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Billet de blog 1 septembre 2010

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Hors normes

La différence développe le monde.La différence enrichie.La différence se cultive.La différence permet d’avancer, d’apprendre.La différence éloigne des normes… Cette caractéristique devient de plus en plus rare. Aujourd’hui, il faut rentrer dans un moule dit : « normal ». Cette normalité est fade, sans intérêt, insignifiante. Plus le monde se dirige vers elle, plus nous sombrons dans une société où il devient impossible de vivre comme on le souhaite, il faut penser comme tout le monde. Le vote catalan du mois de juillet en est le parfait témoignage. 

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La différence développe le monde.

La différence enrichie.

La différence se cultive.

La différence permet d’avancer, d’apprendre.

La différence éloigne des normes…

Cette caractéristique devient de plus en plus rare. Aujourd’hui, il faut rentrer dans un moule dit : « normal ». Cette normalité est fade, sans intérêt, insignifiante. Plus le monde se dirige vers elle, plus nous sombrons dans une société où il devient impossible de vivre comme on le souhaite, il faut penser comme tout le monde. Le vote catalan du mois de juillet en est le parfait témoignage.

Heureusement, la tauromachie fait office de résistance à ce mode de fonctionnement. Seulement de plus en plus de toreros oublient de cultiver cette particularité qui fait que l’on possède ce petit plus pour être figura. Lorsqu’on se balade d’arènes en arènes pour voir les jeunes élèves des écoles taurines (françaises et espagnoles) on s’aperçoit que le toreo devient de plus en plus linéaire, stéréotypé. Morante, par exemple, a marqué sa différence dès son plus jeune âge, d’autres également.

Manzanares a mis plus de temps à se trouver mais aujourd’hui il cultive cette spécificité de sa tauromachie. Ce petit plus qui fait qu’il trône au sommet avec les Juli, Castella, Morante,Tomas, Ponce… Avoir sa personnalité est une chose, l’affirmer dans l’arène est bien plus complexe. Mettre ses qualités aux services du toro n’est pas facile. Morante est différent des autres dans le sens où sa personnalité et son engagement sont personnels et atypiques. L’alicantin quand à lui marque cette différence, ou richesse, par sa puissance, sa cintura et sa profondeur.

C’est un artiste à part entière, si son opération survenue, en début de temporada, ne l’avait pas éloigné des ruedos, il serait surement le grand triomphateur cette année. Sa fin de saison en atteste ; à chaque apparition la magie s’opère. Ses dernières apparitions à Bilbao ont été étourdissante de par son entrega, temple, poder et par-dessus tout sa profondeur de passes. Sa dernière faena est le résumé en plusieurs phases de son toréo. D’abord le poder pour obliger son partenaire à apprendre à charger, à suivre, la main toujours plus basse. Le fait de caresser ce sable donne l’illusion qu’il donne à manger aux toros. L’impression est confirmée par le fait que le toro suit sans rechigner, sans violence. La faena est forte, pleine de maîtrise mais d’une douceur telle que tout paraît normal ; pourtant c’est la différence du maestro qui a crée l’alchimie.

Un grand cru espagnol

A la manière d’un grand cru bordelais, la tauromachie de Manzanares s’est bonifiée avec le temps. Les gestes sont plus surs, nets et précis. Après plusieurs années de travail et de maturation le torero s’est trouvé un style. De ce dernier il en a fait une force, un art à part entière. A la manière d’un œnologue il est capable d’adapter sa tauromachie à son partenaire. Il peut voir s’il est possible de faire d’un toro : un grand cru. Le vin est une spécialité française, la tauromachie est elle une spécialité espagnole. José Maria est un grand connaisseur, sa façon de se démarquer le met hors des limites. La normalité est tellement facile à atteindre que cultiver une différence dans le monde taurin devient une qualité indéniable.

Rentrer dans un moule ne fait pas parti de sa philosophie. Son seul but est, d’enfin, passer par la Puerta del Principe mais pas comme le reste des toreros, son empreinte doit marquer ce moment ; la marque Manzanares est singulière. Il faut se délecter de ses apparitions, il frôlera la perfection artistique d’ici peu.

La tauromachie a besoin de différence pour exister. Des toreros comme Padilla, Fandi ou autres sont nécessaires pour la faire vivre, la faire découvrir. Il faut des patrons, des leaders qui la tire vers l’excellence.

Enfin, il faut, comme dans la vie, des toreros qui sortent de l’ordinaire pour la rendre intrigante, mystique. José Tomas, Morante, Manzanares, cultivent heureusement cette volonté d’évasion des normes, fixées par cet art. La singularité leur sied à merveille.

V.Morelli

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