Un autre monde

« Je ne sortirai a hombros de ces arènes qu’en franchissant la porte du Prince » (José María Manzanares hijo). En déclarant une telle envie, un tel sentiment, l’alicantin ne s’imaginait pas sortir par cette porte tout en marquant l’Histoire. La relation qu’il entretient avec les arènes de Séville est singulière. Il a coupé la coleta de son père, en larme, le jour de sa despedida. Il lui a toujours manqué le petit plus pour arriver à concrétiser ce rêve de Grande Porte ; les toros ne l’aidant pas la plupart du temps. Cette année rien n’aurait puis lui empêcher de toucher le graal. Une prestation exceptionnelle, une sérénité retrouvée, un relâchement total. Malgré les problèmes physiques rencontrés la fin de l’année dernière, la confiance est restée présente. Les doutes du début de saison ont laissé place aux réponses positives. Le déclic s’est produit d’une manière inattendue. Indulter un toro dans la deuxième arène d’Espagne est tout simplement irréel et pourtant… Dès l’entrée du toro en piste les tendidos ont pris conscience qu’il allait se passer un moment inoubliable. 

« Je ne sortirai a hombros de ces arènes qu’en franchissant la porte du Prince » (José María Manzanares hijo). En déclarant une telle envie, un tel sentiment, l’alicantin ne s’imaginait pas sortir par cette porte tout en marquant l’Histoire. La relation qu’il entretient avec les arènes de Séville est singulière. Il a coupé la coleta de son père, en larme, le jour de sa despedida. Il lui a toujours manqué le petit plus pour arriver à concrétiser ce rêve de Grande Porte ; les toros ne l’aidant pas la plupart du temps. Cette année rien n’aurait puis lui empêcher de toucher le graal. Une prestation exceptionnelle, une sérénité retrouvée, un relâchement total. Malgré les problèmes physiques rencontrés la fin de l’année dernière, la confiance est restée présente. Les doutes du début de saison ont laissé place aux réponses positives. Le déclic s’est produit d’une manière inattendue. Indulter un toro dans la deuxième arène d’Espagne est tout simplement irréel et pourtant… Dès l’entrée du toro en piste les tendidos ont pris conscience qu’il allait se passer un moment inoubliable.

 

On ne parle pas souvent de la lidia d’un toro, c’est dommage, elle est fondamentale. Ce 30 avril 2011 tout le monde a pu comprendre le sens d’une lidia parfaite. L’importance de cette dernière a participé activement au travail du torero. Des banderilleros de brega ne faisant pas dans le superflu, de manière à aider le toro à se sublimer. Ce travail de l’ombre, que beaucoup de personnes ne valorisent pas, fut réalisé à la perfection et les saluts à chaque paire de banderilles, témoignent de cette qualité. Ce que l’alicantin fit ensuite avec la muleta, s’apparente à une symphonie de Beethoven. Des derechazos puissants, profonds et temple à l’extrême. Des pechos interminables et des naturelles dans le même ton. Un toro, de Nuñez del Cuvillo, d’une très grande classe, de la bravoure, de la race et de la caste. Tous ces éléments réunis ont fait que ce moment fut d’un autre monde. L’arène est restée figée pendant tout ce temps. « Arrojado » et Manzanares resteront associé pour le restant de leur vie. Les générations futures parleront de ce moment comme un instant historique, il le fut…

 

Depuis ce jour, le maestro est sur sa planète, tout lui réussit. Il nous donne l’impression que rien ne peut lui arriver, plutôt qu’il peut tout faire avec succès. Trois jours après l’indulto, il récidive dans cette même arène, sa cuadrilla également. Les empresas des arènes de Jerez en organisant un mano a mano, Morante, Manzanares avec des toros de Nuñez del Cuvillo, ne s’imaginait surement pas ce qu’il se passerait une semaine avant. Dans son moment, Manzanares et ses peones signent une tarde parfaite. Avant de se rendre à Madrid, il fait étape à Valladolid, il triomphe encore. Les madrilènes sont exigeants, ils l’attendent avec beaucoup d’envie. Seulement, il faut être à la hauteur, c’est ici que l’on confirme. D’autant plus que dans un tel moment les madrilènes pardonnent moins. José Maria ne s’embarrassent pas avec de tels complexes. Sur de lui, de sa tauromachie, il vient à Madrid en confiance avec l’envie de prouver à tout le monde qu’il peut ouvrir pour la première fois la Grande Porte. La suite, si vous ne la connaissez pas, est une copie parfaite de ses prestations. Dans son style si particulier, il conquiert avec autorité la plus grande arène du monde. A l’image de leur torero, Luis Blazquez, Curro Javier, Juan José Trujillo (ses banderilleros), Chocolate et José Antonio Barroso (ses picadors), sont sur une autre planète. Tout est parfait, dans le souci du détail, pour que le toro arrive avec les meilleures dispositions possibles dans la muleta. Evidemment, Manzanares ne laisse pas passer un bon toro et le toréée manzanaressement. Le public est debout à chaque fin de série. Il ouvre consécutivement la Puerta del Principe de Séville et la Puerta Grande de Madrid. Les deux plus importantes arènes d’Espagne se sont données à lui avec respect et admiration.

 

La série va continuer encore longtemps. Beaucoup de grandes arènes l’attendent cette saison, il sera observé avec la plus grande envie par tous les aficionados. A Nîmes, il sera au cartel le samedi matin pour être le témoin d’alternative de son petit frère. N’aurait-il pas pu faire le paseo une deuxième fois, avec de la competencia ? L’avenir nous le dira. Cependant, il faut espérer qu’il soit encore dans cet autre monde : il lui va si bien…

 

V.Morelli

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