilier ont progressé deux fois plus vite que l'industrie entre 1994 et 2000 ? » et d'en arriver à la conclusion suivante : « Nous ne savons pas encore comment, et à quel rythme, les investisseurs européens, japonais et autres seront plumés, mais ils le seront. Le plus vraisemblable est une panique boursière d'une ampleur jamais vue suivie d'un effondrement du dollar, enchaînement qui aurait pour effet de mettre un terme au statut économique "impérial" des États-Unis. »

Le 7 septembre 2007, dans une de ses rares interventions publiques, Oussama Ben Laden appelle le peuple américain à étudier certains intellectuels, et cite notamment Emmanuel Todd[3].

Emmanuel Todd est régulièrement interrogé par les médias au sujet de la vie politique française ou internationale. D'après lui, le monde politico-médiatique s'est détaché depuis quelques années des préoccupations des classes populaires et des classes moyennes, qui auraient selon lui « décroché des élites » comme le démontrerait le résultat du référendum sur la Constitution européenne, en 2005, ou la réforme des retraites de 2010[4]. Il avance par ailleurs qu'un protectionnisme à l'échelle de l'Union européenne permettrait de combattre la montée des inégalités et la pression sur les salaires exercée par la mondialisation de l'économie.

Travaux

Ses théories tentent d'analyser le fonctionnement et les évolutions de nos sociétés de manière globale. Sa thèse principale est que de nombreux phénomènes socio-politiques et économiques sont générés en fonction de déterminants tels que :

Comme il l'avait annoncé dans Après l'empire, il effectue maintenant des recherches pour tenter d'expliquer l'origine des systèmes familiaux dans le monde.

Bibliographie

Notes et références

  1. « Emmanuel Todd : l’inhumanité des bien-pensants » [archive], entretien avec un journaliste du quotidien L'Humanité, 27 octobre 1995.
  2. A la même époque était paru aussi en France le livre d'Andreï Amalrik : L'union soviétique survivra-t-elle à 1984 ?
  3. page 362 de La nouvelle propagande antijuive, Pierre-André Taguieff, PUF, mai 2010
  4. Le débat n’a aucun sens [archive], interview par Francis Brochet.

Voir aussi

Liens externes

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